TOUR AVEC UNE PIÈCE DE CINQ FRANCS
la. main en feignant de les mettre dans le chapeau, et qu'en relevant le gobelet pour prendre la pomme qui est dessous, on introduit celle qu’on a dans la main sous ce même gobelet en le reposant. On opère toujours de même jusqu’à ce qu'on* veuille terminer en mettant tout de bon les pommes dans le chapeau.
Quant à la plaque, les spectateurs ne pouvant j uger d’un peu loin de quelle profondeur elle est dans le chapeau, la prennent tout naturellement pour la coiffe et n’y font pas attention, du reste, ils n’ont guère le loisir de jeter les yeux dessus.
Je conseille de relire ce que j’ai écrit sur les gobelets dans le cours de prestidigitation, on comprendra plus clairement encore ce que je viens d’expliquer sur le tour des pommes dans un chapeau.
SECTION XIII
Ayant une tabatière dans chaque main et les bras étendus, faire mettre unejpièce de cinq francs marquée i dans l'une des deux tabatières et faire passer cette pièce d'une tabatière à l'autre, et toujours altemativei ment de l'une à l'autre sans rapprocher les mains.
Avant de quitter Conus, je veux encore communiquer au il lecteur un des tours qui étaient particuliers à cet habile prestidigitateur. Pourtaut le moyen qu’il employait n’était i paB nouveau; il date, au contraire, d’un temps déjà bien i éloigné de nous ; et cependant sa manière de l’exécuter fera toujours de ce tour un des plus amusants et des plus curieux j que l’on puisse faire. Je dis curieux, car maintenant il est généralement inconnu. Conus seul le faisait, et depuis lui, 0 je suis persuadé que personne ne l’a exécuté, du moins à sa $ manière qui lui était propre et qui en faisait tout le mérite. C'est cette manière de faire que je prétends donner.
468 SÜPPLÉMENT.
Il faut avoir deux tabatières rondes et noires comme le sont presque toutes les boites de carton verni. On fera à la cuvette de la boite, et à fleur du fond, une fente à chaque boite qui pourra laisser passer librement une pièce de cinq francs.
Pour bien entendre ce que je vais expliquer, il faut savoir que quand on veut qu’une pièce enfermée dans une de ces boîtes que l’on tient dans la main, ne fasse pas de bruit en secouant la boite, il suffit, en inclinant légèrement, de faire dépasser la pièce par la fente d’environ un quart, et on presse un peu avec un des doigte sur cette partie excédante. Cette pression empêche la pièce de bouger,.
Quand on veut faire entendre cette pièce, on lâche le doigt. C’est ainsi que l’on fait croire aux spectateurs que la pièce est ou n’est plus dans la boite.
On emprunte dans l’assemblée une pièce de cinq francs que l’on fait marquer des deux côtés, on tient une autre pièce de cinq francs cachée dans le creux de sa main. On invite un des spectateurs de venir auprès* de la table à côté de soi. On ouvre une des deux tabatières donj je viens de parler, et l'on prie la personne que l’on a fait venir de mettre dedans la pièce marquée ; mais aussitôt on lui prend des mains cette pièce, et en faisant du bras de grands mouvements de haut en bas, on dit quelques mots insignifiants, tels par exemple ceux-ci : Vous direz si vous la voulez ou si vous ne la voulez pas , et en même temps on laisse tomber dans la tabatière la pièce que l’on tenait cachée dans le creux de la main et que l'on remplace du même coup par la pièce marquée que l’on tenait du bout des doigts. Les mouvements du bras et les paroles que l’on prononce ne sont faits et dites que pour distraire l'attention de votre voisin, afin qu’il ne s’aperçoive pas de l’échange de la pièce que vous voulez faire.
On ferme ou on fait fermer la tabatière. On prend alors la deuxième tabatière qui est disposée sur la table, en y introduisant par la fente la pièce marquée qui était restée