I . Haydn, Sonate en UT
récitant. La fragmentation de la ligne mélodique, sa continuation en des octaves différentes, devaient conduire forcément à la recherche de l'expression par le timbre. Nous soirmes également opposés à l'hypothèse de i'iniluence de l'écriture orchestrale sur celle du piano comme à l'induction inverse. L'orchestre n'a pas conduit à écrire le piano d'une autre manière, pas plus que le piano n'a lui-même déterminé l'évolution de l'écriture orchestrale. L'un et l'autre se sont prêté une aide mutuelle. On* oublie trop souvent qu'une ambiance générale enveloppe toute production. Une innovation en appelle une antre, c'est une tendance générale qui doit s'exercer de tous côtés. Qu'un détail nouveau apparaisse d'abord à l'orchestre et influe sur le piano, qu'à un autre moment ce soit l'opposé qui se produise, cela n'est pas douteux, mais l'ordre des facteurs n'est pas constant et l'on peut dire qu'ils marchent de pair. Quoi qu'il en soit, nous voyons très nettement sui)sister jusqu'à nos jours les conséquences de ces innovations...
Si nous ne parlons ici que de l'évolution de l'écriture des Sonates pour clavecin ou pianoforte, c'est que l'écriture des instruments à archet n'a pas sensiblement varié depuis la Sonate italienne. Ces instruments n'ont pas subi, à ce moment, les multiples avatars des instruments à clavier, ancêtres plus ou moins directs du piano actuel. L'évolution de l'écriture des œuvres pour instruments à archet tient à la nature des idées, à l'ambiance générale. D'ailleurs, dans la période que nous étudions en ce moment, les Sonates pour le piano ou ses succédanés constituent la production la plus accomplie des auteurs en question, dans le domaine spécial de la Sonate, jusques et y compris Beethoven, tandis que dans la période primitive c'était au violon qu'allaient tou es les préférences ; cette prédilection était fort justifiée par l'état quasi-rudimentaire des instruments à clavier alors en usage.