ORFEO
applaudit, et celui-ci se lève, se retourne, et salue la main sur son cœur. Ça ne sç faisait pas dans le temps, mais j'ai trouvé ça très émouvant.
Après, on a interverti l'ordre des tableaux. L'enfer, qui était jadis au troisième acte, est passé au deuxième tableau; d'ailleurs, mêmes flammes rouges, mômes diablotins rouges et or, même ballet, des diablesses noires avec la casaque rouge, et des jambes... infernales. Le cancan si inconvenant de la fin a été remplacé par une farandole que je trouve infiniment plus convenable.
Dans le fond, des rochers tournant en spirale et des nuages produits par la vapeur qui font un effet magique. Gros succès.
Troisième acte. Celui de l'Olympe (jadis 2® tableau). J'ai retrouvé sur les gradins, étages dans des poses nobles, les dieux et déesses de ta connaissance. Tout cela casqué, cuirassé et étincelant. J'ai surtout remarqué le casque des femmes à plumes blanches, comme le crest du prince de Galles, sur le cimier et sur les épaules la crinière blanche comme les centgardes de notre jeunesse. Très joli ballet avec guirlandes de fleurs, couronnes de papier et poses plastiques.
Enfin on a ajouté deux nouveaux tableaux, le Labyrinthe et le Temple de l'Amour. Ça m'a un peu désorienté; mais sans doute l'auteur a voulu rajeunir un peu sa pièce pour l'Exposition. Par exemple, tu sais le vieux monsieur qui faisait tout le temps des calembours ? On a supprimé son rôle, et quant aux calembours, si l'on en a fait ce soir, je n'en ai pas
compris un seul. Cela m'a étonné, car je suis d'une jolie force à ce noble jeu.
Adieu, ma Louloute. Je continuerai à te renseigner toujours aussi exactement.
Ton Perrichon.