‹ La soirée parisienneChapitre 78 sur 128 · LE CHIEN DE GARDE · texte numérisé non relu

LE CHIEN DE GARDE

Gros succès pour Jacqueline (Marthold), exquise de simplicité, de bonliomie et de sensibilité vraie. On fait aussi une ovation à l'entrée de Taillade sous les loques d'un forçat échappé. Ce que ce diable d'homme sait faire pleurer. Ah ! l'incendie n'est pas à craindre aux Menus-Plaisirs.

Quatrième acte. — L'appartement de Julia. M^'® Fehl y porte une robe crème qui tient du peignoir fastueux et de la robe de concours. Entrée d'un policier qui parle d'attentat, de complot contre la sécurité de rÉtat, de la cour de justice et môme de la « nuit historique ». Ces petites choses-là sont toujours d'actualité.

Puis Taillade, devant Marthold, qui décidément a égalé ce soir Pauline Oranger, clame à plusieurs reprises un beau cri de : « Vive l'Empereur ! » avec l'exaltation d'un Polyeucte criant : « Je suis chrétien! » Enthousiasme frénétique dans la SciUe. Est-ce le cri? Est-ce l'auteur ?

On applaudit, on acclame. Dugué de la Fauconnerie se penche vers moi, et me dit : a Hein l ce crilà ! Quel écho ! Si le petit vivait encore ! . . . »

Le dernier acte nous montre un grenier où l'on serait bien mal à vingt ans, mais où Taillade se hausse jusqu'à la comparaison possible avec le grand Frederick.

Je ne sais pas si nous aurons le schah à Paris ; mais, grâce à M. Richepin, nous avons une pièce qui ne manque pas de chien, et le Chien de garde a trouvé, boulevard de Strasbourg, une niche où il sera longtemps fcté.

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