CHRONOLOGIE DE LA « SOMME » ET DES « SENTENCES
l'origine victorine, la solution chronologique qu'elle apporte, et la conséquence littéraire qui lui est intimement liée, ont le droit de s'imposer à l'attention : chaque pièce du dossier doit être reprise. Les chapitres qui suivent permettront au lecteur de suivre pas à pas la démonstration que donne le P. Chossat; il se trouvera en compagnie d'un guide qui connaît son terrain.
L'histoire littéraire, toujours féconde en surprises, fera-t-elle tôt ou tard découvrir un texte qui renverse à son tour cette interprétation du développement doctrinal du xii® siècle } Auronsnous un jour quelque pièce documentaire, l'affirmation datée d'un contemporain, le témoignage indubitable d'une troisième source commune, la révélation indiscrète d'un glossateur canoniste, ou les souvenirs précis d'un chroniqueur, — comme on nous en promettait récemment dans les Sentences d'Anselme de Laon, sur lesquelles toutefois le dernier mot n'est pas dit, — qui fixe irréductiblement en une autre année et dans une relation différente, l'extrait de naissance de la Somme et celui des Sentences du Lombard ? Il serait difficile de rien affirmer.
En attendant, la contribution extraordinairement précieuse, indépendamment de la question des dates et des sources, qu'apportent à l'histoire littéraire de la théologie et à l'histoire des idées doctrinales, les chapitres du P. Chossat, rend leur étude indispensable à quiconque veut éclairer les problèmes littéraires et doctrinaux que soulèvent encore aujourd'hui les principaux traités théologiques du xii® siècle.