‹ La soirée parisienneChapitre 85 sur 128 · LE PRINCE SOLEIL · texte numérisé non relu

LE PRINCE SOLEIL

de l'armée anglaise, avec tambours, fifres, général et soldats avec le casque blanc et la tunique rouge. L'arrière-garde est formée de liighlanders en satin, portant des étendards multicolores. Ces troupes se forment en bataille sur les quatre côtés du théâtre. Amener des troupes en grande tenue pour voir danser des singes ! Je ne reconnais pas là la dignité de l'Angleterre.

Heureusement qu'il y a aussi des Espagnoles, et de très jolies Espagnoles, avec costume de satin jaune et rouge, le bas noir terminé par une jarretière à gros pompon jaune et rouge, laissant voir une main de cuisse rose. Tais-toi, mon cœur!... Il y en a d'autres qui ont des corsages de velours violet sur jupe lilas très réussies, et parmi elles, je note M'^^ Laviolette, qui doit être de Parme malgré sa modestie. L'étoile M'^° Zanfrctta est une grande fille brune, admirablement découplée, qui se coiffe avec deux raies horizontales au-dessus de chaque oreille, et ({ui est vraiment ravissante. Et à côté d'elle une délicate blonde, M'^® Desprez, est charmante de grâce et de souple légèreté.

Et les singes? Ils sont venus à la fin, sans raison, à moins que par comparaison ces singes n'aient voulu nous montrer la Lantelme magique.

Sixième tableau. — A bord du a prince Albert ». — Le fameux bateau du Tour du monde. Les Lauris s'y Hvrent à de nouvelles facéties, passent dans les cadres, grimpent dans le tuyau de la machine, et disparaissent dans la chaudière. Le bateau s'abîme dans les flots, avec difficulté, et les Lauris nagent dans la joie et dans la mer immense.

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Je passe sur une ou deux scènes sans importance, — le dialogue et les mots d'esprit ne me regardant pas, ce dont je suis bien aise !! et j'arrive au clou de la soirée.

Dans le Soleil. — Là, un véritable éblouissement. Tout est doré. Le Soleil porte un costume qui doit bien faire rager Louis XIV, les femmes étincellcnt d'or et d'argent et ont sur la tête des casques avec rayons en zigzag; des soleils dans les mains, des soleils au bout des piques; des cuirasses, des brassards, et sur tout ce métal le rayonnement de la lumière électrique. A l'apothéose, le soleil se lève dans le fond, en forme d'éventail. Je ne crois pas qu'on ait jamais fait plus beau. Gros effet.

Je commence à être un peu fatigué; aussi je me borne à citer encore, avant la chute du rideau, le jardin des fleurs à Yokohama, où M. Fleury nous a servi toute la poésie et tout le charme capiteux du cadre cher aux marchandes de sourires.

Ouf! voilà une pièce qui plaira beaucoup aux étrangers, surtout à ceux qui ne savent pas un mot de français; et quant à nous, après avoir applaudi le prince Soleil, nous avons eu un certain plaisir, en sortant, à contempler la lune.

...Sans comparaison avec I\r'° Lantelme, elle était superbe I

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