‹ La sonate, étude de son évolution technique, historique et expressive en vue de l'interprétation et de l'auditionChapitre 36 sur 74 · I. De Lenz, p. i · texte numérisé non relu

I. De Lenz, p. i

3. II n'est peut-être pas'inutile de faire observer, au point de vue de l'interprétation de celte phrase et pour des cas analogues, que dans lei passages mélodiques, avec des valeurs longues piquées, le poiat raccourcit la valeur mais n'allège pas l'attaque. La proportion de la note piquée reste d'ailleurs en rapport avec le mouvement, le caractère du morceau et la valeur de la note. Le point allongé raccourcit la note à peu près d«s trois quarts de sa valeur, le point rond, de la moitié, le point sous un tiret ou une liaison, du quart seulement.

El.

LA SONATE DE BEETHOVEN Io5

elle se retrouve dans la phrase da lied :

et forme le thème du refrain du Rondeau final :

qu'il faut élever u à une expression pathétique » .

11 faut encore remarquer la très spéciale construction du premier morceau.

Il débute par un Grave, qui, tout en servant d'introduction, se mêle étroitement à la marche du morceau. Cette idée est une antagoniste du premier thème et lutte avec lui dans le développement pour reparaître, démembrée et vaincue, à la fin du morceau. Il n'y aura plus d'exemple d'une construction semblable jusqu'aux œuvres de la dernière manière de l'auteur.

Rien de bien saillant à signaler dans les deux Sonates pour piano, op. 1^(i']q8).

Les interprètes penseront seulement à ne pas alanguir le Scherzo de celle en mi dont V Allegretto est bien plus un Allegro furioso qu'un élégant. badinage à révérence.

De la seconde Sonate, en sol, notons la pièce finale dont de Lenz dit : « Le Scherzo est un morceau de bcifle gaieté « qui n'a pas d'âge et ne saurait en prendre. Le morceau « finit comme si le poète soufflait sa lampe, w

Les Sonates, op. U9 n° i, pour piano (1799), et op. i7,pour cor (1800), sont sans intérêt.

La Sonate pour piano, op. 22 (1800), offre, dans son premier morceau, un développement dont la marche par modulations assombrissantes est dégradée avec un talent extrême. L'Adagio con molt' espressione est le seul exemple, dans les Sonates du maître, d'un mouvement lent ayant tous les éléments, développement compris, de la vraie forme Sonate. Le

charmant Rondo à quatre refrains a ses deux derniers refrains variés et une phrase concluante pour le terminer.

Mentionnons seulement les 2 Sonates pour violon, op. 32 (1800), et arrivons à la deuxième floraison du géant musicien, allant braver maintenant splendidement les tempêtes qui vont l'assaillir avec fureur.

Seconde période (transition). Sonates op. 26 à 96 inclus.

« Jusqu'alors il n'a écrit que de la musique, maintenant il « écrit de la vie. Qu'est il donc advenu pour que se produise « chez Beethoven un pareil changement? Mais simplement « ceci : au cours de la trente et unième année, les passions « qui n'avaient fait, pour ainsi dire, qu'eflleurer sa prime « jeunesse, se sont abattues sur lui et l'ont entraîné dans « leur tourbillon.

« Il a senti, il a aimé, il a souffert. Et, sans peut-être « même en avoir pleine conscience, il s'est vu, en quelque (( sorte, forcé de fixer en sa musique ses sentiments, ses u émotions, ses souffrances. Sa musique laisse, comme à « travers une surface- transparente, notre regard pénétrer « jusqu'au fond de son âme. Il nous dévoile éperdument les « trois amours dont cette âme est toute remplie en celte a seconde période de sa vie : la femme, la nature, la pairie. (( Et ces trois amours furent ce qu'ils devaient être chez un ((•aussi puissant génie, véhéments jusqu'à la passion, jus- (f qu'au délire. Que l'on ajoute, à ces élans du cœur, l'inquié- « tude causée pav les premières atteintes de l'infirmité que (( bientôt lui fermera — peut-être pour le plus grand bien de « l'art — toute communication avec ses semblables, alors « on pourra comprendre l'expansion, l'exubérance de cette <( seconde manière * . »

Telle est, en effet, la raison d'être de la « deuxième manière » du maître, tel est l'aspect qu'elle nous offre.

Aussi, dans cette exubérance, c'est un vaste remaniement qu'il lente, un renouvellement de tous les éléments. Le cadre dans lequel sa pensée, jusqu'ici presque exclusivement musicale, a pu se contenir, ne saurait lui suffire maintenant.

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