‹ La somme des sentencesChapitre 9 sur 53 · Paris, Bibliothèque nationale, fonds latin, 2916. Léo · texte numérisé non relu

Paris, Bibliothèque nationale, fonds latin, 2916. Léo

^ Voir Paul Fournier, Qrigines du Décret de Gratien, dans la Revue d'histoire et de littérature religieuses, t. III, Paris, 1898, p. 259. Depuis, J. de Ghellinck a signalé, dans la Revue d'histoire ecclésiastique de Louvain, t. X, 1909, p. 724, la date de 1151 donnée par la Chronique de Robert de Torigny. D'après J. Pelster (Wann hat P. Lombardus die "Libri IV Sententiarum » vollendet, dans Gregorianum, t. II, 1921, p. 387-392 et 445), les Sentences n'ont pas été terminées avant 1152.

» Metalogicus, IV, 13 (PL, CXCIX, 924).

» Somme, tract. I, i (PL. CLXXVI, 43).

* De sacramentis legis (PL, CLXXVI, 35, D).

' Becker, Catalogi bibliothecarum antiqui, Bonn, 1885, p. 231.

pold Delisle décrit ainsi ce manuscrit dans l'inventaire du fonds de Cluny : « Incipit liber Sacramentorum magistri Hugonis. De fide... De la seconde moitié du xii® siècle ^. »

Ces trois manuscrits de la Somme sont, semble-t-il, les plus anciens que nous ayons. Hauréau écrivait, en 1886, que, malgré tout, Hugues de Saint- Victor est l'auteur de la Somme. Car, disait-il, * « Hugues de Saint- Victor est l'auteur désigné par le plus grand nombre de manuscrits, entre lesquels nous en pouvons citer au moins un de son temps, le numéro 2916 de la Bibliothèque nationale, provenant de Cluny. » La Bibliothèque nationale est loin; l'Inventaire du fonds de Cluny ^t^zt Delisle, n'est pas un de ces livres qu'on a constamment à portée de la main; j'ai donc cm de longues années que le plus grand nombre des manuscrits de la Somme donnaient le nom de Hugues de Saint- Victor; qu'en particulier le n. 2916 provenant de Cluny portait en toutes lettres « Hugo de Sancto Victore »; et que, sans contestation possible, il était antérieur à 1141, date de la mort du Victorin. Je sais maintenant qu'il n'en est rien.

Je n'ai pas été le seul à être induit en erreur par les puissantes affirmations d'Hauréau. Denifle lui-même n'a pas échappé à une crise inconsciente de crédulité, au moment où, d'ailleurs, il relevait d'une main plutôt lourde certaines amusantes bévues d'Hauréau *. Grabmann, malgré sa très vaste expérience des manuscrits, a partagé le sort commun. Il ne faut mettre ici en cause la bonne foi ni d'Hauréau, ni de ses dupes. Ils se croyaient sûrs de l'origine victorine de la Somme-, et par suite lisant HugOy ils ont traduit, sans même s'apercevoir du procédé : « Hugues de Saint- Victor ». C'est ce qu'on peut constater en étudiant de près Grabmann.

Qu'il y ait de grandes ressemblances entre la Somme et certains écrits de Hugues de Saint- Victor, personne ne le nie et

* Inventaire des manuscrits de la Bibliothèque Nationale, Fonds de Cluny, Paris, 1884, p. 113, n. 50; voir, p, 405, la concordance des cotes.

■ Les œuvres de Hugues de Saint-Victor, Paris, 1886, p. 72.

• Article cité de VArchivf. Literatur..., t. III, 1887, p. 634-637.

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