LA FERMIÈRE
8 novembre 1889.
O fortunatos nimium si sua bona norint Agricolas !...
Quand on est rentré depuis plus d'un mois dans Paris-Poubelle, dans ce Paris vicié par les microbes rastaquouères de Persans, Arabes, Turcs, Chinois, Annamites et autres peuples peu lavés, on éprouve le besoin d'aller respirer un peu l'air pur de la campagne. Aussi, hier soir, j'ai fait mon petit baluchon, et je me suis embarqué pour la ferme... Rochard. La route est jolie et se déroule tout le temps entre deux rangées d'arbres. A hauteur de la Ménagère, il y a comme une espèce de forêt.
J'ai d'abord pénétré dans la grande salle de la ferme, avec sa haute cheminée, ses fusils au râtelier, ses portraits de Napoléon, et là, j'ai eu le plaisir de voir de vrais paysans. D'abord Parmentier(Péricaud), un vieux Picard retors, vêtu d'une blouse qui va faire loucher le député Thivrier; puis Taloiseau, magnifique sous la souquenille du vieux berger, un peu