‹ La solitude de l'été: PoèmesChapitre 19 sur 42 · LES MATINÉES DE FÊTE · texte numérisé non relu

LES MATINÉES DE FÊTE

A Jean VioUis.

Les matinées de fêtes sont sonores

de toutes les cloches de Téglise

— ah ! la corde tirée où je me laissais pendre ! —

leur joie convie aux messes successives,

la basse aux petites chapelles et la grande

au chœur, en dalmatique brodée d'or.

L'été naissant les fait plus blondes

de sa lumière sur les habits neufs,

que revêtent les petits enfants en vacance

et des cerises que l'on cueille

monté dans l'arbre, pour le^grand repas de midi sur les nappes de lin nouvellement blanchies. On habille les premières communiantes avec soin et respect, de mains admiratives pour une coquetterie ingénument divine, ou, si c'est le jour de la Fête-Dieu, on s'empresse autour des reposoirs joyeux avec des branchages et des fleurs par bottes

— on a dévasté les jardins —

et on dispose des corbeilles de roses, de sorte

que les fillettes plongeant la main

puissent en jeter les pétales

naïvement, comme des grains aux poules, sur le chemin.

Les gamins vont voir dans la prairie

les chevaux de bois à l'orgue lamentable

qui tourneront toute Taprès-midi,

ils attendent le petit sou de la semaine

et projettent des courses folles à travers bois....

— Et c'est un souvenir unique en Tautrefois.

ouvert comme une grande porte sur la plaine.

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