‹ La sorcellerie ancienne et moderne expliquée, ou, Cours complet de prestidigitationChapitre 48 sur 64 · TOÜR AVEC DES PIÈCES DE MONNAIE · texte numérisé non relu

TOÜR AVEC DES PIÈCES DE MONNAIE

On reprend la pièce de deux francs et on recommence de compter, mais cette fois au mot trois , on laisse tomber le sou caché entre l'index et le pouce, en retenant en môme temps la pièce d'argent entre les phalanges des doigts.

De la main où est restée la pièce d’argent, on prend alors le sou que l'on avait laissé sur la table, et feignant de le mettre dans l'autre main , on y laisse tomber la pièce de deux francs.

Dans cet état de choses, la personne avec laquelle on fait le tour, croit bien avoir la pièce de deux francs : tous les assistants le croient de même et pensent également que le physicien ne tient que le sou. On approche sa main fermée de la main aussi fermée de la personne qui croit avoir la pièce d'argent, et on dit : « Qu'en vertu d'une puissance magique que l'on possède, on ordonne aux deux pièces de changer de main. » On ouvre sa main et on fait voir la pièce de deux francs ; la personne qui croyait la tenir, s’aperçoit avec surprise qu’elle n’a plus que le sou.

Le physicien termine en disant en manière de confidence iDtime: «Quand je suis en voyage et que je manque d’argent, je m'en procure ainsi; c’est-à-dire que, par l’admirable vertu dont vous veuez de voir un échantillon, je soutire delà bourse de mes compagnons tout l’or qu’elle renferme et daus laquelle ils ne trouventplusqu’autant de pièces de cuivre qu’il y én avait d’or, et je vous assure que je trouve cela trcscommode.

Nota. On a sans doute compris qu’il est doublement nécessaire de faire deux fois le geste de mettre la pièce de deux francs dans la main de la personne à laquelle on s’est adressé. D'abord on met réellement cette pièce la première fois, afin que la personne qui la voit n’ait aucun soupçon que l'on veut la tromper. Ensuite, en lui recommandant la seconde fois de fermer la main plus vivement, on lui ôte par cela tout moyen d’entrevoir le sou, ce qui pourrait avoir lieu sans cette précaution.

SUPPLÉMENT

SECTrON IV.

- La carte funambule , ou peu s’en faut.

Il y a plusieurs tours dans lesquels il est nécessaire de mettre en évidence sur la table, une seule carte, afin qu’elle soit sous les yeux des yeux dès assistants : dans ce cas, en pose cette carte tout simplement sur la table. Mais pour faire de cette circonstance accidentelle un véritable tour qui ne laisse pas de surprendre, au lieu de mettre soi- môme sur 4a table cette carte connue, vous invitez une personne à vous rendre ce petit service. Naturellement cette personne s>y prête volontiers, elle prend la carte et la pose tout bonnement sur la table; mais vous lui faites obseiver qu’étant couchée, tous les spectateurs ne peuvent pas la voiretqu’ainsi vous la priez de mettre cette carte dans une position convenable, c’est-à-dire sur ses pieds. Cette personne veut bien essayer, tâtonne un moment, mais renonce à la partie, sentant bien qu’elle ne parviendra jamais à réussir. Alors vous lui dites : a Monsieur, je vous conseille de faire un coursde pondération pour vous rendre plus familier avec l’équilibre des corps. » Vous' prenez la carte, vous la posez sur la tranche du bas et elle se tient debout sans qu’il y ait de votre part le moindre tâtonnement. Vous la reprenez pour la rendre à la personne en la priant de la bien visiter, ainsi que la table, pour qu’elle s’assure qu’il n’y a point de supercheriedans votre fait, ni aucune disposition secrète. Vous remettez cette carte, toujours debout sur la table et la laissez le temps nécessaire pour le besoin du tour que vous aviez l’intention d’exécuter.

Ce petit intermède de tour occasionne beaucoup de gaîté dans l’assemblée qui rit de bon cœur en voyant cette carte se tenir debout toute seul.

Maintenant, voici le moyen que l’on emploie pour exécuter cette magique récréation.

Page 1