‹ La Sonde Vésicale À DemeureChapitre 15 sur 56 · METRE · texte numérisé non relu

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pient (1) et la sonde plonge toujours dans un liquide antiseptique, ce qui empêche l'infection de la vessie par voie ascendante.

Le deuxième avantage de cet urinal est l'effacement de l'angle péno-scrotal: ceci à une importance sérieuse lorsque la sonde doit être gardée un certain temps. En effet, si dans ce cas on ne soutient pas la sonde, elle se trouve appuyée contre la saillie formée par la paroi inférieure de l'urètre au niveau de l'angle indiqué. ce qui provoque des phénomènes d'irritation qui peuvent être même le point de départ de sphacèle.

Le D' Escat (2) (de Marseille) a fait construire un nouvel urinal dont il a moulé la forme géné-

rale sur le cadavre. Il

se compose d'un vase GENTILE , en verre de forme allon-

RE — gée, portant à une cer-

RL DU taine distance d'une de

ses extrémités, un gou-

lot également en verre qui soutient la sonde et sa rallonge. Sa base, large, lui assure une grande stabilité et sa capacité, qui est d'environ 1 800 grammes, permet d'éviter l'issue de l'urine au dehors. Enfin, ses faibles dimensions transversales, n'obligent pas le malade à avoir cons-

lamment les jambes écartées et le font très facilement

(1) Le grand récipient peut avantageusement contenir une ou deux pastilles, dans le cas où, par des mouvements intempestifs, le malade viendrait à y faire passer la sonde.

(2) Cômmunication du Dr Escat,

et — supporter. On a soin, bien entendu, de placer dans l'appareil une ou plusieurs pastilles au sublimé afin d'assurer l’asepsie du liquide dans lequel doit plonger l'extrémité de la rallonge.

3° Éavages vésicaux. — Il est nécessaire de faire dans les vessies infectées des lavages antiseptiques. Les liquides employés sont: 1° la solution boriquée à 40/1000 et la solution de nitrate d'argent à 1/1000 et même à 1/000. Ces lavages sont répétés un plus ou moins grand nombre de fois dans la journée. Cela tient uniquement au degré d'infection et à la réaction physiologique de la vessie.

Je profite d’ailleurs de ce que je parle ici des lavages vésicaux pour dire en passant que sonde à demeure ne veut pas toujours dire vessie vide et qu'il peut être nécessaire, bien qu'en laissant une sonde, de garder du liquide dans la vessie.

Chez les prostatiques à la troisième période avec distension, 1l est inutile et même dangereux de faire l’évacuation complète de la vessie.

Cette évacuation provoque de la douleur, une congestion de l'organe et peut amener des hémorragies. On aura soin dans ces cas, de laisser couler doucement l'urine, en remplaçant la quantité écoulée par une quanlité presque égale d’eau boriquée, pour permettre à la ‘ vessie de se vider extrêmement doucement. Le liquide qu'on y laisse est propre et a une influence heureuse sur l'infection possible des reins.

4° Changement de la sonde. — Il ne faut pas laisser trop longtemps une même sonde à demeure: 1l ést né-

cessaire de la remplacer par une autre qui aura été SOI-

SRE

gneusement aseptisée. Ce changement, outre qu'il assure la propreté des instruments qui drainent la vessie, permet d'entretenir aussi la propreté de l’urètre et d'éviter l'infection possible.

La présence de la sonde dans le canal provoque toujours en effet une irritation qu'il est bon de maintenir dans une certaine limite par des lavages antiseptiques à l'eau boriquée par exemple; *ét,cest"en: grande partie, celte irritation de l'urètre qui détermine le moment où l’on doit changer la sonde.

IL est donc toujours utile de laver l'urètre; on doit en particulier assurer un nettoyage soigneux du +méat avant de placer une nouvelle sonde.

Enfin dans le cas particulier d’un urètre rétréci, 1l faut profiter des modifications que lui à fait subir la première sonde à demeure pour la remplacer par une autre d’un numéro supérieur qui permettra à la vessie de se vider plus facilement. Cependant il ne faut pas aller trop vite, mais maintenir toujours un numéro de sonde inférieur à celui que l'on pourrait placer. La sonde à demeure n’agit pas par dilatation ; elle a seulement une action de présence.

C'est au chirurgien qu'il appartient de voir quand il faut changer la sonde, mais d'une façon générale on peut dire qu'une sonde à demeure doit être remplacée normalement toutes les quarante-huit heures. Il est bien entendu qu'en ce qui concerne la mise en place, la mise au point et le pansement, on procède toujours comme il à été dit précédemment (1).

(1) Voir p. 19, 27, 86.

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Inconvénients de la sonde à demeure.

Action sur l’urètre. — La présence dans le canal d’une sonde à demeure détermine de l’urétrite. Cette urétrite n’est en rien comparable à celle de la blennorragie, car elle disparaît aussitôt que l’on enlève la cause de l'irritation. Il faut nécessairement tenir compte de ce que cette action irritative met le canal en état d’infériorité, quant à sa résistance à l'infection.

L'irnitation, au lieu de se limiter aux parois superficielles de l'urètre, peut envahir les couches profondes et donner lieu à de la péri-urétrite. Les abcès péri-urétraux ont un siège de prédilection à l'angle péno-scrotal. J’ai dit que la sonde tend à redresser cet angle et qu’elle exerce une pression sur la paroi inférieure de l’urètre à ce niveau, pression qui peut amener du sphacèle.

Il faut bien dire que ces complications urétrales n'arrivent que si on n'a pas su prendre des précautions nécessaires soit dans le choix de la sonde (forme et calibre). soit dans ses changements successifs, soit dans sa mise au point ou dans les soins consécutifs.

Action sur la vessie et sur les reins. — La sonde par sa seule présence peut aussi déterminer une irritation vésicale assez intense, par suite de la pression exercée par elle sur la paroi de la vessie. Or ceci n'arrive pas avec une sonde bien placée, mais seulement avec une sonde trop enfoncée. Quant à l'infection, elle peut se propager par deux voies différentes, soit par le canal de la sonde,

ou par l’espace compris entre les parois urétrales et celles

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de l'instrument. Même si la sonde est bien mise et fonclionne bien, la vessie peut être infectée par elle. Des expériences ont même démontré que c'est surtout par la sonde que se fait cette contamination, lorsque l'écoulement a heu goutte à goutte Ge

Mais on peut facilement remédier à cet inconvénient en lavant la vessie, en se servant d'un bon urimal et en nettoyant fréquemment l'urètre.

Il existe enfin un autre ennui que je vais signaler, c’est la nécessité dans laquelle elle met le malade de rester couché sur le dos. Ce décubitus est quelquefois mal supporté dans les premiers temps, presque toujours l’accoutumance se fait très rapidement. On peut d'ailleurs, s'il n'y a pas d'indications spéciales, employer l'appareil d'Escat et permettre la déambulation.

En somme, toutes ces complications de la sonde à demeure sont loin d'être aussi grandes qu'on a voulu le dire. On pourrait même avancer qu'elles ne sont dues la plupart du temps qu'au chirurgien, qui n'aura pas pris toutes les précautions voulues, qui aura mis une sonde trop grosse, qui l'aura mal placée, mal surveillée, ou qui n'aura pas pris par la suite tous les soins de propreté nécessaires. Îl ne faut pas mettre sur le compte d’un mode de traitement ce qui ne tient souvent qu'à celui qui ne

sait pas s’en servir.

QG) Mexxereuz, in Guyon, leçons cliniques, t. II, p. 370.

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