LA CARTE FUNAMBULE
Dans une feuille de ce cuivre très-mince qui sert pour graver à jour des lettres, des chiffres ou des vignettes, on coupe une petite bande longue d’environ 3 centimètres et demi et large d’un peu plus d’un centimètre. On plie cette petite bande en équerre, comme on en voit la figure de profil. On donne un centimètre et demi seulement à un de ses côtés, ce sera le côté b.
Sur la surface a, on y étendra un peu de cire à sceller. Au moment de l’action, on a dans sa main gauche cette petite pièce, on prehd la carte de la main droite et la transportant dans la main a gauche, on y colle derrière la partie a la petite équerre, de façon à ce que la surface b soit à fleur du bas de la carte. Ce mouvement des mains se fait en un clin-d’œil, et comme il est très-nab turel, il est absolument inaperçu.
On pose la carte droite sur la table. Il est facile de comprendre que, maintenue par la partie b qui pose à plat sur la table, et fixée par la cire sur la surface a, cette carte ainsi étançonnée doive se tenir debout aisément. Il est peut-être superflu de dire que quand vous reprenez la carte pour la remettre à quelqu’un pour un motif quelconque, cette carte se détache facilement de la petite équerre, cette dernière vous reste dans la main toujours prête à remplir, s’il y a lieu, les mêmes fonctions auxquelles elle est destinée. La carte n’est point tachée par la cire qui se maintient toujours adhérente à la surface de l’équerre après laquelle vous l’avez appliquée.
J’ai pensé que par la dissemblance des circonstances, on pourrait, au moyen de ces petites équerres, faire un tour qui aurait bien quelque analogie avec la danse des pantins, mais qui en différerait par la manière dont il serait présenté, et qui par cette nouveauté le rendrait plus piquant. On disposerait un fil très-fin de soie noire, comme cela est expliqué chapitre 3, section 16, page 368. Ce fil est invisible aux yeux mèm'e des plus clair-voyants. On le place assez éloigné du devant de la table, afin que la personne qui vient au- Sorcellerie expliquée. 38
442 SUPPLÉMENT
près pour essayer de faire tenir la carte debout, ne risque pas de le toucher.
Pour ce tour, il faudra que. l'équerre dont on se servira^ soit plié en crochet au bout supérieur de la surface a (Voyez la figure 2), et que cette surface ou grand côté soit plus élevée qu’aux petites équerres décrites précédemment, afin que la carte suspendue au crochet ne vacille pas. Ces dispositions étant faites, après avoir plusieurs fois posé la carte fig. 2. debout sur le bord de la table et l’avoir reprise . chaque fois pour la faire visiter, on annonce que
J cette carte (qui doit être une dame) est tellement
/ solide sur ses jambes, que pour peu que la com- / pagnie le désire, elle pourra danser une polka,
si l’une de ces dames veut avoir la complaisance de chanter. On trouve aisément une personne qui accepte ; alors on pose sur le fil tendu le crochet a qui est derrière la carte, et le compère fait l’office de maître de danse en marquant de son mieux la mesure du chant. Après cet exercice chorégraphique qui ne doit durer qu’un moment, on reprend la carte, que l’on offre encore pour la faire - 1 visiter de nouveau en retenant l’équerre dans sa
b main.
Il serait bon de disposer le fil de façon à ce que le compère invisible puisse le retirer tout aussitôt que le tour serait terminé : en ce cas, on pourrait inviter les spectateurs de venir examiner la table pour s’assurer qtfil n’y avait point 4e préparation.
(,11 y a tant de moyens faciles pour faire cet arrangement, qu'il serait oiseux d’entrer en explication sur ce sujet j il faut bien du reste abandonner quelque chose à l'intelligence du lecteur.
TOCR DE CARTES.
SECTION V
Deviner toujours d'avance lequel de deux paquets de cartes on choisira, ou de deux quantités différentes de pièces de monnaie.
Je m’étais réservé ce petit tour, non-seulement parce qu’il est peu connu, mais encore parce que, indépendamment de son propre agrément, il peut de plus servir à faire valoir et à embellir plusieurs autres tours.
On a quelquefois vu des personnes qui, en s’amusant et voulant se poser en prestidigitateur, faisaient usage d’une petite jonglerie qui n'est basée que sur une équivoque. Voici en quoi elle consiste : On propose de mettre deux petits paquets de cartes sur une table. On fait observer qu’ils sont inégaux, que dans l’un il y a quatre cartes et dans l’autre sept. On annonce que l’on va prédire lequel des deux paquets on choisira, que l’on va l’écrire d’avance, et donner le papier plié à une personne. On effectue cette convention, la compagnie indique l’un des paquets; on ouvre le billet et on y lit : On choisira le tas des sept. Si l'on a indiqué le paquet où il y a sept cartes, on en reste là, le tour est fait et on le trouve admirable. Si l’on a indiqué le paquet où il y a quatre cartes, le devin a de même tenu parole, car en relevant les quatre cartes, il fait voir que ce sont les quatre sept du jeu. Le tour dont je vais parler est plus sérieux que celui-là : il a aussi pour but de produire le même effet que le précédent, mais en conscience, sans équivoque ; et ma foi, je puis le dire, je vous le donne pour de la prestidigitation pur sang : au reste, vous en serez bientôt convaincu, car je vais vous l’expliquer :
Après avoir proposé à l’assemblée de deviner d’avance lequel de deux paquets de cartes on va choisir, vous faite*, deux petits tas que vous placez sur une table un peu éloignée des spectateurs. Ces deux tas seront posés à une certaine
SUPPLÉMENT
distance Fun de Fautre. Vous aurez soin de bien ajuster les cartes qui forment les paquets. Vous ferez vos deux tas chacun de sept cartes. Ces cartes étant bien égalisées, on ne peut pas juger de l’épaisseur des paquets. Vous dites aux spectateurs que les tas sont inégaux en nombre ; que dans Fun il y a dix cartes et dans Fautre sept. Vous écrirez d’avance le nombre que l’on va choisir, vous confierez le billet plié à quelqu’un. Je suppose que vous ayez écrit sur le billet que l’on désignera, le tas des dix, vous allez chercher le tas indiqué ayant trois cartes cachées dans la main, et en prenant ce tas vpus y ajoutez les trois cartes; vous comptez et on trouve les dix cartes annoncées. Si vous avez écrit sur le billet, que l’on indiquera le tas où il n’y a que sept cartes, vous allez prendre un des paquets en y ajoutant vos trois cartes cachées, et vous comptez dix cartes dans celui-là que l’on n’a pas choisi. Vous faites voir que le tas désigné ne contient que sept cartes, tel que vous l’aviez prédit.
J’ai remarqué que par lui-même, ce tour fait beaucoup d’effet, mais l’on comprendra qu’étant employé comme auxiliaire, il peut être d’un grand avantage pour certains tours, tels que l’automate magicien, la pièce qui répond aux questions, la montre qui indique d’avance par l'heure, le nombre de points qu’il y aura sur une carte que l’on doit tirer, le nombre de points que deux amèneront, le nombre de pièces que l’on a dans la main, etc.
On peut faire avec des jetons ou d’autres pièces, ce que l’on fait avec des cartes ; seulement, il faudrait enfermer ces pièces dans des petites boites simples, parce qu’à découvert* les spectateurs jugeraient plus facilement de la quantité des pièces qu’il y aurait sur la table, à cause de l’épaisseur qui présente une différence de volume plus sensible.
Si donc ou veut se servir de pièces de monnaie au lieu de cartes, on en tiendra trois cachées dans le creux de la main, et en ouvrant la botte, on verse dans cette même main les sept pièces qui s’y trouvent; alors on peut en compter dix en procédant comme avec les cartes.
TOCH DE CARTES.
SECTION VI
Faire "prendre une carte non forcée , la faire mêler dans le jeu, prendre ce jeu, le partager vivement sur la table en petits paquets détachés au hasard, et faire que la carte prise et mêlée se trouve la première du tas qui se formera au moment même où Von prononcera à volonté le mot halte.
J’ai vu faire ce tour par un jeune prestidigitateur ; il y a peu de temps, il m'a dit l'avoir imaginé lui-même. Comme il m’a paru y tenir beaucoup, je présume que ce tour n’est point connu. C'est ce qui m’engage à, en faire part au lecteur.
J’ai trouvé ce tour très-surprenant et le moyen fort simple. Il consiste dans une carte plus large ou plus longue que les autres cartes du jeu. En terme de prestidigitation, cette carte se nomme clef. m
On fait tirer une carte à volonté,- on coupe le jeu à l’endroit de la clef qui se sent aisément. On fait placer la carte tirée sur celui des deux paquets qui n’a pas été enlevé. On réunit les deux parties séparées, et la carte prise se trouve dans le jeu immédiatement sous la clef.
On fait mêler ou on mêle soi-même, et il est à remarquer que ce mélange ne sépare presque jamais la carte prise de la clef.
Si par le tact on sent que cette clef est fort avant sous le jeu, on prend beaucoup de cartes de dessus que l’on passe dessous, afin que la clef se trouve fort près du dessus du jeu. Sans cette précaution, on n’aurait point assez de cartes pour former-plusieurs paquets sans arriver à la clef, laquelle il faut toujours maintenir du pouce et de l’index en tenant le jeu par ses deux côtés si la clef est large, et par les deux bouts si la clef est longue.
Si l’on ne voulait qu’une clef dans un jeu, il est plus com-
SOFPLÉMENT.
mode de la prendre large, mais souvent on en met deux, une large et une longue; on augmente par cela ses moyens de varier les tours.
Supposons ici que c’est une carte large qui vous sert :
Après avoir proposé votre tour, et avoir annoncé que la carte prise et mêlée se trouverait incontinent sur le paquet jeté au moment où l’on prononcerait spontanément le mot halte ; vous prenez le jeu par les deux côtés, en pinçant toujours la clef, mais en maintenant des doigts les cartes qui sont dessous. Vous laissez tomber ces dernières par petites parties en en faisant assez vivement une rangée sur la table. A l’instant même où vous entendez le mot : halte, vous lâchez toutes les cartes qui restent sous la clef. On lève sur ce dernier tas la première carte, que l’on reconnaît pour celle qui a été prise et mêlée. L’invention de ce tour, bien que fort simple, n’en est pas moins ingénieuse.
Si l’on craint de courir la chance de voir la carte tirée se séparer de la clef dans le mélange, ce qui ferait manquer le tour, on pourfa faire tirer forcément la clef elle-même; alors on pourra la laisser mêler tant que l’on voudra, sauf à la rapprocher du dessus du jeu, si par hasard elle en était trop éloignée.
Dans le cas où vous feriez tirer la clef, il faudrait prévenir que la tarte tirée se trouvera sous le paquet qui vous restera à la -main au moment même que l’on prononcera le mot halte. Cette différence ne change rien à l’effet du tour.
SECTION Vil.
Moyen de faire sauter la coupe imperceptiblement et de filer la carte de même.
J'ai promis dans ma Sorcellerie expliquée que si je donnais un supplément, je tâcherais d’expliquer comment on peut faire sauter la coupe et filer la carte d’une manière imper-
TOUR DE CARTES. 447
ceptible. Le présent article est fait dans l’intention de satisfaire à cet engagement.
Faire sauter la coupe est un moyen dans la prestidigitation dent on parle beaucoup, mais que les prestidigitateurs par excellence dédaignent, parce que jusqu’alors en mettant ce principe en pratique, ils ont vu que pour l’employer franchement, on ne pouvait éviter un mouvement brusque, insolite, sensible aux yeux attentifs, qui donnait l’éveil aux soupçons et qui neutralisait la surprise, qui est le but unique du prestidigitateur.
Ce moyen par lui-même serait excellent et de grande ressource, si l’on pouvait réussir à le purger de son défaut; c’est ce que j’ai cherché à faire.
C’est avec plaisir que je vais faire part de mes idées au lecteur, je serai heureux si je puis parvenir à le satisfaire.
Je préviens que je ne pourrai me faire comprendre que par les personnes qui savent déjà faire sauter la coupe selon la méthode ordinaire ; car cette méthode, au fond, ne diffère en rien de celle que je vais faire connaître, à l’exception d'un mouvement particulier des mains qui dissimule passablement le soubresaut dont je viens de parler; faculté sur quoi est fondé notre perfectionnement.
Prenez des cartes, et mettez-vous en position de faire sauter la coupe. Maintenant avec la main qui tient par les bouts la partie inférieure du jeu, renversez ce jeu sur cette main; les figures alors se trouvent sous vos yeux.
Notez bien que les doigts de vos deux mains ne doivent nullement se déranger, à l’exception du pouce de la main qui tient le jeu, lequel pouce se lève pour laisser au jeu la liberté de mouvement dans le moment où ce dernier se renverse. N’oublions pas de dire que, malgré que les doigts ne changent pas de position, la main qui tient le jeu s’étend nécessairement tout-à-fait au moment du renversement, alors le jeu se trouve posé sur le bout de cette main et est toujours maintenu aussi par l’autre main.
D’après ce qui vient d’être expliqué, cette position des
SUPPLÉMENT
mains et du jeune parait guère motivée. Elle est, au contraire, très-naturelle : elle a pour prétexte de montrer la carte de dessous qui se voit entièrement, et c’est après l’avoir montrée que l’on retourne le jeu pour le remettre dans sa position ordinaire, mais c’est à l’instant où on le retourne que l’on fait sauter la coupe ; de sorte que ces deux actions accomplies ensemble ne font qu’un seul temps, et ce mouvement ne parait être que le mouvement naturel que nécessite le demi-tour que vient de faire le jeu ; ainsi le saut de la coupe est tout-à-fait inaperçu, se faisant en retournant le jeu dans la main.
Gardez-vous de rien précipiter dans vos mouvements manuels ; en général, procéder posément en impose davantage aux spectateurs, dans les tours d’adresse, que des mouvements trop vifs.
Je n’entreprendrai pas tous les tours auxquels cette méthode de faire sauter la coupe peut- être applicable avec avantage : la pratique, le discernement en indiqueront assez les cas opportuns. L’essentiel est de se préparer adroitement un prétexte qui motive ce renversement du jeu dans les mains.
Je vais en donner un exemple pour me faire mieux comprendre et terminer ce sujet.
Je fais prendre une carte : je la fais placer dans le milieu du jeu et me mets en position de faire sauter la coupe à cet endroit. Sous le motif de faire voir que la carte est toujours au milieu, qu’elle n’est ni dessus ni dessous, je prends celle qui est sur le jeu et je la montre ; je la remets et je fais voir la carte de dessous, au moyen du renversement comme il a été dit. Je retourne le jeu en faisant sauter la coupe.
Les spectateurs qui ont toujours eu les yeux fixés sur mes mains, sont fort étonnés de voir alors que la carte que je reprends sur le jeu est la carte qui a été tirée et placée au milieu; leur étonnement est d’autant plus grand qu’ils ne soupçonnent pas que j’ai fait sauter la coupe.
Relisez le tour que j’ai décrit dans la Sorcellerie expli-
TOUR DE CARTES
quée, chap. 2, article 2, section 12, page 99. Vous comprendrez de quel avantage cette coupe sera pour le tour, quand on montre les cartes qui viennent dessus et dessous le jeu.
Je vais maintenant dire deux mots sur la carte filée.
Pour que l'exécution de ce principesoit inaperçue sans faire une grande dépense d’adresse, il faut prendre le second moyen décrit dans l'ouvrage que je viens de citer, section 6, chapitre 1er, page 54 de la démonstration des principes sur les cartes.
Pour changer la carte que l’on a dans une main, il faut trouver un prétexte pour poser cette carte sur le jeu sans inspirer de défiance. On dira, par exemple, en posant la carte sur le jeu : Ce n’est point en prenant des cartes ici dessus que j’opère mes métamorphoses, mais tout simplement en mettant ma carte sur la table et en la touchant du bout des doigts. En parlant ainsi, on pousse un peu du pouce la carte qui se trouve lapremièresur le jeu, on la couvre de celle qu’on veutchanger, on les pince toutes deux avec le pouce et l’index, et en retirant légèrement de côté le jeu de la main qui le tient, le pouce de cette main retient la carte que l’on veut changer, et l’autre main emporte eelle qui se trouvait la seconde et qui passe toujours pour celle que l'on tenait d’abord et qui est restée sur le jeu.
Si ce mouvement se fait légèrement et sans vivacité, il est ' impossible à l’œil le plus attentif de s’apercevoir du changement. C’était, comme je l’ai dit, une chose admirable que s de voir Conus père faire usage de cette manière de filer la 1 carte, quand il faisait le tour que j’ai décrit dans la Sorcel- ' lerie expliquée, article 2 de la prestidigitation sur les cartes, ‘ section 6, page 80. Quelquefois vingt personnes l’entouraient les yeux’braqués sur ses mains quand il faisait ce tour, et 5 aucune n’avait le moindre soupçon de l’échange. Ce jeu de 1 main est aisé, le plus difficile est d’étre naturel et léger
13 dans ses mouvements.
SECTION VIII
Joli tour dé dé.
Ce tour est un de ceux que je m’étais réservés, bien qu’il soit' connu de quelques prestidigitateurs, mais je suis persuadé qu’il n’a jamais été publié par voie d’impression et que peu de personnes savent le faire ; c’est en considération de oette circonstance que j’en fais le sacrifice au lecteur.
Gè petit tour est un des plus jolis qu’on puisse faire; mais que l’on ne se fie pas à sa gentillesse, car il est indiscret, dangereux et perfide. On pourrait le classer dans la catégorie des enfants terribles. G’est par lui que l’on peut sonder dans le secret des familles et connaître le caractère intime des époux. Nous verrons bientôt'.
Commençons par expliquer comment on l’exécute.
Prenez deux dés à jouer ordinaires, posez-les l’un sur l’autre de façon à ce que deux faces en équerre présentent chacune le nombre trois, c’est-à-dire qu’il y ait le point de deux sur là surface d’un des dés et un as sur l’autre. Disposés ainsi, vous verrez que si, je suppose, sur une des deux surfaces composées par les deux dés, le point, de deux se trouve sur le dé qui est en haut, l’as se trouvera sur le dé du bas, et le contraire sur la surface d’à côté. Prenez ces deux dés ensemble en travers entre le pouce et l’index , de manière qu’une des surfaces qui portent le nombre trois soit en vue des spectateurs et que l’autre surface soit cachée par votre pouce. Faites faire un quart de tour aux dés en les roulant dans les doigts: les deux surfaces seront changées de position, celle qui était cachée par le pouce se montre aux assistants, et l’autre se trouve cachée par le bout de l’index. Un autre quart de tour fait dans un sens contraire au premier remet les surfaces comme elles étaient d’abord, et ainsi de suite. Rien de plus facile que ce mouvement.
Maintenant, supposons que vous faites ce tour dans une