LES MARIS SANS FEMMES
du secrétaire du théâtre; en face, deux rangs de fauteuils et vous avez une salle de mariage.
Une des mariées (Félicie), c'est jNP'^ Freder. Vous savez, celle qui a ce fameux petit nez tourné à l'imprudence... enfin, ça n'avait pas d'inconvénients : il ne pleuvait pas dans la salle. 0 critiques de l'avenir, retenez bien ce nom : M'^® Freder, et vous verrez que petite étoile deviendra grande. Moi aussi j'ai du nez.
La seconde mariée (Clotilde), c'est Ar'® Luce Colas souvent applaudie au Théâtre-Libre ; elle a été libre de rester au théâtre, et ce n'a pas été pour nous un menu plaisir.
Un des mariés (Marjolet), M. René Dubos, vient de Cluny où sa moustache blonde accrochait tous les cœurs de la rive gauche; l'autre conjoint (Bonnard) n'est autre que Germain — jeune, et blond comme les blés.
Une veuve, M'"^ Bénévol, dit :
— Mon mari m'a rendue bien heureuse.
— Souvent?
— Pendant quatre ans.
Le deuxième acte a lieu dans une chambre à la campagne ornée de cretonne à bouquets gais. On s'y bat tout le temps. Sauf la poudre, j'ai cru que c'était une scène de la Prise de Pékin. A la fm de l'acte, pas très applaudi, dansé par Duclos et Germain ; nous pourrions l'appeler : le pas de la dcliwance.
Au troisième acte, tout le monde est en manches de chemise. Ne me demandez pas pourquoi. Je serais obligé de vous dire qu'on vient de chez la cocotte
Irma, et l'on sait que chez les cocottes on est toujours en manches de chemise. Cette fois, le mariage a lieu dans un simple salon. Un juriste me fait observer que le maire ne se transporte chez le particulier qu'in extremis. Oh! ces juristes.
Et maintenant que ces mariages sont recollés, je me demande pourquoi, — étant donné le sujet de la pièce, ~ on n'a pas donné le rôle du maire à Montrouge.
C'était indiqué.