LES MATINÉES DE FÊTE
A Jean VioUis.
Les matinées de fêtes sont sonores
de toutes les cloches de Téglise
— ah ! la corde tirée où je me laissais pendre ! —
leur joie convie aux messes successives,
la basse aux petites chapelles et la grande
au chœur, en dalmatique brodée d'or.
L'été naissant les fait plus blondes
de sa lumière sur les habits neufs,
que revêtent les petits enfants en vacance
et des cerises que l'on cueille
monté dans l'arbre, pour le^grand repas de midi sur les nappes de lin nouvellement blanchies. On habille les premières communiantes avec soin et respect, de mains admiratives pour une coquetterie ingénument divine, ou, si c'est le jour de la Fête-Dieu, on s'empresse autour des reposoirs joyeux avec des branchages et des fleurs par bottes
— on a dévasté les jardins —
et on dispose des corbeilles de roses, de sorte
que les fillettes plongeant la main
puissent en jeter les pétales
naïvement, comme des grains aux poules, sur le chemin.
Les gamins vont voir dans la prairie
les chevaux de bois à l'orgue lamentable
qui tourneront toute Taprès-midi,
ils attendent le petit sou de la semaine
et projettent des courses folles à travers bois....
— Et c'est un souvenir unique en Tautrefois.
ouvert comme une grande porte sur la plaine.