CHAPITRE III
Propriétés physiques
La soie grège est formée, nous l'avons vu, d'un nombre variable de baves ou brins élémentaires réunis entre eux au moment du dévidage du cocon et soudés par la coagulation du grès.
Parmi les propriétés physiques de la soie grège, un certain nombre d'entre elles, l'élasticité, la ténacité, la ductilité, dépendent évidemment du nombre de brins assemblés. Aussi ces propriétés doivent-elles être étudiées sur le brin. Il serait possible, il est vrai, de rechercher, par des expériences directes, si dans une grège obtenue parla soudure d'un nombre déterminé de brins, les propriétés physiques que nous venons d'énumérer ont une valeur exactement égale à la somme de celles des brins composants ; mais ces déterminations n'ont pas été réalisées et cette identité, quoique non établie encore expérimentalement est admise par des raisons d'analogie.
La soie grège est brillante, et par cette propriété, elle constitue le plus beau des textiles connus. Sa couleur varie suivant les cocons dont elle provient ; de même qu'on connaît des cocons blancs, des cocons jaunes et des cocons verts, on rencontre des soies blanches, Jaunes et Jaune verdâtre. La
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saveur de la soie grège est nulle ; son odeur est caractéristique, mais assez faible.
La figure 42 montre Taspect que présentent au microscope les brins de soie, comparativement avec les matières textiles les plus usitées.
FiG. -42. — Examen microscopique d'un mélange de fibres textiles animales et végétales.
a, laine Mcuve ; b, laine qui a été portée; c, soie; cl, lin ; colon.
La densité de la soie n'a fait Tobjet que d'un très petit nombre de déterminations. Robinet a trouvé 1,367 pour la densité de la soie obtenue en étirant directement la glande soyeuse d'un ver.
M. J. Persoz * a mesuré la densité d'une échevette de soie (organsin de France), préalablement décreusée et immergée dans l'eau distillée bouillante pour expulser l'air
^ Essai sur le conditionnement , le titrage et le décreusage de la soie, par Jules Persoz, Paris, 1878 (G. Masson, éditeur).
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qu^elle contenait. Il a obtenu, par la méthode de la balance hydrostatique, le chiflre 1,357 qui se rapproche beaucoup de celui de Robinet .
11 serait intéressant de connaître les densités comparatives de la soie écrue et de la soie cuite, de savoir dans quelles lim>tes peut varier la densité de la soie, suivant sa provenance des échantillons examinés.
On a remarqué que dans certains bains de densité considérable, atteignant 1,5, la soie ne flottait pas, et on a cru pouvoir conclure de ce fait que la densité de la soie devait dépasser 1,5. Une pareille conclusion ne semble pas suffisamment fondée ; avant de Tadopter, il faudrait démontrer qu'il u'j a pas eu de combinaison entre la soie et les éléments composant ce bain. La densité minima 1,5 peut, en effet, représenter, non pas la densité de la soie, mais celle de la combinaison formée par la soie avec un des éléments du bain.
La soie grège possède la propriété de s'électriser très facilement : quand elle est sèche, le moindre frottement suffit à lui donner un état électrique qui se manifeste d'une manière fort intense.
Les fils se repoussent les uns les autres, s'écartent à tel point que les flottes s'ouvrent et peuvent difficilement être maniées. Ce phénomène entraverait bien souvent les opérations industrielles que doit subir la soie, si l'on n'y parait en entretenant dans les ateliers une humidité convenable : on a constaté, en effet, que la soie humide s'électrisait bien moins facilement que la soie sèche.
Au point de vue delà conductibilité électrique, la soie doit être rangée parmi les corps isolants ou diélectriques.
Le tableau suivant, dû à Cullej, donne la liste des corps usuels dans leur ordre de conductibilité électrique décroissante ou de leur résistance croissante.