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LA CHANCE DE FRANÇOISE

en chapeau de tulle rose, Darlaud avec une capote de velours noir garni d'acier et la sœur de Marsy (c'était gentil ; à chaque acte, elles changeaient de fauteyil pour se donner alternativement la bonne place — j'ai été touché) ; en dessous Marie Magnier avec Alice Lavigne ; en face, la belle Rosa Bruck et miss de Cléry; M^° Ludwig tout en rouge avec un chapeau Pepa garni de coquelicots et Julia de Cléry, et Vrignault... Ah! l'entr'acte a paru court.

Pan! Pan! Pan! Un grand silence; M. Alphonse, qui, en réalité, s'appelle Octave — cause dans un salon élégant que nous reverrons pendant trois actes. Très bien, M. Alphonse (Romain) ! Une mise sobre avec seulement une cravate à carreaux d'un goût douteux pour indiquer les côtés... faibles du personnage.

— Entrée d'un commandant de vaisseau — un officier en tunique gros bleu... Mais ce n'est pas Vofficier bleu.

C'est M. de Montaighn (Desvaux), un bien brave homme. Quant à sa femme, je vous présente M^^® Marie Brindeau, tout à fait charmante dans sa robe de surah blanc avec grande ceinture de moire blanche. Nous ne l'avions pas vue jouer depuis son retour de Russie... et c'est tout ce que la censure a bien voulu permettre de russe à M. Koning.

Au deuxième acte, nous avons versé les douces larmes de l'honnêteté — comme dit Georges Ohnet. — Tout le monde pleurait. Il faut voir Alice Lavigne pleurer! C'est fantastique. Hein! M"° Brindeau, ces larmes françaises, ça vaut bien les larmes russes, n'est-ce pas? c'est plus salé.

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J'oubliais une enfant prodige, la petite Duhamel. Si jeune et déjà de si beaux mollets!...

Mais la joie de la soirée a été M™° Guichard (Desclauzas), étonnante dans son manteau gris, garni de sicilienne, de torsades et do brandebourgs, sa robe de brocard bleu si riche, traversée par une immense chaîne de montre ; et quelle bizarre façon de porter son parapluie! Est-ce une lance? Est-ce un bouclier? On ne sait plus.

Et en rentrant, j'ai réfléchi que les pères do famille auraient désormais bien du mal à baptiser convenablement leurs enfants : Adolphe est rococo, Arthur est grotesque, Alphonse est ignoble, Jules est mal porté, Emile et Albert ont été ridiculisés par Elise Faure, comme Ernest par la pauvre Demay.

Qui voudrait désormais s'appeler Jacques ! !

Je ne vois plus guère que Richard, un nom harmonieux, de bon augure, et qui, au théâtre, a toujours été dignement porté par M. Cœurdelion.

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