‹ La soirée parisienneChapitre 52 sur 128 · LA PATRIE EN DANGER · texte numérisé non relu

LA PATRIE EN DANGER

19 mars 1889.

On avait beaucoup parlé de cette Patrie en danger, comme une des nouvelles merveilles contenues dans le grenier Goncourt — le grenier inépuisable — aussi la salle était-elle très bien composée. Chaque parti avait envoyé ses représentants les plus autorisés.

Dans l'avant-scène, la princesse Mathilde représentait le parti impérialiste.

Aux fauteuils, le prince Henri d'Orléans représentait la monarchie.

Le docteur Clemenceau personnifiait une nuance du parti républicain, tandis que le parti national avait délégué M. Dugué de la Fauconnerie.

Enfin le parti des femmes aimables était représenté par M""®^ Pepa Invernizzi, les sœurs Vrignault, Bépoix, Mathilde Deschamps, Depoix, Cigale, Odette Delpré, etc., etc.

Acte premier. — Le 14 juillet 1789. Salon Louis XV où nous assistons à une conversation intéressante entre le comte de Valjuzon (Laury), sa sœur la cha-

■ISO LA soiui::!': l'Aïusiivwr'

noincssc (A'r'° Bariiy), Blanche do Valjuzoïi (J. Varly), charmante dans son costume du temps ; puis un précepteur Boussanel (Antoine), vu de dos.

Cette conversation est troublée par l'arrivée de Perrin (Mevisto), annonçant la pi-ise de la Bastille... par Géraudol.

Deuxième acte. — La nuit du 9 août 1792. Nouvelle conversation dans une chambre moins bien meublée. Plus de poudre, plus de bas de soie. On voit que cela commence à aller mal. Le comte de Valjuzon a un mot assez joli :

— Je jouis d'une impopularité... populaire. Pendant tout cet acte, on entend à la cantonade

le bruit de la prise des Tuileries par la populace, mais la mousqucterie, je dois le dire, est bien mal imitée. Edouard Philippe, qui s'y connaît, se penche vers moi et me dit avec un sourire de mépris :

— Ça des détonations!... J'ai cru qu'on battait des tapis.

Troisième acte. — Verdun. Effet de nuit et conseil de guerre comme dans le Duc d'Enghien. Le général Perrin ne veut pas capituler malgré l'invasion de la foule qui envahit avec une telle conviction que j'ai craint un moment que les figurants ne nous tombassent sur les genoux par-dessus la rampe.

Gros effet.

Au moment de la chute du rideau, une dizaine au moins de ces énergumcnes se sont trouvés pris en dehors de la scène. N'importe ! comme Trochu, Perrin n'a pas capitulé.

Page 1