Le malade a encore la sonde à demeure. L'état gé
® néral est bon.
Toucher rectal. |
A gauche sur le bas-fond vésical grosse plaque de péricystite franchissant la ligne médiane, dont on ne dépasse pas la limite supérieure, légèrement douloureuse à la pression.
Prostate grosse, irrégulière. Le lobe gauche se confond dans la partie supérieure avec la plaque de péricystite. à
Le malade garde la sonde à demeure jusqu’au 4 janvier. On la retire ce jour-là sans provoquer d'accidents de température.
8 janvier. — Examen de M. le Prof. Guyon.
Prostate molle, très diminuée de volume. Péricystite peu marquée. On sent une plaque sur la partie gauche au bas-fond de la vessié, plaque molle, dépressible, large comme une pièce de 1 franc.
A droite la vessie est normalement souple.
12. — Le rein droit et le rein gauche sont sentis par ballottement. - 22. — La vessie est dure, ferme, pas sensible, sans irrégula-
rités, plutôt roide qu'épaissie.
Tailles. — Quand on se dispose à pratiquer une taille vésicale il arrive très souvent qu on place au malade une sonde à demeure, Si on en a le temps c’est toujours préférable car la sonde prépare en quelque sorte la vessie à l'opérauon. J'ai insisté suffisamment-dans les chapitres précédents sur le rôle et le mode d'action de la sonde à demeure au cours des infections vésicales ou des hémorragies d’origine vésico-prostatique pour n'avoir pas besoin d'y revenir maintenant (voir pages 51, 68).
La sonde préparant la vessie facilite la tâche de l'opérateur en même temps qu'elle prévient les accidents et diminue la gravité de l’opération. Quoique n'étant pas
absolument nécessaire elle se trouve donc malgré tout
très souvent le préliminaire naturel et en quelque sorte le premier temps de la taille vésicale.
Par contre après l'opération l'emploi de la sonde à demeure n'est pas seulement recommandable : il estabsolument nécessaire, indispensable. Son rôle à ce moment peut être divisé en 3 chapitres : rôle contre les hémorragies, contre la douleur, et rôle dans la cicatrisation de la plaie vésicale.
Il est de règle qu'après la taille l'urine reste sanguinolente pendant un, deux ou trois jours. Le saignement sous l'influence de la congestion plus particulièrement peut être plus abondant et devenir par lui-même une complication en se transformant en hémorragie véritable. Étant donné que les vaisseaux de volume moyen ont tous été pincés et liés successivement au cours de l'opération le sang qui arrive ensuite dans la vessie ne peut être fourni que par de petites branches vasculaires sans importance. Mais qu'une cause augmente la tension ou dilate les vaisseaux et le saignement s'accentue. La cause la plus ordinaire de la congestion vésicale est la rétention, rétention d'autant plus facile à observer que de petits caillots s’opposent plus ou moins à l'écoulement libre de l’urme par le canal. Congestion, rétention, hémorragie, sont les trois termes de la période post-opératoire si on ne prévient pas directement tout accident, par le placement d'une sonde large, bien au point.
En même temps que la rétention est évitée les douleurs qui sont ordinairement sous sa dépendance diminuent£ ou s’effacent complètement, car la sonde à demeure diminue la douleur vésicale lorsqu'elle existe et la prévient
quand elle n’a pas encore apparu.
Il reste cependant à dire un mot du rôle particulièrement utile du drainage urétro-vésical après la taille suivie de la fermeture de la paroi vésicale. Ce drainage fait avec une sonde placée suivant les règles précises met la vessie dans un repos complet. Il n'y a plus de contractions, il n’y a plus de changement de volume, les parois sont 1mmobiles, la pression intra-vésicale n'existe pas, et la conséquence directe est que les bords de la plaie restent en regard, en contact parfait, absolument dans la situation où les a fixés l’opérateur. La cicatrisation peut donc se faire facilement et rapidement, et complètement. La sonde à demeure prévient donc la formation des fistules. Si par hasard quelque trajet s'était formé ou se formait après son ablation il suflirait d'y avoir recours à nouveau pendant quelque temps pour voir se fermer spontanément le trajet fistuleux, et obtenir une cicatrice continue et solide.
Je ne peux donc ici tracer de règle sur les hmites dans lesquelles on doit garder la sonde, c’est une affaire de tact chirurgical et cela dépend absolument de l’état des parois vésicales et de l’état général de l’opéré.
Observation XLIII
Le nommé R.., Samuel, 24 ans, entre dans le service de M. le Prof. Guyon le 18 avril 1896, salle Velpeau, lit n° 10.
Jamais de blennorragie. Aucune autre maladie antérieure.
En 1893, ce malade a eu, en se levant, une hématurie totale survenue sans cause appréciable, sans douleur, ayant duré un jour. Dans l'espace de 3 ans le malade à éprouvé 6 ou 7 fois les mêmes accidents et dans les mêmes conditions. Une seule fois,
l'hématurie est venue à la suite d'une marche. Le 20 mars 1896,
AT30e
le malade a eu une hématurie qui a duré 2 jours et était accompagnée de douleurs légères dans l’urètre. Il pisse des caillots.
Examen. — Canal, o.
Vessie, peu sensible, hématurie terminale,
Prostate, un peu grosse, mais souple. Épaississement à droite. Endoscopie vésicale, par M. le D' Janet le 16 avril 1896.
Tumeur villeuse implantée sur la paroi latérale droite de la vessie. Le malade étant couché sur le dos, cette tumeur est disposée dans le plan vertical qui passe par les uretères. Son extrémité inférieure n'atteint pas l'uretère droit. Son extrémité supérieure remonte jusqu au tiers supérieur de la paroi latérale droite de la vessie. Elle est plus longue que large, à peu près 3 centimètres de haut sur r de large. Son pédicule semble être court et plat, allongé dans le sens de la tumeur et un peu moins long qu'elle. La tumeur est peu mobile ; paroi vésicale saine.
24 avril. — Toucher rectal. Prostate. Les 2 lobes sont sentis un peu épais, le droit plus épais et plus consistant.
La palpation de la vessie est négative.
29 avril. — Taille hypogastrique. Ablation de la tumeur au thermocautère entre deux pinces. Suture de la paroi vésicale.
Le soir à b heures hémorragie assez abondante.
Température, 37°,4.
30 avril. — Ouverture du pansement. L'hémorragie vient de la vessie. -On enleve la sonde de de Pezzer qui était bouchée.
Température, 38°.
On met une sonde béquille et on fait l'aspiration des caillots.
Température, 399,4.
1 mai. — On refait le pansement. Il n'y a pas de tuméfac- - tion.
. 3 mai. — On enlève le drain.
7 mai. — La température est normale à 37°. On enlève la sonde.
25 mai. — Le malade sort.
LancLois. 9
Observation XLIV
Le nommé L..., Antoine, âgé de 57 ans, entre dans le service de M. le Prof. Guyon, salle Velpeau, lit n° 5.
Une seule blennorragie à 17 ans. Fluxion de poitrine en 1875.
Il y a ro jours, hématurie survenue à la fin d'une journée de travail assez fatigante. L'hématurie dure pendant toute la miction mais est plus accentuée à la fin de la miction. Fréquemment expulsion de caillots à la fin de la miction. L'hématurie a duré jusqu'à son entrée à Necker. Pendant 4 jours seulement, les urines étaient à peine rosées. L’hématurie ne semble pas influencée par la fatigue. Fréquence des mictions pas augmentée. Cependant le malade se lève quelquefois la nuit.
Mictions ni douloureuses ni pémibles.
Urine rouge foncé.
Urètre, o. ù
Vessie, résidu 20 gr. Sensible à la distension. Cap. 280 gr.
Prostate, o.
Reins, droit gros et mobile, gauche, o.
16 mars. — M. le Prof. Guyon examine le malade.
Explorateur n° 18 arrêté au périnée, mais pas de sensation d’anneaux dans l’urètre antérieur. :
Une sonde molle ne passe pas. Explorateur métallique n° 3 ne passe pas. Introduction des beniqués 36 et 47 avec conducteur (spasme). £
17 mars. — Endoscopie par M. le D' Janet,
Canal libre, vessie pas infectée, tolérant 150 grammes de liquide.
Paroi vésicale saine à légères colonnes. :
Tumeur vésicale flottante, ronde, villeuse, du volume d'une noix.
20 mars. — Examen par M. le Prof. Guyon.
Rein. À la palpation se sent au-dessous des fausses côtes, mais quand on met le coussin il se réduit spontanément.
Urines claires.
Toucher simple. Prostate, mince et souple. Vessie souple sans bosselures, un peu plus résistante à droite.
Toucher combiné. Vessie à droite, épaississement de la paroi. La vessie se sent à un travers de doigt au-dessus du pubis.