‹ La soeur du MaugrabinChapitre 8 sur 10 · LE POLVOIU D LN GRAND NOM · texte numérisé non relu

LE POLVOIU D LN GRAND NOM

aux-Clercs n'eût pas éîé coupé ça et là par des masses de verdure et môme par de petites maisons qui se détachaient du faubourg pour s'éparpiller joyeusement au soleil dansées plaines prêtes à disparaître sous des constructions urbaines et à se changer en rues.

M. de Guise se trouvait dans l'endroit le plus bas et le plus toufïu, (|ue les argotiers avaient choisi à dessein ix>ur s'y cacher, et de quelque côté qu'il tournât les yeux, il ne rencontrait que des figures de mauvais présage, sur lesquelles se reflétait une ame cupide et farouche; il n'était entouré que d'ennemis, et tous les p<Mgnaixis, qui restaient encore inoffensifs dans leurs gaines, n'attendaient qu'un signal pour étinceler à la fois sui^ sa poitrine. 11 jugea donc que contre tant d'adversaires son courage ne servirait qu'à rendre sa perte plus infaillible et plus prompte. D'ailleurs, il n'avait pas d'armes.

— Beau sire, lui dit le lieutenant qui venait de tenir conseil avec les principaux de sa troupe,

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VOUS plaît-il de nous suivre de bonne volonté, ou bien faut-il vous éviter la peine du chemin ?

— Où me voulez-vous mener de la sorte ? reprit fièrement le duc de Guise , avec un air et un accent qui eussent imposé à de plus déterminés bandits : moi , vertuchoux ! je prétends demeurer ici !

— Vous avez tort d'émettre des prétentions contraires aux nôtres, répliqua le lieutenant qui contint d'un geste une explosion de murmures et d'éclats de rire préparés dans un intervalle de silence et de surprise : vous êtes à la merci de quiconque voudrait prendre votre vie, et nous avons égard aux recommandations delà sœur du Maugrabin; sinon, vous ne parleriez guère pour avoir si haut parlé.

— Que feriez-vous de la vie d'un gentilhomme? C'est à sa bourse seulement que vous avez affaire.

— A cent mille charretées de diable la tienne ! s'écria un des voleurs , qui avait déjà exploré les poches du prisonnier, avec une grimace de

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désappointement: tu ne serais pas plus gueux, si tu gagnais ta vie à tirer du miel des guêpes.

— C'est à savoir si l'on donnerait de toute la peau la rançon d'un vieux cheval borgne? dit un autre argotier.

— Frères, repartit un troisième en touchant le pourpoint de velours de M. de Guise, au pelage on connaît la bête !

— Voilà une dentelle qui vaut mieux qu'une toile d'araignée, ajouta un quatrième qui examinait les manchettes du duc.

— Et récharpe blanche! dit un ancien ligueur à barbe grise; il y a dix ans, nous menions pendre cela!...

— En somme , que requiert-on de moi ?

interrompit le duc de Guise, qui avait écouté ces propos et toléré ces insolentes familiarités afin d'apprendre quel sort on lui réservait ; que faut-il, s'il vous plaît, que je vous baille pour racheter ma liberté?

— La plus grosse somme qu'il se pourra.

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