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Acte troisième. — Jardin enchanté, habité par de

20i LA SOIRIÎE PARISIENNE

jolies abeilles en jupes de satin jaune à bandes noires, conduites par l'appétissante Oitolini. — C'est un Rubens!... Elles enferment Caliban dans un arbre tout noueux, et alors nous assistons à une grande scène d'amour entre Ferdinand et Miranda (fichus noms, décidément). Cette fois, Mauri a une jupe de crépon de Chine rose, avec ceinture d'argent. Corsage assez chaste devant, mais pas du tout de corsage derrière; l'échancrure descend jusqu'aux reins et s'arrête seulement aux environs de... Shaffhouse.

Ariel, jaloux, évoque les esprits des bois, affreux avec leur visage informe et le costume chocolat qui passe par toutes les couleurs des fontaines lumineuses ; mais Ferdinand les met en fuite après un beau combat à la z-hache. Il embrasse alors Rosita Mauri qui, d'abord furieuse sans raison, en est ensuite ravie sans cause. Ariel les chasse, la clairière s'ouvre, et nous apercevons la pleine mer resplendissante au soleil.

Dernier tableau. Le clou de la soirée. Apparition de la galère superbement pavoisée et garnie de fleurs. Les passagers sont en casque d'or et en tunique de lin blanc. Il y en a au moins une cinquantaine dans des groupes sympathiques. A la proue une splendide créature rousse couronnée d'algues marines (M'^^ Lecouvey), dont le corps se replie dans l'avant du navire. Sur chaque flanc de la galère des femmes couchées simulant les flots animés. L'embarcation arrive par le fond, vire de bord, et glisse jusqu'à 2 mètres du trou du souffleur. Gros effet.

Ferdinand et Miranda s'assoient respectivement sur un ressort en fer qui les hisse dans le bateau. Ils partent heureux, glorieux dans des lueurs d'apothéoses, et ils auront beaucoup d'enfants.

OTramblay, ô Violât, ô Ricotti, ô Chabot, ô Doucet, ô Lecouvey, ô Roumierje vous ai admirées toutes, toutes pendant cette Tcmpetey et, en songeant aux orages que vous faites naître, je me suis rappelé le mot mélancolique de Marocain dans les Diables roses :

J'ai vu ceux de la femme et j'ai vu ceux dos fiots. Et j'ai plaint les amante plus que les matelots.

r.-R PRINCE SOLEIL

11 Juillet 18S9.

Oui, Parisiens, mes frères, 11 juillet 1889, et nous avons une première, une vraie première à laquelle le devoir m'oblige de consacrer une soirée. Ah! comme on voit bien que nous sommes en temps d'Exposition! Ce soir, il s'agit du Prince Soleil, un prince que nous connaissons depuis bientôt trois mois et qui nous a obligés bien souvent à nous éponger le front.

Soyons courtois, et allons lui rendre sa visite, avec le doux espoir que, vu la circonstance, le Châtelet voudra bien remplacer l'ardent Phœbus par la lumière électrique.

Premier tableau. — Chez le professeur Piperhoom, en Suède. — Simple toile d'intérieur, nous permettant de revoir avec plaisir le bon Francès avec ses jambes toujours écartées (pourquoi?), son épouse (Toudouze) plus plantureuse et exubérante que jamais et leur fille Ellena — M"^ Aga, qui, en dépit de son nom bizarre, nous paraît une fort jolie personne

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