‹ La solitude de l'été: PoèmesChapitre 18 sur 42 · A GUSTAVE KAHN · texte numérisé non relu

A GUSTAVE KAHN

Les petits villages sont plus petits

de rimmensité de la plaine au soleil ;

les hommes> minuscules, passent avec des gestes,

des anecdotes forment toute leur vie,

ils sont des objets qui s'éveillent

et les objets autour d'eux sont des êtres.

Leur existence s'annule dans l'été,

leur travaux sont plus humbles que d'ordinaire,

près d'eux on peut se reposer

d'avoir trop fixé la lumière ;

selon l'heure et le jour vous vient l'émoi

d'un cheval mort, d'un livre lu, d'une grange fermée

d'un cimetière, d'une auberge, c'est assez,

et quand la majesté des campagnes s'éploie

on goûte l'ombre des petites maisons,

la sieste au soir, la fenêtre, les meubles.

A les chanter, Été ! que mon âme s'émeuve

rapetissée comme les villages petits

et permets-moi Tétape ici,

loin de Tembrasement de tes ruches et de tes meules.

Été !

voici ma vie de chaque jour balbutiée.

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