LE MARI DE LA REINE
Opérette en trois actes, de MM. Grenet-Dancourt et Octave Pradels, musique de M. André Messager.
18 décembre 1889.
0 Parisiens, mes confrères en coryza ; ô Parisiennes, mes douces amies, vous raconterai-je comment la reine des Kokistaniens , en vertu de la loi du Rondo, divorce tous les ans pour épouser le coureur qui arrive le premier à la course au cerf ? Vous diraije comment Justine Patouillard, fille de M. et M"'^ Patouillard, vogue à travers le monde pour revoir Florestan — un peintre que ses parents lui ont refusé en mariage. Ajouterai-je que Florestan, ayant attrapé le cerf, va devenir le mari de la reine, quand il retrouve Justine. Alors, la reine reste avec Yacoub, son premier mari ; Florestan épouse M^^* Patouillard, et M. et M"'^ Patouillard sont envoyés au Jardin d'acclimatation.
Je ne sais pas si je me fais bien comprendre ; mais, voyez-vous, ces choses-là, pour être bien saisies, ont besoin de la jolie musique de M. Messager. Si j'avais
seulement une petite flûte sur moi — tuli-tulo-tula — vous me trouveriez très clair.
Je puis cependant vous dire que M. et ^1""° Patouillard, c'est le couple Montrouge, que le public a revu avec plaisir mariés sur la scène, soit dans le costume de bourgeois de la rue Saint-Denis*, soit dans de riches costumes kokistaniens. Montrouge à une façon convaincue de dire : « Un malheur à ma femme ! Ah 1 il ne faut pas compter là-dessus ! » qui me donnerait beaucoup à réfléchir si j'étais sa légitime.
La reine, c'est Aussourd — que nous n'avions pas vue depuis Isoline et qui a toujours ses jolies notes cristallines. Justine Patouillard (Mily-Mayer) est toujours l'adorable figurine de Saxe que vous savez, et quant à MM. Tauffenberger et Piccaluga ils ont dit de leur mieux les airs que M. Messager leur a confiés.
Et voilà I