MALADIES DU VER A SOIE
ctude attcnthc a montré que le corps des vers atteints de muscardine était mou et légèrement rosé. En outre, le sang devient très acide et les battements du vaisseau dorsal s'accélèrent. Parfois, l'animal meurt à l'état de chrysalide, il résonne alors comme un corps dur, quand on agite son cocon.
Le docteur Bassi démontra, en 1835, que la mort des vers murcardins ou muscardinés était due au développement, dans leur organisme, d*un champignon microscopique, qu'il appela Botrytis hastiana.
Les semences de ce champignon sont émises par les efflorescences blanches qui recouvrent les vers ou les chrysalides muscardinés exposés à l'air humide. Ce sont des spores, avant deux millièmes de millimètre de diamètre; lorsqu'elles tombent sur un ver sain ou sur la feuille de mûrier, pour peu qu'elles rencontrent des circonstances favorables à leur développement, elles donnent naissance à des filaments qui traversent les membranes du ver. Ces filaments envahiseent peu à peu l'organisme tout entier, à l'exclusion, toutefois, des glandes soyeuses, et produisent une foule de bulbes ou conidies d'où partent de nouvelles ramifications. Le sang devient de plus en plus rose et le ver ne tarde pas à succomber.
On voit apparaître alors, à l'intérieur du ver, des filaments blancs, cotonneux, tout chargés des spores qui se répandent dans l'air par myriades et servent d'agent de transmission à la maladie.
La connaissance exacte de l'évolution du Botrytis a permis de se garantir de sa propagation ; on a prouvé que la muscardine est essentiellement contagieuse ; elle se répand à distance, par la dissémination des spores. Quand on inocule des spores à un ver, par une piquûre, il meurt en trois ou quatre jours, mais lorsque les spores sont apportées par l'air, il s'écoule dix jours environ entre le moment où les spores font leur apparition et la mort du ver.
Il est maintenant dénriontré qu'un ver muscardin n'est capable de propager ia maladie que lorsqu'il a blanchi.
On ne connaît aucun moyen de guérir les vers atteints de niuscardinc, maison dispose d'un procédé très simple pour détruire les spores existant dans les locaux où Ton veut élever des vers soie. Les germes et les filaments sont détruits par l'acide sulfureux, tandis que les vers à soie ne sont nullement incommodés par ce gaz. Il est donc prudent, lorsqu'on redoute la muscardine, de faire brûler dans le local où doit se faire l'éducation des vers, deux ou trois kilogrammes de soufre pilé, mélangé à deux ou trois cents grammes de salpêtre, par cent mètres cubes de capacité.
La chambre doit être close le plus hermétiquement possible, pour que l'acide sulfureux ne s'échappe pas au dehors et puisse exercer son action antiseptique. Si même, une éducation donne des vers muscardinés, on les enlève avec soin en emportant aussi leur litière, avant qu'ils aient blanchi ; puis on brûle chaque jour, pour une capacité de cent mètres cubes, trente grammes de soufre pilé mélangé à trois grammes de salpêtre ; l'acide sulfureux produit suffit en général à empêcher l'extension de la maladie.
On a constaté aussi que les fumigations de chlore, la fumée de bois vert, détruisaient les spores du Botrytis. Pour terminer ce rapide exposé, il faut ajouter que la muscardine n'est pas et ne peut pas être une maladie héréditaire, un ver muscardin meurt toujours et ne devient pas papillon.
Pébrine. — Les vers malades de la pébrine ne grossissent pas, leur développement est irrégulier, inégal, fort différent d'un ver à l'autre. Au bout de quelques jours, leur corps se recouvre de taches noires (fig. 7, 8 et 9) et à l'examen microscopique on trouve l'organisme tout entier rempli de corpuscules ovoïdes.
M. Guérin Mencville a signalé le premier la présence des corpuscules, en 1849. On les envisage comme des algues parasites unicellulaires appartenant au genre des psorospermies, section des microsporidies (Balbiani). Leur plus
^rALADIES DU VER A SOIE
grande dimension est de trois à quatre millièmes de millimètre, leur petit axe est moitié moins grand ; on a calculé qu'il en faudrait plus de quatorze millions pour occuper l'espace d'un millimètre cube. (Voir les fig. 10, 11, 12, 13. l i).
FiG. 7. — Partie antérieure du corps (l'un ver malade dont les taches commencent à paraître (grossiss. 2/1).
FiG. 8. — Partie antérieure du corps d'un ver malade dont les taches sont complètement développées (même grossiss.).
FiG. 9. — Anneau d'un ver malade de lapébrine montrant les taches entourées d'une auréole (grossi 6 fois).
Si Ton fait manger à des vers sains de la feuille de mûrier souillée de corpuscules, la pébrine se déclare ou bout de cinq ou six jours. Le tube digestif indique la voie par laquelle le parasite s'introduit dans l'organisme.
C'est à M. Pasteur que revient la gloire d'avoir découvert le mode de contagion de la pébrine. Les travaux entrepris par cet illustre savant, de 1865 à 1869, éclairèrent d'un jour inattendu les causes qui décimaient les éducations de vers à soie à cette époque et ne tendaient rien moins qu'à les anéantir à brève échéance. Bien plus, M. Pasteur trouva le moyen, par l'emploi d'une méthode préventive sûre, de mettre désormais les vers à soie à l'abri d'une maladie d'autant plus redoutable qu'elle était contagieuse et, en outre, héréditaire.
M. Pasteur reconnut que les vers atteints de pébrine, après leur quatrième mue, tissaient néanmoins leur cocon, mais
les papillons issus de ces cocons étaient remplis de corpus-
FiG. 11. — Psorosperm'.eis aux différentes phases de leur évolution
X, tache claire, probablement le nKcléus.
FiG. 10. — Psorospermics du ver à soie.
formes liabituclles ; b, autres formes; c, formes anormales provenant de la soudure de deux ou {ilusiours corpuscules en voie de développement.
FiG. 13. — Portion de l'intestin de la chenille du Bombyx nenslria rendue artifi- «iellci^ient corpusculeu»e.
P, masfi* iU matières psorosperm.que^ d*ns lesquelles- Je» psorospermics commencent à se former ; P', am;is de psorospo-mies à l'état parfait; S. enveloppe séreuse de l'intestin; M et M', couchas de- fibres naisculaires.
FiG. 12. — Psorospermies P ^dans l'intérieur de cellules vitellines.
BflTTLtY se
FiG. 14. — Psorospermies d'un papillon de la pyrale (J'orlrix viridana)^ grossies 1.500 fois.
A, vues de face: B, vues de profil ; C, après traitement par
l'eau salre.
FiG. 10 à — Les psorospermies ou corpuscules des vers à soie (d'après Balbiani).
cules ; leurs œufs en étaient eux-mêmes infectés. De telle sorte qu'api'ès Téclosion on obtenait des vers destinés a périr