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est la base du gouvernement, et qui se présente comme le dernier degré dune hiérarcliie de plus en plus étendue. Les fonctions particulières de Téconomie sociale, étant dès lors engagées dans des relations d'une généralité croissante, doivent tendi*e à s'assujettir à la direction émanée de la fonction la plus générale, qui est caractérisée par l'action de l'ensemble sur les parties. IVun autre côté, les agents de cette action régulatrice doivent être secondés dans leur développement par une autre conséquence de la répartition des travaux qui favorise l'essor des inégalités intellectuelles et morales. En elïet, cet essor doit rester presque entièrement comprimé, tant que la concentration des opérations, réduisant l'homme à la vie domestique, absorbe son activité pour la satisfaction des besoins de la famille.
Les dilTérences individuelles, vraiment tranchées, se font sentir dans tout état social. Cependant la division du travail et le loisir qu'elle a pu procurer ont été nécessaires au développement prononcé des prééminences intellectuelles, sur lesquelles repose, en majeure partie, l'ascendant politique durable. La civilisation a la propriété de développer les inégalités morales, et encore plus les inégalités intellectuelles ; mais les forces morales et intellectuelles ne peuvent être unies à la manière des forces physiques.
S'il s'agit de lutter de vigueur physique, ou même de richesse, quelle que puisse être la supériorité d'un individu ou d'une famille, une coalition suffisamment nombreuse des moindres individualités sociales en viendra aisément à bout. Par exemple, la plus immense fortune particulière ne saurait soutenir la concurrence avec la puissance financière d'une nation un peu étendue, dont le trésor public n'est pourtant formé que d'une multitude de cotisations minimes.
Si l'entreprise dépend surtout d'une haute valeur intellectuelle, comme une conception scientifique ou poétique, aucune réunion d'esprits ordinaires, si vaste qu'on la suppose, ne pourra lutter avec un Descartes ou un Corneille. De même, sous l'aspect moral, lorsque la société aura besoin d'un grand dévouement, elle ne pourra le composer de l'accumulation de dévouements médiocres. A l'un et à l'autre titre, le nombre des individus ne peut qu'augmenter l'espoir d'y mieux trou- 'ver l'organe de la fonction proposée.
Telle est la tendance de toute société à un gouvernemcnl spontané. Cette tendance est en harmonie, dans notre nature individuelle, avec un système correspondant de penchants spéciaux, les uns vers le commandement, les autres vers l'obéissance. Il ne faut pas regarder la disposition trop vulgaire à commander comme le signe d'une vocation de gouvernement. C'est ainsi que les femmes, si passionnées pour la domination, sont ordinairement impropres à tout gouvernement, même domestique. Il existe chez la plupart des hommes une disposition à l'obéissance. Nous sommes tous plus ou moins enchns à respecter chez nos semblables une supériorité quelconque, intellectuelle ou morale. Au milieu même des plus violentes convulsions politiques, quand l'économie sociale semble menacée de dissolution, l'instinct des masses manifeste encore cette tendance, qui, jusque dans l'accomplissement des démohtions les plus révolutionnaires, leur inspire l'obéissance aux supériorités intellectuelles et morales, dont elles suivent la direction, et dont elles ont souvent sollicité la domination temporaire. Ainsi la spontanéité des dispositions individuelles est en harmonie avec le cours des relations sociales, pour établir que la subordination politique est aussi inévitable qu'indispensable ; ce qui complète l'ébauche de la statique sociale.
La condensation et l'abstraction, peut-être excessives, de ces conceptions pourront d'abord mettre obstacle à leur appréciation directe ; mais l'usage qui en sera fait dans les leçons suivantes dissipera cette première incertitude. Dans ces considérations statiques, la vie individuelle a été caractérisée par la prépondérance des instincts personnels ; la vie domestique, par l'essor des instincts sympathiques ; la vie sociale, par le développement des influences intellectuelles. Chacun de ces trois degrés de l'existence est destiné à préparer le suivant. Il en résulte la coordination de la morale, d'abord personnelle, ensuite domestique, et enfin sociale. La première assujettit à une sage discipline la conservation de l'individu ; la seconde tend à faire prédominer la sympathie sur l'égoïsme ; et la dernière à diriger l'ensemble de nos penchants d'après les indications d'une raison convenablement développée, toujours préoccupée de la considération de l'économie générale, de manière à faire concourir au but
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commun toutes los lacultés do noire nature selon les lois qui leur sont propres.
Après avoir exposé la théorie de la statique sociale, nous devons procéder à l'élude de la dynamique sociale en consacrant d'abord le chapitre suivant à apprécier l'ensemble de l'évolution humaine.