TOUR DE LA BAGUE
Nota. Si l’on n’a pas l’habitude de tenir plusieurs pièces dans le creux de la main , on les tiendra entre l’index et le pouce.
Pour tromper l’oreille des assistants avec plus d’efficacité, il faut faire attention que le son que produisent les pièces qui tombent dans le gobelet qui est sur la tablette, soit à peu près du même timbre que si elles tombaient dans le gobelet qui est sur la table ; ce qui ne serait pas si, par exemple, le gobelet de la table posait sur un tapis quand celui de la tablette poserait sur le bois nu. Je pense que l’on comprend ce que je veux dire.
SECTION XVII
Manière particulière de faire le tour de la bague qui passe dans une canne que Von tient des deux bouts.
Il y a longtemps que l’on a fait ce tour pour la première fois. C’était un des tours favoris d’Olivier dont les prestidigitateurs conservent encore la mémoire.
On le faisait de différentes façons, comme presque tous les tours; mais il y en avait de bien naïves, telle par exemple que celle où il fallait coudre une bague dans le coin d’un mouchoir. Nous laisserons là ces différentes manières, d’ailleurs trop vulgaires pour qu’on les rappelle ici : nous allons nous occuper d’un procédé plus ingénieux pour l’accomplissement de ce tour, dans lequel on se sert aussi du tambour ou barillet de montre qui a servi dans le tour des pièces de monnaie décrit plus haut.
Au lieu des cinq pièces que l’on attache à la corde du barillet, on y mettra un simple anneau ou une alliance. On placera ce tambour dans sa manche gauche, comme il est dit pour la multiplication des pièces. On emprunte une alliance ou une bague simple, c’est-à-dire sans chaton, afin qu’elle ressemble à l’anneau que l’on attache au barillet. Pendant
SUPPLÉMENT
qu’on se met en devoir de vous donner la bague demandée, on prend à l’entrée de sa manche l'anneau attaché à la corde du barillet ; on le contient par le bout d’un doigt, afin qü’il ne s’échappe pas, étant toujours tiré par le ressort. Quand on vous donne la bague, vous la prenez de la main droite ; en feignant de la transporter dans la gauche, vous la retenez entre deux phalanges, et vous laissez paraître l’anneau da barillet au bout des doigts. Par ce mouvement , il semble bien que c’est la bague empruntée que vous tenez de la main gauche.
Vous demandez une canne mince ou une baguette : lorsqu’on vous l’offre, vous la prenez des doigts restés libres de la main gauche, qui tient toujours la bague attachée de l’index et du douce. Vous la transportez dans la main droite où est la bague empruntée, du bout de la canne par lequel la bague s'enfile comme d’elle-même, tant cette introduction est facile, et ce mouvement tout naturel n’est nullement remarquable. La bague étant enfilée dans la canne, vous la tenez cachée sous la main en en serrant le cercle entre deux doigts. Vous la faites glisser jusqu’au milieu de la baguette en vous aidant de l’autre main pour maintenir cette baguette, quand vous faites couler dessus la main droite. On présente cette baguette ou cette canne à une personne, en la priant de la tenir par les deux bouts, et pour avoir occasion de ne pas quitter la main de la baguette, et en même temps pour prévenir tout soupçon, vous dites qu’il faut que cette canne soit dans une position bien horizontale ; et sous prétexte qu’elle penche trop à droite ou à gauche, vous faites glisser la main étendue le long de la baguette : la bague tenue entre deux doigts et qui coule avec la main, ne faisant aucun bruit, n’inspire nul soupçon. Alors paraissant satisfait de la position de la canne, vous lancez la bague du barillet tenue par la main gauche, comme si vous la jetiez sur la canne. Vous retirez brusquement la main droite en faisant tourper la bague dans la canne. On est naturellement porté à croire que
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