‹ La sonate, étude de son évolution technique, historique et expressive en vue de l'interprétation et de l'auditionChapitre 16 sur 74 · LA 80NATH · texte numérisé non relu

LA 80NATH

Expansion, contraction, attraction, répulsion, dépression, élan, lassitude, angoisse, souffrances de toutes sortes, appel et prière, tous ces sentiments divers et contradictoires sont susceptibles d'être exprimés par l'altération, car tous ces sentiments proviennent du seul Désir.

La note altérée, lorsqu'elle survient en modifiant un contour habituel d'une mélodie, est forcément très expressive. On peut citer un bel exemple de ce cas dans la reprise de la phrase de l'Aria, dans Prélude, Aria et Finale de César Franck :

où le bémol du do trouble cette exposition de la calme mélodie et détermine tout l'accroissement agogique qui lagite, jusqu'au moment où la suave Coda vient conclure en planant dans la paix.

L'altération, soit mélodique (appogiature, note chromatique, etc.), soit harmonique (dissonance), soit tonale (modulation), est toujours moyen de mouvement. Le mouvement, n'étant en lui-même jamais un but, ne peut être qu'une marche vers un point quelconque où il s'arrêtera, et trouvera son repos. Le repos est caractérisé par la note réelle (mélodie), par l'accord ou consonance (harmonie), et par l'établissement de la tonalité par la cadence après la modulation.

Même dans le cas où le repos n'est pas réalisé, volontairement, par le compositeur (celui-ci détruisant d'autant plus profondément la concentration unique de l'attraction harmonique qu'il laisse en présence des notes de rapports plus lointains dans l'accord de résolution définitive)', le repos se

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