JOLI TOUR SE DÉ
assemblée où il se trouve plusieurs maris avec leurs femmes. Annoncez que par le moyen de ces deux dés, vous pouvez connaître si dans un ménage il règne un accord parfait, et le contraire si cela existe. Montrez à un mari la surface des dés qui est visible et demandez-lui où est l'as. S'il est en haut, il vous répondra qu'il est en haut. Sans rien déranger, faites voir la même surface à sa femme en lui faisant la même question : elle vous répondra aussi que l'as est en haut. Alors vous dites : « De ce que vous êtes du même avis, j’en conclus que vous vivez en bonne intelligence et je vous en fais mon compliment. »
Vous allez à un autre mari, vous lui faites voir la même surface des dés et vous lui faites la même question. Il répondra aussi que l’as est en haut. En allant montrer les dés à l'épeuse, vous faites faire aux dés le quart de tour; alors les points sont changés do position par le déplacement des , surfaces, et la dame dit que l’as est en bas. Comment en bas ! mais Monsieur dit qu'il est en haut. En disant ces mots, vous reportez les dés sous les yeux du mari en ramenant le quart de tour, et le mari insiste toujours à soutenir que l’as est en haut, et la femme à soutenir le contraire. ‘Mais le mari pour prouver que sa femme a tort, en appelle aux voisins qui lui donnent raison, et vous dites au mari que vous le plaignez d’avoir une femme aussi contrariante.
Après ce tour de dés, vous faites le suivant avec les mêmes dés.
Vous changez la disposition des dés et leur situation. Vous avez remarqué que les deux dés réunis çnsemble, l’un sur l’autre , formaient un carré long. Dans le tour précédent, vous avez pris ces dés par le milieu, de sorte que le carré long, établi par la jonction des dés, se trouvait dans une position verticale. Maintenant, il faut placer ce carré entre vos deux doigts (toujours l’index et le pouce) dans une position horizontale, c’est-à-dire que le carré soit dans sa longueur, parallèle à la longueur des doigts qui le tiennent. Il faut aussi changer les points, vous prendrez onze pour les
SUPPLÉMENT
deux dés au lieu de trois 'que vous aviez pris pour le premier tour. Ces onze se trouveront comme les trois, rassemblés sur chacune des deux faces formant équerre. Du reste, il n’y a point à chercher, ces onze sont déjà tout préparés quand vous faites le premier tour; car lorsque les trois sont disposés, comme il le faut, sur deux faces, les onze se trouvent sur le* deux autres faces. Vous n’avez donc rien à faire que de mettre les dés dans une position horizontale entre vos doigts, vous aurez un des onze devant vous, et l’un des trois à l’opposé, c’est-à-dire dessous.
Vous changerez votre manière de conduire le tour. Vous ferez remarquer qu’il y a onze dessus et trois dessous. Aussitôt que vous avez montré les trois, vous baissez brusquement la main en donnant un quart de tour aux dés et en disant en même temps : « Les trois que voqs venez de voir dessous n’y sont plus, les voici dessus, et les onze sont dessous;» vous les montrez, et toujours en faisant le même mouvement de la main de haut en bas et en faisant tourner les dés pour changer la position des points. Après avoir fait paraître plusieurs fois ce déplacement des points, onze et trois, vous demandez si l’on veut avoir onze partout, ou trois partout. Vous montrez d’abord le point demandé sans rien faire, mais après, il faut opérer chaque fois le quart de tour, en baissant ou en levant le poignet pour faire paraître la transposition.
Comme il y a une manière de placer les dés où les onze et les trois sont véritablement à l’opposé, c'est-à-dire les uns dessus les autres dessous, mais point sur les côtés à équerre, et que dans cette disposition le tour serait infaisable, si quelques curieux vous demandaient indiscrètement votre secret, on'place les points devant eux comme je viens de le dire et on met les dés entre les doigts comme quand on fait le tour. Ensuite on leur dit que l’on fait tourner les dés sur euxmêmes en les poussant avec le grand doigt de la main, et que si ce mouvement ne se voit pas, c’est qu’il est absorbé par celui du poignet, que l'on est obligé de faire dans l'exécution.
L’explication de ce moyen impossible leur donne la plus haute idée de votre adresse.