‹ La Somme DévastéeChapitre 8 sur 14 · D. Energie, 1908 ; Energ. Grundl. d. Kulturwiis · texte numérisé non relu

D. Energie, 1908 ; Energ. Grundl. d. Kulturwiis

gardé les hommes de dix-sept à soixante ans. S'ils demeurent longtemps au camp, ils deviendront sûrement tuberculeux'. » Le rapporteur de la Commission d'enquête, magistral prudent et réservé dans ses conclusions, honnête homme, noblement soucieux de ne constater que des faits prouvés et de ne point prononcer d'autres paroles que celles qui lui sont dictées par sa conscience, n'a pu se défendre d'une horrible pensée en voyant l'état des otages que les Allemands ont enlevés au mépris du droit des gens, et qu'après une sorte de stage affreux dans un foyer de tuberculose, ils renvoient en France afln d'y propager une contagion savamment préparée. « Pendant le cours de notre enquête, dit-il, nous n'avons cessé d'entendre la toux obsé- ' dante qui déchirait les poitrines. Nous avons vu de nombreux jeunes gens dont la gaieté semblait morte, et dont les visages émaciés et pâlis décelaient la tare physique, déjà peut-être irréparable. Aussi la pensée nous venait-elle, malgré nous, que la scientifique Allemagne, qui se targue si volontiers d'avoir toujours marché à la tète des nations dans la lutte contre la tuberculose, semble avoir appliqué son esprit de méthode à préparer dans notre pays la propagation du fléau redoutable qu'elle a si ardemment combattu chez elle. »

On ne sait pas encore au juste combien de nos infortunés compatriotes sont morts au camp de llolzminden. On y voyait « tous les jours des enterrements ». Les survivants ont parlé. Le traitement dont ces victimes se plaignent fut également infligé aux prisonniers de Gûstrow et de Parchim, dans le

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