‹ La sonate, étude de son évolution technique, historique et expressive en vue de l'interprétation et de l'auditionChapitre 69 sur 74 · UA. SUN AI K · texte numérisé non relu

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Il est très maJaisé, même impossible, de donner une idée tant soit peu claire de celte œuvre en cette sèche nomenclature. Ce qu'il faut en déduire seulement, c'est la parfaite entente du caractère cyclique de la construction. Les ennemis des œuvres « pensées » auront beau jeu pour s'amuser des combinaisons de thèmes... Ce qui fait la valeur de celte œuvre, c'est que, justement, les thèmes ne sont pas combinés... ils vivent, ce qui n'est pas du tout la même chose !

On ne peut reprocher à cette Sonate que le trop grand nombre de motifs productifs, ce qui occasionne une grande complexité d'actions dans les développements.

Mais il y a là une très remarquable croissance des thèmes, qui se font au cours de l'œuvre entière, et qui, à chaque exposition nouvelle, prouve que chaque conflit, chaque effort a agrandi et enrichi leur substance. C'est là la véritable conception cyclique, la continuation directe de l'esprit beethovénien qui créa les thèmes-personnages. Ce sont bien des êtres vivants, certes, que ces thèmes qui s'accroissent ainsi par la lutte extérieure et intérieure, tout comme les âmes humaines ! Lorsque la maturité aura fait son œuvre, simplifiant les moyens en synthétisant les éléments, on peut s'attendre à des œuvres fortes en constatant la vitalité musicale intense de cet artiste enthousiaste, réfléchi et convaincu.

Et maintenant, conviés par l'ordre que nous avons établi pour l'examen de ces quelques Sonates contemporaines, il nous faut remonter du disciple au maître et prendre en mains les deux Sonates que Vincent d'Lndy (i85i) écrivit, l'une pour violon, l'autre pour le piano'.

La Sonate pour piano et violon op. 59, en ut, date de h)o4.

Elle est bâtie sur trois motifs cycliques qui apparaissent dans le premier morceau et se développent au cours de l'œuvre entière.

Uodiri

1. Nous ne comptons point, à dessein, parmi les œuvres de Vincent d'Indy, l'essai d'une petite Sonate pour piano écrite dans sa jeunesse.

Le premier morceau est en forme de Sonate, en. voici les

éléments.

Exp. Th. A., phrase-lied dont la première période est formée par le motif principal x.

— Pont exposant les motifs t et z.

— Th. H., en LA b :

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Dév. Dont ie premier thème est le principal mofeiir.

RsEXP. et Dév. terminal aboutissant à une phrase concluante émanant du motif y, planant sur l'ondulation du dessin z et dégageant une impression de bienfaisante sérénité comme un large paysage de montagnes au soleil couchant.

Le Scherzo est en la!'. Autour du sautillant dessin propre au Scherzo, l'ondulant motif z, en période secondaire, enroule ses volutes.

Gomme Trio, au piano seul d'abord, une rêveuse mélodie en MI :

Modéré et expressif

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complétée par un rappel un peu inquiet de l'ondulation de z :

apparaissant dans une sorte de brume transparente, qui évoque quelque paysage à l'atmosphère chaude et paisible. Dans ce recueillement de l'harmonieuse nature s'élève une

voix pure et mystérieuse : c'est le violon qui chante le thènae principal \, toujours plus lumineux et bienfaisant. La danse reprend ensuite comme au début, innocemment espiègle et animée, inventant de nouveaux jeux.

Le troisième morceau de l'œuvre est un grand Lied à cinq sections, en mi. Les compartiments impairs sont faits d'une mélodie empreinte de souffrance profonde et résignée, issue du motif T.

Très Uni

Dans la première section cette mélodie est précédée et accompagnée d'un dessin accessoire :

«orte de plainte ctoufTée du piano, pendant qu'au violon s'exhale le pénétrant exposé de la souffrance intime jusqu'ici inavouée.

A cette tristesse solitaire semble compatir la nature. Tandis que, longuement, le violon soutient une dernière note,.autour d'elle s'enroulent comme de calmes nuées. C'est alors la seconde section du Lied : du paysage estompé s'élève un chant mystérieux qui parle de paix et de beauté. C'est le thème principal x qui, élargi encore :

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vient essayer de consoler l'âme souffrante. Mais à une nouvelle apparition du motif z :

LA SONATE MODBRNE

ia pensée obsédante revient, faisant enchaîner au troisième compartiment, réexposant (en canon à la tierce in/., en la) ie thème de l'Andante, dans la force.

De nouveau, le paysage oppose sa douce harmonie à l'inquiétude de l'âme et murmure, avec une tendresse plus pénétrante encore, le mystérieux chant de paix et de beauté qui, suavement, s'exhale de la campagne :

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Fatidique, le dessin y arrête de nouveau l'apaisante harmonie et le cinquième compartiment ramène, plus douloureux -encore, le thème de l'Andante.

Tandis que, solitaire, il redit sa peine profonde, le thème principal l'oblige doucement à se laisser pénétrer par l'espérance et c'est en cette union des deux motifs que se termine le Lied :

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Piano

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Le vigoureux Finale est bâti dans une forme qui tient à la fois du Rondeau et de la Sonate ; en voici le plan :

Exp. Th. A. Rejrain, deux fois exposé, la première fois au violon, la seconde au piano, et unissant tous 'es éléments générateurs en une commune action :

Tré.t animé

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I. 11 faut remarquer ici la transformation tonale de ce thème qui, en «econde section, était en ut majeur et est ici, sans changer ses notes, une émanation de l'harmonie de sol.

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