A GUSTAVE KAHN
Les petits villages sont plus petits
de rimmensité de la plaine au soleil ;
les hommes> minuscules, passent avec des gestes,
des anecdotes forment toute leur vie,
ils sont des objets qui s'éveillent
et les objets autour d'eux sont des êtres.
Leur existence s'annule dans l'été,
leur travaux sont plus humbles que d'ordinaire,
près d'eux on peut se reposer
d'avoir trop fixé la lumière ;
selon l'heure et le jour vous vient l'émoi
d'un cheval mort, d'un livre lu, d'une grange fermée
d'un cimetière, d'une auberge, c'est assez,
et quand la majesté des campagnes s'éploie
on goûte l'ombre des petites maisons,
la sieste au soir, la fenêtre, les meubles.
A les chanter, Été ! que mon âme s'émeuve
rapetissée comme les villages petits
et permets-moi Tétape ici,
loin de Tembrasement de tes ruches et de tes meules.
Été !
voici ma vie de chaque jour balbutiée.