LA PISTE RETROUVÉE
Pendant quelques secondes, une minute' peut-être, il y eut un profond silence ; chacun d’eux, penché sur le sol, était occupé de son propre examen. La voix du jeune Paraguayen se fit entendre la première.
ü Je le savais bien I » tels furent les simples mots qu’il prononça , comme s’il venait de voir s’éclaircir quelque mystère ou quelque doute se vérifier.
— Quoi donc, cousin? demanda Ludvvig, qgi était le plus proche, -
- LA sqeuR perdue: ' 219 i
Vdici l’empreiirte éa cheval de Fran-
- cesca.
' * —-En êtes-vmis sàr, Cypriano?
— Oui^ je l’aurais reconnue entre mille.
'' — ' 11 a raîson, dit le gaucho, après avoir jeté un coup d’œil à l’endroit indiquée C’est, l’empreinte de son péney, bien certainement.
Voici encore quelque ch<jee ! s’écria Cypriano, dont les yeux animés d’un feu extraordinaire s’étaient portés de tous côtés. Regardez ceci! »' ...
Il avait ramassé un bout de ruban rouge décoloré pour avoir été sans doute foulé aux pieds des chevaux et tnaeulé par la boue.. 11 sé rappelait ce ruban et le reconnaissait pour
avoir fait partie de la coiffure de Francesca;
c’était un firagment du nœud qui serrait à leur extrémité les deux longueâ. tresses de la jeune mie: ■ V ' - •
' « Et ceci en outre, ajouta-t-il d’un - ton encore plus véhément, que concluez-vous de ' céci? 'O l\f{irfa sanHjisima ! Je m’y- alteuduis
bien, ce que je vous disais était vrai, Ludwig! »
Ce débordement soudain de colère était pro-duit par un fragment de plume rouge qu’il venait de ramasser dans la fange. Dans le luyau de cette plume, on remarquait encore une piqûre, indice du passage de Tépine ou de l’aiguille qui avait servi à çoudre et à fixer cet ornement sur le vêtement d’un Indien. Ce débris ne pouvait provenir que de la manlü de plumes d’un chef d’où elle s’était. sans, doute détachée pendant la tormenta.
Mais Cypriano en savait davantage encore.
11 connaissait le propriétaire de la manta;Jl se souvenait d’avoir vu un vêtement brodé de pareilles plumes sur les épaules d’Aguara. Il ne doutait pas que cette plume n’appartînt au manteau du jeune chef Tovas.
Ainsi étaient justifiés tous ses pressentiments. Que" fallait-il de plus pour faire partager à ses. compagnons les eoupçons qu’il avait émis en commençant l’expédition?. Il existait
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maintenant à cet égard une certitude non>seulement pour lui, mais aussi pour Ludwig et Gaspardo. Ludwig, qui avait jusque *là conservé sa foi en l’amitié de Naraguana pour son père, était accablé par cette preuve de la trahison du vieux chef, ou du moins de son fils.
a Oui, lui dit Cypriano, le double crime qu’ils ont commis est si horrible qu’il peut paraître incompréhensible. Ce sont bien eux les coupables cependant, et Dieu ne permettra pas qu’ils restent impunis. A présent, à cheval ! Nous ne devons plus nous reposer un instant que nous ne les ayons rejoints et que nous n’ayons obtenu justice et vengeance.
— Oui, oui, marchons, s’écria à son tour ' Ludwig. Il n’y a pas une minute à perdre. »
En vain Gaspardo leur représentait-il que si le jeune chef avait prémédité, comme Cypriano le pensait, de faire de Francesca sa femme, celle-ci n’avait rien à craindre de lui tant .que les cérémonies et les délais prélimi-
naires, toujours trèa-lentsy de - eette union,
Q auraient pa» été accomplis, lieii ne pouvait les calmer. ' . ’ ' • ' - ’
De même que pour la clarté de cette liisitoire, nous avons du quitter les ravisseurs eke Francfesea et leur captive, de même ncms ■ sommes obligés de quitter à leur tour le gau^ cho et ses deux compagnons, toï^ours à leur poursuite, et de retourner eu arrièee pour indiquer les motifs qui avaient déterminé le meurtre de Ludwig Halberger.. '
L’action- d’Aguara, le jeune chef Tovas, pouvait se comprendre facilement : fl avait enlevé la jeune ôlle an visage pMe pfwee qn’îl avait rambitien de k donner ponr reine à ses gojets. Sans doute, ü avait assisté à' Fassassinat dn père de cèlle à laquelk il prétendait s’unir, mais il h avait prk.aocuae part au meurtre accompli par le renégait. C’est' celuici que nous avons vv â côté d’^Agnara, portant sur son épaok k lance dont la pointe gardait . . les traces flagrantes de ce mcsirtre récent.' ' '
Les Indiens Tovas appelaient. cet homme « el ' . vaqueano ». Son véritable nom était Rufino Valdez , et il était Earaguayen de naissance.
Pour expliquer ses relations avec les sauvages et la raison pour laquelle il avait commis le crime, il nous faut retourner au temps ’
même où, à la faveur de la nuit, le naturaliste ^ »
venait de réussir à fuir les embûches -du dictateur du Paraguay. L’entrevue qui .eut lieu alors entre Francia et l’un de ses satellites, Rubno Valdez, éclaircira tous ces points.
C’était environ une semaine après l’époque où Halberger avait quitté Asuncion. ^ a Votre Suprématie m’a envoyé chercher, lui dit Valdez. J’attends ses ordres .
— Il s’agit de partir sans retard et de vous
mettre à la poursuite d’un fugitif. C’est de Lu-
dovico Halberger qu’il s’agit. Puis-je compter que vous trouverez le moyen de vous emparer du rebelle?
— Avec la permission de Votre Suprématie, je tenterai l’entreprise, mais le monde est grand et cela peut n’être pas facile.
— Cela vous regarde, Yaldez.
— Si l’affaire est possible, Votre Suprématie ne doute pas que j’en vienne à bout.
— Cinq mille piastres rendent tout possible à un homme aussi intelligent que vous, Valdez.
— Je suis prêt à partir, Seigneur,' et, s’il faut tout vous dire, ce n’est pas l’attrait de la récompense que vous voulez bien me promettre qui me décide. J’ai des raisons particulières pour désirer vous obéir sur ce point encore plus que sur tout autre, mais quand j’aurai retrouvé le fugitif....
— Vous voulez savoir ce que je désire qu’il soit fait'de cet homme?
— Précisément, Votre Suprématie. Je ne veux faire ni plus ni moins que vous ne m’or^ donnerez. »
Pendant un instant. Francia garda le silence, comme s’il avait besoin de méditer sa réponse.
« Quand vous aurez trouvé le coupable, dit-il enfin, vous m’en donnerez avis et vous recevrez immédiatement un à-compte sur la récompense promise. Si vous le ramenez vivant, je vous payerai la somme entière. Si cependant vous y trouvez trop de difficulté, il suffira que vous m’apportiez sa tête, ses oreilles, une main, quoi que ce soit qui me témoigne qu’il ne vit plus, et la somme vous sera comptée intégralement au moment où vous me donnerez une de ces preuves irrécusables que mes ordres ont été compris et exécutés par vous-même. Écoutez-moi encore, Rufino Valdez, Halbei^er ne s’est pas enfui seul. Je doublerai la somme si, avec le savant allemand, vous ramenez la femme qu’il a entraînée dans sa fuite. Cette femme a été enlevée par lui en violation des lois de notre pays ; la loi exige qu’elle soit réintégrée sur notre terri-
totre. li fiaut que,, coûte que coûte^ force i%ste à la loi. »
Pendant tout le cours de son règne tyrannique, jamuiB Gaspar Fraaeîa n’avait été plus alt^ de vengeance, car jamak il n 'avait été bravé d’une façon û imprévue. -
ÀceouULméà rencontrer partocd: une obéissance servile^ il ja’avait jamais soyogé qa'un habitant quelconque de ses domaines put oser a’en éebsq)per sans sa permuion. . .
En , dépit de L’entremise de plusieurs puissances étrai^ëres, il avait eu l’audace,, pen<* daut de longues années, de retenir Amédée Bonpland prisonnier; et cette fais, il se voyait mis en défaut par un étranger sans nmu et
^aque sans relations; cette pensée le lerur.^ plissait de fureur. 11 était comme un tigre qui vient de voir s’échapper à travers les barr'eauix de sa cage sa victime encm*e vivante et sans blessure. Cétait plus qu’un dé^{q;>oiAtement, c’était une humiliation qui soulevait teutes ses mauvaises passiouas, tout son orgueil ,
LA SŒUR PLRDUBt
sauvage. Depuis le jour de la disparition d’ilalberger, ses cuarlelcroa avaient été sur pied, battant le pays dans toutes les direetions, remontant et descendant le fleuve jusqu’aux frontières de TUruguay. Ils n'avaient ^ cber« cbé du côté du Chaco parce qu’ils ne l’eussent pas osé. Mais qui done d'ailleurs eût supposé qu’Halberger aurait eu cette témérité de fuir un danger pour en affronter un pire encore? Tout le monde, et Francia lui-mûnie, ignorait entièrement les liens d’amitié qui existaient entre le chef lovas et le naturaliste. Pour un blanc, pénétrer dans cette contrée sauvage et inconnue, e’ était courir audevant d’une mm*t assurée. Ainsi pensait le despote paraguay^, et c’est pour cette raison qu’il n'avait pas envoyé d’expédition dans lo Chaco. „
Il savait Valdez capable de tout; c’est pouf-' quoi, à bout de moyens, il avait fait, appel à son intelligence et à sa scélératesse. - . -
‘ 11 ne lui fut pas difficile d’obtenir de lui
une- vigoureuse coopération. Valdez nourrissait contre Halberger une haine implacable au sujet d’une a£^ire où sa bassesse avait ^ été dévoilée à tous par l’honnête naturaliste.
Il Jura au dictateur de lui donner satisfaction et se mit immédiatement à l’œuvre avec toute la sagacité et la détermination d’un chien de chasse. Toutefois, bien que sa haine pour le noble caractère d’Halberger, haine si naturelle à ses vils instincts, fût encore stimulée par le haut prix que lui offrait Francia pour la mort ou la capture du fugitif, le secret d’Halberger avait été si fidèlement gardé par le chèf des lovas que Valdez consuma cinq années en recherches absolument stériles.
Il avait inutilement descendu le fieuve jusqu’à Corrientes, San-Rosario et Santa-Fé, et même jusqu’aux villes de Buenos- Ayres et Montevideo.
Il avait cherché sa victime dans la direction opposée, jusqu’à Fort Coïmbra et jusqu’aux villes de l’ Uruguay, et il n’avait nulle part
obtenu d’informations ni découvert le plus léger indice. Halberger avait emmené avec lui tous ceux qui connaissaient le secret de son départ et qui s’en faisaient les généreux et dévoués complices. 11 s’était en outre échappé en bateau et n’avait rien laissé derrière lui qui pût faire connaître la direction qu’il avait prise. Francia lui-même en était confondu. Ses plus habiles espions y avaient perdu leurs peines. Nous l’avons dit, aucun d’eux n’aurait imaginé qu’un homme blanc pût chercher un refuge dans le Ghaco.
Pour eux, toute cette conduite eût paru semblable à celle d’un fugitif se jetant dans la gueule d’un tigre pour éviter celle d’un jaguar.
Ce ne fut qu’après cinq années d’inutiles pérégrinations que Rufino Valdez, à bout d'efforts, songea 'enfin à aller s’enquérir jusque dans le Ghaco du malheureux qui avait encouru le courroux dé Francia. Sa propre haine contre Halberger, plus encore que Tap-
pât de la récompense promise, peut seule faire comprendre l’incroyable persévérance de ce bandit; c’était tout a fait en désespoir de cause qu’il s’était résolu à explorer aussi les solitudes redoutables du Gran Cbaco.
Le pays ne lui était pas complètement inconnu. 11 l’avait déjà traversé dans une expédition projetée et payée par le dictateur du Paraguay. Muni d’argent et] de menus objets, il avait fini par visiter la tribu des Tovas, alors en relations amicales avec «t Ël Suprême. »
Actuellement même qu’il les savait bostilæ, il n’en redoutait rien, car durant son séjour parmi eux, il leur avait rendu certains services qui lui avaient gagné l’amitié de la tribu. D’ailleurs, il n’était pas bomme à s’aventurer entièrement au hasard. Pendant qu’il était au Fort Goïmbra, sur la frontière brésilienne, une rumeur venant du centre du Cbaco lui avait révélé l’existence d’un homme blanc installé au milieu du désert, sous la protec-.'
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tiiDa du chef de la tribu des lovas. U obtint encore d’autres détails sur le colon. Celui-ci avait, à. ce, qu’cp disait,,; une femme et des ' enfants^ il se Jivrait à l’étude des plantes et des oiseaux et ne dédaignait même’ pas la . < cha^e des plus humbles insectes. .
Ge^ blaoc m poui>ait être (^^u’Halberger. U était knpossible à Yaldes de se tromper sur de tds renseignements; il tenait enfin la piste ' de l’homme dont lui-même et Gaspar Francia, avaient jiité la perte, . . - . > - , «
. V ifi partit de Coùnbra et^ après un mois ployé à. traverser la gr^de plaine déserte, il atteignit le Pilcomaje,^ près de l’ancienne toh ^eria des lovas. Il connaissait le pays,, de telle sorte qu’il les eut bientôt rejoints. Pour la première fois, il obtint dans la tribu des informations précises sur les fugitifs. Ses cinq années de cotu'iB^â errantes allait donc être récompensées. Il ne. lui restait pins qu’à re*' tourner à Asuncion et à s’y procurer une force suffisante de cuwlékroi pour faire prisonniers
le naturaliste et' sa famille ^ et les remettre à la merci du dictateur. ’
11 n’avait pas à se demander si, après ün si long délai, le courroux et la passion de Francia h’étaiént point apaisés; pendant sa longue chasse à l’homme, il était plusieurs fois retourné à Asuncion et il savait de science certaine que le despote du Paraguay n’oubliait et ne pard<mnait jamais. Leur traité secret tenait toujours. -
Le vaqueano n'aurait pas eu besoin de guide ' pour le conduire à l’endroH où habitait Hai* berger; Les renseignements topographiques fournis par les Indiens suffisaient, et de reste, a un homme aussi sagace que lui; mais le jeune chef TovaS qui était son ami, Âguara, accompagné de quelques jeunes guerriers de sa tribu, avait projeté une» excursion dans le bas de la rivière ; leur route était la même, Valdez lui offrit de se joindre à eux.
Les anciens de la tribu ne firent pas d’ob* jections à cette excursion.' Bien qu’ils n’eus- '
sent qu’une conGance médiocre dans la loyauté du renégat, ils ignoraient sa haine contre Halberger et ne pouvaient soupçonner le noir projet qu’il méditait.
Quant au jeune chef, on sait quel était son rêve. Lui et le vaqueano étaient faits pour se prêter une mutuelle assistance.
Disons cependant, pour être juste, qu’Agüara n’était pas parti avec l’intention d’exécuter un crime aussi atroce que celui de Valdez, et qu’il ne prit effectivement aucune part au meurtre d’Halberger. Il ne l’aurait pas osé, ne fût-ce que dans la crainte d’encourir la réprobation de sa tribu.
L’infâme Valdez lui-même n’avait peut-être pas été jusqu’à l’assassinat, de propos délibéré. De fait, la mort d’Halberger seul, le rapt de la jeune Glle sans sa mère lui faisaient perdre une partie de la récompense promise par l’homme qui était l’instigateur de sa noire entreprise. Le meurtre avait été déterminé par des circonstances purement accidentelles qui
s’étalent produites non loin de la résidence du naturaliste.
Valdez et les Indiens avaient rencontré inopinément celui-ci pendant qu’il était en train d’herboriser. Le renégat, se trouvant ainsi en présence de son ennemi, s’était laissé emporter par un mouvement de haine farouche. 11 le frappa de sa lance, l’atteignit, comme on l’a lapporté, traîtreusement alors qu’il avait le dos tourné et sans qu’un seul mot fût prononcé. Ce fut l’œuvre d’un moment.
En vo 3 ?ant Halberger mort et la jeune fille mise par là à sa merci, l’ambition sauvage d’Aguara se réveilla. N’ayant pas à redouter la responsabilité morale de l’action sanglante qui lui livrait sa proie, il crut pouvoir en recueillir le bénéfice et n’hésita pas à emmener Francesca dans sa tribu.
Il peut sembler étrange que Valdez, au lieu de poursuivre jusqu’à Veslancia, pour essayer d’achever son œuvre en s’emparant de la femme d’Halberger, se fût décidé à rentrer
Digiiiz 0 d by Gcjogle
dans le Chaco avec le jeune chef des To«/r.s et sa troupe. Sa route eût été dans une direction toute différente; sa mission n’était pas entièrement remplie. Il le savait; mais il sauvait aussi que, Testancui n’était pas sans défenseurs, et.que ceux-ci, bientôt instruits de la catastrophe, seraient nécessairement sur leurs gardes.,’ Quelle chance, dès lors, aurait-il eue de pouvoir, à lui tout seul, enlever de vive forcé Mme-Halberger? En outre, Valdez ne se sentait pas libre d’agir entièrement à sa guise., U était lui- même à demi captif, et s’il revenait avec les Indiens, c’est qu’il y était forcé. Autrement, il serait allé tout de suite rôder autour de- l’habitation de sa victime pour recon- ' naître la situation. Ces jeunes guerriers, et ' surtout leur chef, alarmés de ce qui s'était passé, craignaient l’impression que ferait cette
histoire sur les anciens de la tribu. Il fallait
que le yaqueano prit sur lui la responsabilité ’ du meurtre, ainsi qu’il s’était déclaré prêta le faire, pour lever leurs soupçons, tq)rès qu’il
l’eut accompli. Il mettrait- son action sur le compte d’une inimitié existant entre lui et Halberger depuis de longues années, et dès lors il savait que la loi dés Indiens l'absoudrait.
Aguara n’avait pas manqué de l’engager à revenir avec lui, et il l’y aurait contraint s’il avait refusé, mais Valdez avait préféré accepter sans résistance. 11 se disait qu’il retrouve- •; rait bientôt l’occasion d’accomplir le surplus de sa sinistre mission. Avec l’aide de deux oti trois bandits de son espèce qu’il n’aurait pas de peine à embaucher, là seôora Halberger tomberait infailliblement en son pouvoir.
Le jeune chef, de son côté, avait déjà préparé l’explication qu’il devait donner de l’enlèvement de la jeune fille. C’était pour la protéger qii’il l’emmenait; pouvait-il l’abandonner dans le désert au risque de Ty laisser
périr? %
Malgré tout cependant, il gardait au fond de son cœur une appréhension secrète. Il craignait la désapprobation des vieillards, les
hommes vénérables de la tribu, les amis de son père mort, et qui par suite étaient devenus «ux-mèmes les amis de cet ami de son père si odieusement assassiné par Valdez à quelques pas du jeune chef, sans que celui-ci eût tenté de s’y opposerë %