LES ERINNYES
16 mars 1839.
Quand on ne possède sur la Grèce que les renseignements fournis par la Belle Hélène et le Retour d'Ulysse, sans compter quelques vers appris au collège :
Agathos, bon, brave à la guerre ;
Am'is^ pot qu'en chambre on demande, etc., etc.,
on ne saurait manquer une occasion de s'instruire, et la poésie de M. Leconte de Lisle m'offrait une occasion désespérée. Je me suis donc mis en route pour rOdéon fredonnant :
Pars pour la Grèce, Pars pour la Grèce ;
mais j'ai bien vite compris que je n'étais pas dans la note juste, et, une fois sur la rive gauche, j'ai pris un air sérieux.
J'entre dans la salle. On a rétabli l'orchestre; parmi les musiciens, j'aperçois deux jolies harpistes avec des chevelures inspirées et, au centre, trônant sur un piédestal, M. Lamoureux lui-môme. Il est très