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L. ViGNON, La Soie

étirées, secouées uniformément, au moyen d'un autre bâton

mobile et libre, manœuvré à la main. Dans les grands ateliers de teinture, cette opération s'eiléctue mécaniquement (fig. 58).

LES MATIKRES COLORANTES 279

Par le secouage, les tils s'étirent également, deviennent parallèles, et les Hottes prennent un aspect uniforme.

Le chevillage consiste à tordre fortement sur ellesmêmes les liottes de soie, après teinture; il contribue à donner à la soie un aspect brillant, et présente une importance spéciale dans le traitement des soies souples. Le chevillage peut s'exécuter manuellement, mais il s'effectue avec beaucoup plus de régularité par les moyens mécaniques (fig, 59).

FiG. 60. — Étireuse lustreuse (Fernand Dehaltre, constructeur à Paris).

Le lustrage de la soie a pour but de développer au plus haut degré possible l'éclat et le brillant particulier à ce textile. Pour lustrer les soies, on les étire par l'action de deux cylindres à rotation lente, sur lesquels sont engagés les

écheveaux (fig. 60). L'opération s'effectue dans un compartiment clos, dans lequel on introduit de la vapeur d'eau à faible pression. Finalement les soies sont séchées dans des chambres chauffées, appelées séchoirs, à l'abri des poussières et de la lumière.

C'est en utilisant les méthodes chimiques qui viennent d'être décrites que le teinturier donne à la soie en même temps que ses propriétés physiques définitives la teinte qui lui est demandée par le fabricant; nous ne pouvons, malgré tout l'intérêt d'une pareille description, entrer plus avant dans le détail des opérations de teinture. Il nous faudrait passer en revue la teinture en blanc pour les différents genres et examiner la question si importante du blanchiment des soies, la décoloration des soies sauvages, décrire la teinture en couleurs, la teinture en noirs, si importante et si variée dans ses effets; mais de tels sujets ne peuvent être abordés avec quelque intérêt, qu'en entrant dans des détails dont le développement nous entraînerait hors de notre cadre.

Teinture en pièces

Il semble indispensable pourtant avant de terminer, ce qui est relatif à la teinture de la soie, de dire quelques mots d'un mode de teinture qui est appliqué, non à la soie en échevaux ou en flottes comme nous l'avons vu jusqu'ici, mais à la soie dite en pièces, c'est-à-dire tissée. Depuis quel ques années, ce genre de teinture a reçu de grands développements ; il s'exécute aujourd'hui avec beaucoup de perfection.

On a reconnu, en effet, l'avantage qu'il y avait pour certaines étoffes, à les tisser d'abord et à les teindre ensuite. Par cette manière de procéder, tel brin qui ne supporterait pas les efforts du tissage, une fois décreusé et soumis aux opérations réitérées de la teinture, se tisse au contraire faci lement à l'état écru, et peut être teint ensuite sans difficulté.

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