‹ La sonate, étude de son évolution technique, historique et expressive en vue de l'interprétation et de l'auditionChapitre 64 sur 74 · Vincent d'Indy, Cours de composition, t. Il, p. 4a · texte numérisé non relu

Vincent d'Indy, Cours de composition, t. Il, p. 4a

enjoué mais toujours de « bon ton ». Dans le 7 no, la mélodie glisse furtivement sur des harmonies qui se dérobent sans jamais se dévoiler franchement. Cette particularité est d'ailleurs fréquente dans l'œuvre de Fauré. Rien de curieux comme ce terrain harmonique mouvant où, dès qu'on semble se saisir d'une harmonie ou d'une tonalité consistantes, cela se désagrège aussitôt et se met à fuir, à se dérober, sans s'être jamais affirmé vraiment. Derrière ce perpétuel et charmant sourire, qu'y a-t-il au juste? On ne le sait jamais...

Le Finale, de forme Sonale, recommence, sous une allure plus rapide, l'incessant divertissement que dirige l'énigmatique sourire, et la Sonate s'achève, comme elle a commencé, élégamment fraîche et gracieuse.

Après l'apparition de la Sonate de Fauré, il semble qu'une interruption de quelqries années se soit produite dans ce genre de composition. Ce n'est qu'en 188G, en effet, qu'apparut la géniale Sonale de Franck, et il faut aller jusqu'à 1900, ensuite, pour trouver une œuvre (la Sonale pour piano de Paul Dukas), apportant un nouveau fleuron à la précieuse couronne.

Les Sonates de Saint-Saëns, quelque bien ouvragées qu'elles soient, n'ont rien offert de neuf, ni comme invention ni comme réalisalion. Lne seule œuvre, \si Sonate pour violon de Guillaume Le^lu (1870-189/1) a acquis une assez notable réputation. Ce semble être, précisénjcnt, du fait de sa publication à un moment où ne se prodiguait pas ce genre de compositions', que cet essai, intéressant mais non capital, dut sa vogue et l'admiration un tantinet exagérée dont elle a joui. N'a-t-on pas entendu souvent dire : u 11 y a deux belles Sonates modernes : celle de Franck et celle de Lekeu » ? H est encore heureux qu'on n'ait pas interverti l'ordre des noms I

La Sonate de Lekeu ne saurait être comparée à celle de Franck. Certes, il était louable à un jeune homme de s'essayer dans une construction de cette envergure et il faut reconnaître l'intérêt de celte tentative. Mais de là à crier au chef-d'œuvre,

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