FILATURE
la torsion simultanée de deux ou trois fils simples ayant déjà subi une torsion individuelle inverse de la torsion d'ensemble.
La torsion finale, pour les fils retordus, est toujours de droite à gauche pour ceux qui sont destinés au tissage. Elle est de gauche à droite pour les cordonnets.
Tous ces hls, avant d'être livrés à la consommation subissent un certain nombre d'opérations de finissage. Ils sont gazés ^ c'est-à-dire qu'on les fait passer rapidement dans une llamme qui détruit leur duvet, lissés, dévidés et finalement visités à la main avant d'être mis en paquets.
Les paquets, sur tout le continent européen, sont uniformément de 5 kilogrammes. Le titre du fil s'énonce, pour les fils simples, par le nombre de 1000 mètres de fils qui pèsent 1 kilogramme ; ce chifi^re détermine le numéro du fil : ainsi 90.000 mètres du numéro 90 pèsent un kilogramme.
Dans les fils doubles ou trois bouts ^ on conserve le numéro du fil simple qui est retordu en faisant précéder le numéro du fil des chifî^res 2 ou 3. Les numéros 2/100, 2/140, 2/200 sont des fils deux bouts dont 100, 140, 200.000 mètres pèsent un kilogramme.
Les titres les plus usités varient du n^ 70 au n^ 170 pour les fils simples ou cannettes.
Dans les fils doubles ordinaires, la gamme des numéros va de 2/50 jusqu'à 2/300.
Les cordonnets sont constitwés par les n^^ 20 à 120 à deux ou trois bouts.
Les fils obtenus avec le déchet de soie reçoivent aussi des désignations particulières, suivant la qualité de grès qu'ils contiennent encore et parfois aussi suivant leur origine.
On appelle communément scJiappes tous les fils de bourre de soie obtenus par macération et renfermant encore de 2 à 15 pour 100 de grès.
Les fils plus ou moins blancs provenant de matières premières décreusées au savon et complètement dépourvues de grès, portent le nom do fantaisies.
Les galettes sont des fils obtenus ordinairement avec des cocons ; on leur laisse le plus de grès possible et ils en renferment environ 18 à 21 pour 100. Cette particularité leur donne une aptitude spéciale au blanchiment, et leur conserve l'aspect brillant caractéristique de la soie, qui apparaît après le décreusage.
Pour compléter cette esquisse rapide de l'industrie de la schappe, il nous reste à mentionner à quels usages sont employés ses produits.
Usages des fils de schappe
Les fils de schappe sont constitués, nous Tavons vu, par de la soie pure ; mais par suite de leur origine et des traitements qu'ils ont dû subir, ces fils présentent les qualités du précieux textile à un degré atténué. Toutefois, les différences qui existent entre la soie et la schappe ne sont pas assez grandes pour faire ranger, au point de vue du tissage, ces matières dans deux catégories éloignées ; elles sont au contraire assez voisines Tune de l'autre et il est permis de dire que la schappe se rapproche de la soie et qu'elle se différencie beaucoup de la laine et du coton.
Les emplois de la schappe sont aussi nombreux que variés. On a remarqué que tous les tissus contenant des fils de schappe sont devenus l'objet d'une consommation croissante, sans doute parce qu'ils possèdent l'éclat soyeux et peuvent néanmoins être produits et vendus à bon marché.
Divers motifs tendent, du reste à généraliser l'emploi des fils de schappes. Il faut mettre en première ligne, leur valeur réduite par rapport à celle de la soie, la grande régularité de leur fabrication et de leur titre, leur faible perte ou décreusage.
Actuellement, la passementerie consomme de grandes quantités de schappes pour la fabrication des franges, des chenilles et des cordonnets.
USAGK.S DKS FILS DE SCllArrK j^l
L'industrie de la bonneterie applique les iils de déchets au tricotage des gants, des mitaines et des bas mi -soie ; elle les utilise également pour la confection de chemises et de maillots.
Certains tissus élastiques employés pour les chaussures, les ceintures, les bretelles, renferment des propoctions notables de fils de schappes.
Les tissus d'ameublements, pour les sièges et les tentures, façonnés, brochés ou imprimés, emploient de très grandes quantités de schappes.
Les fils sont mélangés aussi de mille manières différentes, avec la laine, la soie et le coton ; on obtient ainsi des tissuLi mixtes fort employés pour la confection des robes, des manteaux, des draperies diverses.
Depuis quelques années, les déchets de tussah sont filés en schappes et servent en Angleterre pour la fabrication du scals/im ou imitation du poil de loutre.
Mais c'est surtout pour la fabrication des foulards, du velours, des peluches et des rubans, que se consomment les plus grandes quantités de fils de schappes.
Dans les foulards, la schappe est employée pour trame en fils simples.
Les peluches et les velours unis et façonnés ont employé, pendant ces dernières années, d'énormes quantités do schappes. La fabrication de ces étoffes s'est concentrée, en Angleterre, pour les peluches et le scalskin ; à L^^on^ à Saint-Étienne et dans les provinces rhénanes, pour le velours.
L'application de la schappe à la fabrication des rubans, très active cà Bâle il y a quelques années, s'est ralentie sen siblement ; la soie et le coton se sont substitués en grande partie à la schappe pour la fabrication de ce genre de tissus.
L'énumération des applications multiples qu'ont reçues les fils de schappes, permet déjà d'entrevoir toute Timportance de leur fabrication.
D'après une statistique due â M. Rondot, la production
Ib2 l'ES DÉCHETS DE SOIE
totale des filatures de schappe atteindrait, en chiffres ronds, 3 millions et demi de kilogrammes. Ce chiffre est très considérable : les manufactures européennes et américaines consomment environ 10 millions de kilogrammes de soie; on voit donc que les fils de schappe représentent en poids le tiers de cette quantité et le quart de la quantité totale, schappe et soie réunies.
Mais il ne faudrait pas conclure, des proportions qui existent entre ces quantités de fils de soie et de achappe, que pour 10 parties de soie filée, on doit obtenir en moyenne 3,5 parties de fils de déchets. La vérité est que les filatures de schappe utilisent non seulement les déchets correspondant aux soies produites et consommées en Europe et en Amérique, mais aussi presque tous les déchets produits par les soies consommées dans les autres parties du monde. Or, le chiffre de la consommation et de la production de la soie, en Asie par exemple, n'est pas exactement connu ; on ignore de môme, la proportion moyenne de déchets que donnent ces soies.
Ce qu'il faut retenir des chiffres représentant la production totale des filatures de déchets, c'est le prodigieux essor de cette industrie de la schappe, qui a su, en si peu d'années, attirer à elle, de toutes les parties du monde, ces résidus de soie autrefois presque sans valeur, et par les méthodes les plus perfectionnées, les transformer en fils constituant une ressource précieuse pour le tissage.
Avec Tétude des fils de schappe se termine l'énumération des matières premières employées dans l'industrie des soieries. Mais avant de passer rapidement en revue, dans la deuxième partie de ce livre, les opérations que doivent subir les fils de soie pour être tissés et transformés en étoffes, nous devons consacrer quelques mots aux soies artificielles.
LES SOIKS ARTIFICIELLES