‹ La solitude de l'été: PoèmesChapitre 31 sur 42 · LE COURS · texte numérisé non relu

LE COURS

Les sycomores dorés des promenades,

la vieille enceinte aux murs branlants

qui, de loin en loin, s'écroulent par pans,

comme sous les antiques canonnades ;

les meurtrières où ne passent plus que des rats,

et les araignées qui tissent leur toile;

les fossés creux, vides et couverts d'herbe,

où se cachent les jeux bruyants,

là-bas, le tapis vert luisant et ras

entouré de chaînes de fer qui s'accrochent

à la pierre massive des bornes

et ne servent qu'à balancer les enfants.

Et la bonté de tout cet appareil de guerre

qui gtrde le vieux bourg inoffensif,

le retour grmve et doux des vêpres

sous rpmbre attendrie des longues allées,

le tour de ville à pas lents, un peu triste,

les arrêts sur les bancs semés.

Gomme la paix des verdures tranquilles

a noyé la rudesse belliqueuse des murs,

pour recevoir les veuves et les vieilles filles

à qui le cours est toute la nature !

Les marronniers s*étendent comme des chênes ;

ils font pleuvoir les fruits piquants et clairs

dont l'écorce fendue découvre

les durs marrons polis d'acajou rouge ;

en les lançant comme des balles

les gamins jouent au soldat,

et ce sont tous les souvenirs de combat

qui hantent le silence ombreux des promenades.

INTERMÈDE AU TILLAGE - 199

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