‹ La sonate, étude de son évolution technique, historique et expressive en vue de l'interprétation et de l'auditionChapitre 50 sur 74 · Camille Mauclair, Schumann., p · texte numérisé non relu

Camille Mauclair, Schumann., p

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de s'exprimer par tel moyen d'arl (musique, peinture, etc., et dans ceux-ci sonate de pieno, quatuor à cordes, fresque ou mosaïque, etc.) exactement comme n'importe qui convient de s'exprimer en français, en anglais ou en chinois, suivant ses aptitudes personnelles et les besoins de l'instant. Ceci est la seule convention nécessaire, le seul point extérieur. Une fois ce point déterminé, tout ce que dira l'artiste dans cette langue choisie sera sa pensée, à lui, pas celle d'un autre, fûtce une « épée », une « marmite », de n vieux bahuts », un « pendu )) ou des (( pas sur la neige » !

Pauvre Schumann ! qu'a-t-il fait que de dire de son mieux ce qu'il aimait, tout comme Beethoven, comme Bach et tous les vrais artistes de tous les temps ? « De l'impressionnisme M d'âme... des états d'âme musicalisés... un langage psycho- « logique... musique confidentielle... drame psychique... (( notation de paroxysmes... » Ah ! que voilà bien le langage (( de notre époque !... des mots nouveaux, rares, des tours de phrases alambiqnés pour faire croire à des idées neuves et précieuses ! C'est étonnant ce que nous aimons parler des « états » d'âme depuis que nous avons déclaré l'inexistence de celle-ci !

« Heine et Schubert n'ont pas craint de condenser extraie ordinairement l'impression et de chercher dans la brièveté « le secret d'une beauté spéciale, surprise nerveuse des « sens*. 1)

La brièveté peut, il est vrai, tirer une partie de son effet de la surprise nerveuse des sens, mais dans ce cas cette puissance serait de peu de durée, comme tout ce qui s'adresse aux sens. Dès que ceux-ci sont accoulumés à l'impression produite, quelle qu'elle soit, ils ne la subiss^ent plus, puisque pour la ressentir la^condition était qu'ils soient surpris.

Une beauté plus réelle, heureusement, est comprise souvent dans la brièveté ; c'est la concision. Or, l'essence de la beauté dans la concision est la synthèse. C'est en éliminant tous les éléments étrangers, dissidents ou simplement corollaires, que la pensée se condense, s'agglomère et s'exprime alors brièvement mais avec une puissance énorme et une

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