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indulgent et incapable de réagir contre le mal. Péché et châtiment sont unis dans notre conscience d’une manière si intime, que nous ne pouvons penser à l’un sans fenser aussitôt à l’autre. «Il y a une loi profondément gravée dans notre cœur, c’est que la réparation du péché doit se faire dans la douleur. » (BERsIER, La Solidarité. 2° édit., p. 86). Ce n’est point là un préjugé qui doive disparaître devant une connaissance plus approfondie de la nature de Dieu et de son amour pour nous. Ce qu'il y a de grand dans l’Evangile, c'est que cet amour se réalise à travers l’accomplissement de la loi du châtiment.
Nos notions morales peuvent être incomplètes; elles ne sauraient être fausses, si notre foi doit avoir un fondement quelconque. Aussi est-il légitime d'appliquer à la justice divine la définition de Cicéron. Elle consiste : à attribuer à chacun ce qui lui appartient (1). C’est l’application de cette loi que nous cherchons dans la solidarité. Elle doit s’y retrouver, ou bien la foi en Dieu, et la foi dans la vérité deviennent impossibles.
Ce qui précède’ suffit à nous épargner une discussion qui nous ferait sortir des limites de notre sujet. La notion biblique de la justice a été l’objet d'études approfondies qui ont eu pour résultat de mettre. en relief le côté bienfaisant de cet attribut divin. Gest, par exemple, à la justice de Dieu qu’en appellent les pécheurs qui soupirent après le pardon. (Ps. CHILI 17. CXII 4 CXLV 17, Esaïe XLVT13, LI5.) L'idée de rétribution se retrouve pourtant dans ces passages. En effet la grâce de Dieu et ses promesses ont établi une loi nouvelle, qui doit
(4) Justitia in suo cuique tribuendo. (Des vrais biens et des vrais maux, V. 23.)
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désormais être appliquée : si le pardon accordé au pécheur repentant et croyant est, au point de vue du droit strict, un acte de miséricorde, il est, au point de vue de Ja fidélité de Dieu à ses promesses, un acte de Justice. (Rom. IV 4-5, I Jean 1-9.)