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III. — Action sur la vessie et sur les reins

L'action de la sonde à demeure sur la vessie et sur les reins, s'exerce dans différentes conditions qu'il faudrait passer successivement en revue pour arriver à faire un travail complet. Mais, en agissant ainsi, on s'expose à des redites nombreuses, aussi vais-je considérer l’ensemble de quelques-uns de ces cas.

Réunissant dans un même groupe la congestion et les hémorragies, puis dans un autre les rélentions quelle que soit leur nature.

a) J'ai indiqué précédemment le rôle incontestable de la sonde à demeure sur la congestion de la prostate. Il suffirait donc de penser à ce fait en même temps qu'aux rapports intimes de la circulation vesico-prostatique et en particulier de la circulation veineuse pour considérer, comme une chose démontrée, l'heureuse influence de la sonde contre la congestion proprement dite. Mais d'autre part le drainage de la vessie empêche la rétention, c’està-dire la cause ultérieure la plus sûre de la congestion. Donc, de toutes façons elle a pour cela même une incontestable utilité.

Et quand je parle de congestion, Je ne m occupe pas seulement des cas sans importance et même des cas plus graves mais aussi de ceux où il existe des épanchements sanguins et parfois de véritables hémorragies. On pourrait même dire que le seul traitement de l'hémorragie

vésicale congestive est le drainage, et parmi les drainages

ee vésicaux le plus simple et le plus pratique, c'est la sonde

à demeure.

Voici quelques observations très nettes où l’hémor-

ragie disparut bientôt par l'emploi de ce traitement.

Observation VIII

Le nommé R.., âgé de 57 ans, entre dans le service de M. le Prof. Guyon, salle Velpeau, n° 9, le 6 septembre 1898 pour hématurie.

La maladie date d'un an environ. A celte époque, le malade remarqua un matin en urinant que les dernières gouttes émises étaient fortement teintées de sang.

Avant cette époque il n'avait jamais rien éprouvé du côté des organes urinaires, et son hématurie se fit sans aucune douleur. Le même phénomène se reproduit pendant 3 mois consécutifs. Le malade entra à l'hôpital et l'hémorragie cessa brusquement, il se crut guéri et partit.

L'hématurie persista, quelquefois seulement à la fin des mictions. Les dernières gouttes seulement étaient teintées de sang, d'autres fois, elle était totale. Les fatigues, ou la voiture n'avaient aucune action sur ces écoulements de sang. Le travail pénible auquel se livrait le malade ne fut pas interrompu et ne parut jamais avoir aucune influence sur l'hémorragie. De même le repos ne la modifie pas. Pendant cette période les mictions étaient fréquentes (3 on 4 fois par heure) mais pas douloureuses.

Apres la cessation de cette première hématurie, tout rentre dans l'ordre pendant un an, Le malade n'a pas de gêne ni de fréquentes envies d’uriner.

Au mois de juin dernier, les hématuries reparaissent, mais elles changent de caractères, elles deviennent initiales. Les dernières gouttes sont absolument claires. Les besoins d'uriner ne se font pas sentir très souvent pendant un mois, mais peu à peu ils deviennent très fréquents (10 à 12 fois par heure). La miction

n est pas douloureuse, sauf un léger picotement au méat. Depuis que la fréquence est devenue aussi grande, les urines sont constamment et uniformément sanglantes. L'urine du bocal est de teinte foncée et sans dépôt. Il y en 1 200 à 1 500 grammes par jour.

L'examen de la vessie est impossible. Il existe au niveau de la portion prostatique, un rétrécissement très serré, friablé, saignant au moindre contact ef n'admettant pas la plus petite boule exploratrice.

Le malade affirme n'avoir jamais eu de blennorragie. Il est impossible de passer une bougie filiforme.

Le toucher rectal montre une prostate un peu volumineuse, nettement limitée de tous côtés, lisse, réguliérement dure, sans noyaux.

Les vésicules des deux côtés se prolongent comme deux cornes. La vésicule du côté droit est indurée et renferme des noyaux de la grosseur d’un pois.

10 seplembre. — À jours après l'examen précédent, il est encore impossible d'explorer la vessie.

On ne sent pas les reins.

12 seplembre. — M. Albarran introduit une bougie filiforme qu'on laisse à demeure pendant 5 jours.

16 septembre. — On commence la dilatation. On met à demeure une sonde bougie n° 12, puis une sonde béquille n° 18.

25 seplembre. — On arrive à mettre à demeure une sonde béquille n° 21.

Les hématuries ont cessé.

29 septembre. — Le malade sort sur sa demande.

Observation IX

Le nommé S... Jean, âgé de 69 ans, est entré dans le service de M. le Prof. Guyon, le 20 février 1899, salle Velpeau, n° 27.

Pas de blennorragie antérieure.

Le malade n'avait jamais souffert des reins ni de la vessie,

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