‹ La Solidarité Dans Le Mal et La Justice DivineChapitre 2 sur 18 · SOLIDARITÉ SOCIALE ET SOLIDARTÉ ORGANIQUE · texte numérisé non relu

SOLIDARITÉ SOCIALE ET SOLIDARTÉ ORGANIQUE

L'expérience et la conscience sont d'accord avec l'Ecri- {ure, pour constater, dans l'humanité tout entière, une contradiction profonde entre la conduite de l’homme et son devoir.

En identifiant le fait et le droit, ce qui est et ce qui doit être, le déterminisme supprime les réalités morales, etpar conséquent aussi les problèmes qui y touchent. L'universalité du mal n’étonnera pas non plus ceux qui, tout en affirmant la liberté, regardent le péché comme une imperfection inhérente à la créature. Ceux-là seuls que leur conscience oblige à y voir un fait absolument anormal, une violation des lois établies par Dieu, se demanderont comment peut être expliquée sa diffusion

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universelle dans l'humanité. La décision individuelle ne l'explique pas : un simple calcul de probabilités suffit à le prouver. L'on est donc amené tout naturellement à en chercher la cause dans la relation de l’individu avec le monde mauvais dans lequel il naît et se développe.

L'influence des hommes les uns sur les autres est, dans un grand nombre de cas, propagatrice du mal. N'estil pas légitime de généraliser cette observation et d’admettre que, soustrait à l'influence mauvaise de ses semblables, l'individu échapperait entièrement à la corruption universelle. Hypothèse qu'un essai de ce genre ne viendra jamais confirmer ou démentir ! Mais n'est-ce pas précisément un témoignage en sa faveur, que l’impossibilité de faire cette expérience ? Nous ne nous représentons point ce que serait un développement purement individuel; jamais la réalité ne nous montre rien de semblable. Si nous dépendons à tel point les uns des autres, comment l’action d’une humanité plongée dans le péché ne serait-elle pas déterminante pour la volonté individuelle ?

Dès le moment de notre entrée dans la vie, nous sommes entourés et comme saturés d’influences de toutes sortes, Nous nous développons dans un milieu que domine une coutume très ancienne, où règnent des préjugés, des opinions que nous recevons toutes formées; nous les suçons pour ainsi dire avec le lait. Préjugés de race, de nation, de caste, de famille, ils nous étreignent parfois de manière à nous ôter toute capacité de juger par nousuwêmes. La première édücation surtout laisse sur nous une empreinte qui ne s’effacera plus. Tous ceux qui sont avec nous dans un rapport quelconque, contribuent pour leur part à modifier notre esprit et notre caractère.

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