‹ La soirée parisienneChapitre 53 sur 128 · LA PATRIE EN DANGER · texte numérisé non relu

LA PATRIE EN DANGER

Quelques personnes prennent à ce moment leur paletot et s'en vont en disant :

— Moi, je capitule.

Quatrième acte. — Fontaine près Lyon. Une auberge ressemblant à la plupart des auberges, mais où le comte de Valjuzon, déguisé, nous parle d'une âme sans culotte (!!!). Il y a aussi M'^° Blanche, qui dit à Madeleine : « Par ces temps de révolution, on ne reste pas longtemps jeune fdle » (?).

Cinquième acte. — Le préau de Port-Libre. Cour carrée représentant l'intérieur d'une prison. Au centre, un gros chône.

— Ce serait un bel arbre de la li])erté,.. s'il était ailleurs qu'ici, dit le toujours farceur comte de Valjuzon.

A noter aussi ce mot, qui sent bien la crâncrie élégante de l'époque : « Mais arrivez donc, mon cher chevalier, la société élégante diminuait ici chaque jour (joli euphémisme pour monter à la guillotine) ; grâce à vous, on va pouvoir reformer une coterie. »

Superbe aussi le mot de la vieille chanoinessc à la foule qui lui crie hurlante : « A la guillotine ! »

— Eh bien, on y va, canaille !

En somme, tous les personnages de la pièce sont guillotinés. Je ne saurais trop indiquer ce dénouement radical aux auteurs qui ne savent que faire de leurs personnages au dernier acte.

En sortant, j'ai rencontré M. Antoine ; il était triste :

— Comprenez-vous ça? m'a-t-il dit navré. Il y a

depuis quelques jours un nouveau « monsieur Antoine y> dont tous les journaux parlent, et ce monsieur An^ toine n'est pas moi! C'est un Alsacien, un député du Reichstag, qui vient ainsi me voler ma popularité!

Puis il m'ajouta d'une voix sombre qui semblait sortir de son dos :

— Citoyen ! Le Théâtre-Libre est en danger 1

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