LES SOIES SAUVAGES
Elles sont produites par des chenilles rebelles à la domesticité qui vivent en plein air. L'emploi de ces soies remonte à la plus haute antiquité. Certains auteurs prétendent que presque tous les peuples ont, de tout temps, filé la soie des divers saturnides fixés sur leur territoire et ont produit ainsi de la soie sauvage. L'importation de la soie et des méthodes d'élevage du Bombyx 7nori eurent pour résultat d'anéantir ces industries rudimentaires en Europe ; mais l'élevage des vers à soie sauvages s'est continué 'en Asie, et lorsque les maladies qui décimaient les vers du mûrier en France eurent entraîné la disparition d'un grand nombre de magnaneries, l'industrie se mit à utiliser les soies sauvages. Ces premiers essais, réalisés à Lyon vers 1847, ne donnèrent d'abord que de médiocres résultats. On ne savait encore ni décreuser, ni blanchir, ni teindre ces soies fort difîerentes de celles du Bombyx mori. Depuis, ces difficultés ont été vaincues, l'emploi des soies sauvages s'est étendu, il s'est classé définitivement en apportant de nouvelles ressources à la confection des tissus soyeux.
Quelques tentatives ont été faites pour introduire en P'rance l'élevage même des vers sauvages, mais nous ne savons pas que le succès soit venu les sanctionner, pour la production de quantités importantes de matières.
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Actuellement, les soies sauvages sont importées surtout de l'Inde ; elles sont produites par plusieurs espèces de chenilles vivant en plein air, se nourrissant des feuilles de chêne, de ricin, d'ailante, etc. Les unes font des cocons ouverts, d'autres des cocons fermés ; ceux-ci seuls sont bons à être dévidés ; les premiers ne peuvent être employés que comme déchets.
La récolte des cocons fermés demande une attention spéciale : il faut surveiller les arbres sur lesquels les chenilles ont élu domicile et les cueillir avant que les papillons ne se soient développés.
En Asie, les seuls cocons aptes au dévidage sont produits par des chenilles appartenant au genre Antherxa. Parmi celles-là, un certain nombre d'espèces donnent les soies les plus estimées.
VAnthe7\xa yama maï du Japon se nourrit de feuilles de chêne. La chenille est de couleur verte ; elle produit un gros cocon de forme oblongue et de nuance vert clair dont la soie se rapproche notablement de celle du Bombyx mori, sans se prêter aussi bien aux opérations de la teinture. La récolte annuelle de cette soie est évaluée à 12.000 kilogrammes.
VAntherœa Pernyi (fig. 43) se trouve tantôt à Tétat sauvage, tantôt à Tétat domestique, dans plusieurs provinces de la Chine. La chenille, de couleur jaune, se nourrit de feuilles de chêne ; elle produit un cocon ovoïde long de 43 millimètres environ, dont la couleur varie du blond au brun. Ces cocons sont fixés aux branches, du côté où sera la tête de la chrysalide par une sorte de cordelette, et recouverts de feuilles.
La récolte totale provenant de l'^n^A^rc^a Pernyi est évaluéea 1 .280.000 kilogrammes. EUeestimportéeenEuropesous forme de grège tirée et de soie filée au fuseau et au rouet. D'après M. Pariset, quatre cent cinquante cocons secs pèsent 1 kilogramme, et donnent 200 grammes de soie grège.
U Aîitherœa assama abonde dans l'Inde et surtout dans