‹ La sorcellerie ancienne et moderne expliquée, ou, Cours complet de prestidigitationChapitre 53 sur 64 · BIS ONDINS 00 GÉNIES DES EAÜX · texte numérisé non relu

BIS ONDINS 00 GÉNIES DES EAÜX

On fait fondre ensemble ces drogues en mettant d’abord la poix, ensuite la cire et la gomme.*

Nota. Ce mastic n’est point indispensable, car j’ai vu fabriquer des ludions par celui qui m’a enseigné à les faire, et quand U n'avait pas de ce mastic, il prenait tout simplement de la poix noire de cordonnier, et cela lui réussissait.

Pour disposer la carafe, on se sert de vessie, on la met en double sur le goulot et par-dessus un morceau d’étoffe. Cette étoffe sert à cacher les ludions qui restent en haut de la carafe quand ils ne sont pas en représentation. On lie fermement l’étoffe et la vessie sur le col de la bouteille. Les petites figures doivent toujours être droites; mais quand il entre trop d’eau dans leur intérieur, elles tombent au fond, couchées et immobiles. Alors pour les faire revenir de cette léthargie, il faut aspirer l’eau peu à peu avec la bouche par le petit tube; bientôt elles reviennent à la vie et se relèvent, toutes prêtes à entrer en exercice.

Il faut prendre garde en aspirant d’ôter trop d’eau, parce que dans ce cas il faudrait aspirer par le goulot de la carafe pour leur rendre de l’eau, et cela est fatigant et assez long. Pour faire manœuvrer ces petites figures, comme je l’ai expliqué plus haut, on tient la carafe d’une main par le col le pouce dessus. On appuie sur l’enveloppe qui bouche le goulot avec le pouce. Si on appuie fort, les figures s’enfoncent en proportion; si l’on appuie moins, les figures remontent. Si l’on veut les faire tourner, on donne des petits coups précipités. Notez que ces pressions du pouce sont absolument imperceptibles.

Diriger par ce moyen les mouvements des ludions est tellement facile, que l'on peut être au fait en moins de dix minutes.

Faire monter l’un quand Faùtre reste en bas, vient de ée que ces deux petits bons-hommes né sont jamais justes de même poids. L’un contient presque toujours ûn peu plias d’eau que l’autre. Si l’on ne presse que ce qu’il faut pour

SUPPLÉMENT

faire monter le plus léger, alors le plus lourd reste en bas. Si l'on appuie fort, ils*resteront tous deux en bas, et si l’on donne des petits coups vivement réitérés, ils tourneront et auront l'air de valser.

N’oublions pas de dire, que quand les ludions n’ont pas encore servi, pour les mettre en état, on les jette dans la carafe et on aspire jusqu’à ce qu’ils se dressent et restent debout, ayant reçu suffisamment d’eau dans l’intérieur pour cet effet.

Comme ces petites figures n’ont ni devant ni derrière (^c caractérisés, puisque les deux côtés sont les mêmes, il' faut établir cette distinction au moyen de la peinture. On barbouillera d’un côté un visage et des cheveux, du côté opposé pour la tète. On usera du même procédé pour les habits, faire en sorte enfin, que la figure ait son recto et son verso.

SECTION XII

Explication de la fameuse passe des pommes dans un chapeau, exécutée par Conus père.

Pour terminer le jeu des gobelets, Conus exécutait ce tour, qui faisait l’admiration des spectateurs.

Quand il en était à la passe des grosses balles qui se fait à la fin du jeu, après les balles il faisait trouver une pomme sous chaque gobelet, et, reprenant un chapeau, il simulait la multiplication apparente des pommes, de même qu’on le fait avec des muscades, comme je l’ai expliqué dans la Sorcellerie expliquée. Après avoir fait le geste de toujours prendre des pommes de dessous les gobelets pour en jeter une certaine quantité dans le chapeau, il renversait le chapeau pour faire voir qu’il n'y avait rien, en disant qu’il n’avait fait que semblant d’en mettre, mais qu’il allait continuer, et que cette fois il emplirait effectivement le chapeau de pommes. Dans le fait, au bout de quelques moments, il lauçait

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