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Rom. 144.) La mission est une fonction naturelle de l'Eglise. Le besoin du cœur croyant répond d’ailleurs à l’ordre donné par Jésus-Christ : « Allez et instruisez toutes les nations. » (Matth. XXVIIT 19), et au désir de Dieu lui-même : « Dieu veut que tous les hommes soient sauvés. » (I Tir. IT 4).
De cet universalisme historique incontestable et incontesté, est-il légitime de conclure à un universalisme plus réel : les effets éternels de la Rédemption s’étendront-ils à tous les hommes, pour autant qu'ils les accepteront. Sans donner une réponse péremptoire nous demanderons seulement : est-il possible, si l'on se refuse à l’admettre, de donner toute leur valeur à ces nombreuses paroles du Nouveau Testament qui désignent « le monde », comme objet de l’amour de Dieu et de l’œuvre de Christ(Jean I. 29 11116-17,V151,Rom. XI 45, II Cor.V19, I Jean IV 14).Jésus dit qu’il attirera tous les hommes à lui (Jean XII 32), et saint Paul, que Dieu a renfermé tous les hommes dans la désobéissance pour faire miséricorde à tous (Rom. XI 32). Les parallèles de Rom. V. 12-21 et de I Cor. XV 21-58 semblent indiquer que l'influence du Christ est aussi étendue que celle d'Adam et le même apôtre qui considère «le monde entier comme plongé dans le mal » (I Jean V 19), déclare en même temps que &« Christ est la propitiation non seulement pour nos péchés, mais aussi pour ceux de tout le monde » (1 Jean IT 2). N’est-il pas également arbitraire de chercher dans de tels passages la pensée d’un rétablissement final universel, et de les expliquer, en en limitant la portée ? Dieu s'est-il réservé, en dépit des apparences, la liberté de mettre chaque homme en présence d’une décision personnelle? C’est ce que semblent indiquer les paroles de saint Pierre sur la prédication de
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l'Évangile aux morts (I Pierre III 19, IV 6), celle de Jésus sur le péché contre le Saint-Esprit, le seul qui ne puisse être pardonné « ni dans ce siècle ni dans le siècle à venir » (Matth. XII 32).
S'il en est ainsi, si réellement la position que chacun prend à l'égard de Jésus-Christ décide seule de son sort éternel, cela ne peut être dû en tous cas, qu’à la patience et à la miséricorde divines. En voyant dans l'offre universelle de la grâce une réparation que Dieu nous doit, ou bien en supposant qu’en fin de compte, Il remportera inévitablement la victoire dans tous les cœurs, on porterait, à notre avis, une grave atteinte aux notions morales qui sont à la base de l'Évangile. Mais ces deux points de vue une fois écartés, il sera permis de rappeler que le moyen de toucher les cœurs n’est pas de mettre à l’amour de Dieu des bornes que sa Parole n’y à point mises. Tout est grâce dans le salut, tout est moral dans son appropriation personnelle. Si étendus qu’en soient les effets, la Rédemption n’a donc rien qui puisse inspirer au pécheur une fausse sécurité, ou atténuer la sévérité du jugement qu’il porte sur lui-même. L'héritage de malédiction que tout homme apporte dans le monde, est accompagné d’un héritage de bénédiction dû à Christ. Le fait mystérieux du péché héréditaire n’est pas entièrement expliqué par là, mais il a perdu son amertume.