‹ La Soeur perdueChapitre 20 sur 32 · UN SECOURS INE PÉRÉ. — DÉLIVRANCE · texte numérisé non relu

UN SECOURS INE PÉRÉ. — DÉLIVRANCE

Francesca, elle aussi, se disait que ce beau mais étrange visage qui était devant eüe ne lui était -pas iiioonna. La vérité est qu elle avait vu, et plus d’une foie, Nacéna à l’époque déjà un peu ^ éloignée où la tribu des Tovas demeurait près de ïeslmcia, sur la rive - du Pilcomayo. Cependant entre elles les rapports v avaient été fugitifs. Nacéna connaissait mieux la jeune Paraguayenne. Moins jeune,’ plus curieuse peut-être, elle l’avait plus attentivement'

■ observée. Dans le silence, les souvènirs de chacune d’elles s’étaient précisés.

a Francesca ne reconnaît-elle pas Nacéna?

> La jeune fille en . grandissant a-t-elle perdu ' tous les souvenirs de l’enfant ? demanda Na- ' .

• céna. , " • ' ■

— Francesca reconnaît Nacéna, répondit- Francesca dans la langue des Tovas. Nacéna • est devenue grande et belle. » ■ ' /

' .Un sourire étrange, où se mêlait une sorte de dépit, répondit seul d^ abord à Francescai; mais bientôt, retrouvant son calme, Nacéna • ■ reprit : , * ■ • * • , V

a Francesca est devenue belle entre toutes. »» ••

Le regard de Nacéna, fixé sur le beau et pur

• ‘ visage de Francesca, s’était voilé d’une sorte '

de tristesse sombre en prononçant ces paroles. .

Francesca les accueillit par une légère rou-

geur. ' ,

L’Indienne continua t « Nacéna connaît les malheurs de Francesca; elle vient lui offrir la liberté. ' ^ • . -

— La liberté! répondit Frâncesca, la liberté!... Mon père est mort, et le désert me sépare de ma mère et des miens. S’ils veulent me rendre la liberté, pourquoi les Tovas me l’oht-ils ravie? Ne le sais -tu pas, Nacéna? les tiens sont les meurtriers de mon père....

— Les miens ! non, répondit Nacéna ; Valdez, le meurtrier, est un visage pâle.

Le fils de l’ami de mon père qui accompagnait le meurtrier de mon père, qui l’assistait, qui m’a entraînée jusqu’ici, Aguara, le traître et le félon, n’est pas un visage pâle, dit Francesca en se relevant d’un mouvement soudain.

— Francesca calomnie Aguara, murmura la jeune Indienne — elle l'accuse d’un crime dont il est innocent.

— Aguara me fait horreur, répliqua Francesca avec véhémence. Soit-il à jamais maudit, maudit, maudit ! »

Nacéna, d’un mouvement brusque, alla droit

àFrancesca, ks yeux brillants à la fois de joie et de colère.

«( Ton frère, le jeune homme aux cheveint d’or, le brun Paraguayen que tu appelais ton cousin et l’ami et le serviteur de ton père, le gaucho qui leur sert de guide, sont près d’ici. Ils t’attendent; je leur ai promis de leur rendre Francesca. Suis-moi.

— Est-ce vrai? est ce vrai? dit la mallieureuse enfant, d’une voix haletante d’émotion.

— Pourquoi Nacéna te trompet'ait-elle? répondit celle-ci. Pourquoi? Nacéna donnerait sa main droite pour que déjà Francesca fût dans l'eUaucia de sa mère, pour qu’elle n’eût jamais, jamais paru aux yeux des Tovas,' pour que le Ghaco ne la revoie jamais, Nacéna était la fiancée d’ Aguara. Viens , viens vite, Francesca, et quitte ce pays pour toujours. »

Prenant alors la jeune fiUe interdite par la main avec une sauvage v^ueur, eU-e l’entraîna, sans lui demander de réponse, jusqu’à la porte du toldo. Mais une fois-ià, la pru-

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(leace ^ rindienae r^arâissanl soudain, elle s’am ta ; et eatr’ottvraiit la porte avec précautioB', elle Jeta âu dehors un regard scrutateur, comme si «lié aérait à redouter quelque eaneoai invisible. Après quoi, revènant sur ses pas et rentramt dans la cabane, elle éteignit d’au BomSle rapide le cierge de cire, qui laissa l’iatérisar de l’habitation dans l’obscurité la ' plus profonde. En An elle poussa la captive deyaut elle,' ç4, la pressant, ia guidant- de la main, elle la conduisit aù milieu de la nuit à travers les toldos silencieux de la ville indienne. ... - '

Franeesc» se laissa mener sans résistance.

Devant elle il >y avait un espoir, bien léger, il est \Tai; derivère elle, elle n’en laissait aucun.

Userait impossible de décrire les sentiments de Gasf^do et de ses jeunes amis, tandis que debout, au sommet de la montagne, ils attendaient le retour de.Nacéaa. Tous trois étaient remplis d’anxiété j et surtout Cypriano. • Cependant, plus ou moins, ils avaient tous.

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