‹ La sorcellerie des campagnesChapitre 6 sur 132 · C. — S’ORTIES EN ASTRAL · texte numérisé non relu

C. — S’ORTIES EN ASTRAL

Dissociation de î’êlre. — Conscience et inconscience du dédoublement (note)- — Mécanisme de l’opération. — Rareté apparente, mais fréquence réelle des dédoublements. — Exemple de la naissance ét du développement de cette faculté. — Aperçu de la façon de procéder. — Dangers de l’expérience.

11 serait oiseux de discuter ici quels sont exactement les éléments de lui-même que dissocie l’homme qui fait ce que l’on appelle techniquement une sortie (consciente ou inconsciente) en Astral^ c’est-à-dire la projection d’une

(1) L’être humain est infiniment plus compliqué qu’on ne se l’imagine communément. Doctrinalement, il se divise en neuf principes différents, ramenés ordinairement à sept par simplification. En effet, à chacun des trois corps primordiaux (matériel, psychique et mental) correspondent trois âmes différentes (physique, animale et spirituelle) dont chacune gouverne le corps qui lui est afférent — le tout dominé par l’esprit d’essence divine. L’existence de ces trois âmes est démontrée pratiquement par les trois états superficiels de l’hypnose ; c’est également cette pluralité d’âmes en un seul individu qui explique les dédoublements de l’être (personnalités multiples, état second, etc.) inexplicables autrement, (Certains théoriciens vont même plus loin et admettent — au moins dans certains cas — le dédoublement de ces âmes, pour donner la solution de quelques phénomènes psychologiques particuliers. Malgré le sourire que peut faire naître une telle proposition, il faut, devant son énonciation, se rappeler que l’être humain possède deux yeux, deux oreilles et deux narines, alors qu’un seul de chacun de cqs organes lui suffirait, et réserver la question que résoudra seule dans l’avenir une étude psychologique approfondie, au double point de vue théorique et expérimental, (blette théorie de la pluralité des âmes est d’ailleurs loin d’être nouvelle et les philosophes l’ont dès longtemps étudiée, puisq,ue nous la rencontrons dans le corps de doctrines qu'enseignait le Manichéisme dès le troisième siècle de notre ère.

partie de son être sur un plan voisin d’où elle domine le plan physique (1).

Il existe, en effet, plusieurs façons de séparer les éléments de l’être, en agissant sur telle ou telle de ses parties constitutives. C’est ainsi que, dans les cas de phantasmatophanie, on peut se trouver en présence soit de Vimage astrale ou reflet corporel de l’apparition, soit en présence de son moi véritable ; dans le premier cas, le fantôme est mobile, visible et même photographiable, mais il ne parle pas ; dans le second cas seulement il use de la |)arole. — Tout ceci montre combien la réalité est loin de la conception simpliste qui ne voit dans l’homme que le composé binaire d’un es|)rit immatériel et d’un corps physique.

(l) Quelque étrange que puisse paraître le fait, la sortie en astral est relativement facile, mais formidablement dangereuse, surtout au cours des premiers essais, lorsque raccoutumance n’existe pas encore — le corps physique demeurant plongé pendant toiite la durée du phénomène dans un "état profondément comateux ; ce n’est donc pas en ces pages ouvertes au premier venu, qu’il convient d’indiquer le modus facieridi : trop d’imprudents pourraient être tentés d’agir pour la banale satisfaction de jeter par eux-mêmes un coup d’œil curieux dans le Mystère, sans être absolument assurés d’avoir pris toutes les précautions voulues, d’emporter en quelque sorte avec eux, si je puis m’exprimer ainsi, ce qu’il faut pour réintégrer le corps physique — et alors, c’est la mort, naturellement, logiquement. La sortie, en effet, est très simple, chacun de nous se trouvant fréquemment dans les conditions requises pour l’opérer, et l’entraînement, quand il y a lieu d’y recourir, étant très peu compliqué — au moins en certains cas — quoique toujours long. En cas de sortie inconsciente, en effet, les choses se passent pour ainsi dire automatiquement, et la réintégration des éléments dissociés se fait d’elle-même; ainsi s’e^^pliquent très judicieusement la formation — par l'effort d’une volonté généralement subconscientielle ou semi-conscientielle du fantôme des vivants étudié par Myers, Flammarion, les Docteurs Gurney, Dariex, Podmore, de Rochas, Durville, etc., et son évanouissement par la reconstitution de l’organisme complet du sujet. Il en va tout autrement lorsque la sortie en astral est absolument consciente, parce que le régime des forces nerveuses, averti, devient d’une sensibilité extrême qui, en certains cas, touche presque à un affolement (l’opérateur sachant qu’il frôle la mort) que seule peut maîtriser une volonté intense et absolument maîtresse de soi. — Ce qui peut arriver de mieux, en pareille matière, c’est que la sortie se fasse inconsciemment, par un concours fortuit de circonstances, et qu’en cours du phénomène, le sujet au courant de la théorie en prenne conscience; si alors il s’abandonne passivement aux forces subconscientes qui agissent en lui, sans essayer de diriger le phénomène, il peut en étudier les conditions, en analyser les éléments, en observer le processus, s’en rendre compte en un mot, sans aucun risque pour soi-même, sinon une sorte d’étourdissement ou bien un sursaut angoissé au moment de la réintégration de l’orgenisme.

En somme, il est assez présumable que l’individu, sorcier ou autre, qui opère une sortie en astral, agit comme le sujet que le magnétiseur contraint à se dédoubler ; son fantôme semble devoir se composer de son corps astral, naturellement, peut-être de son double ou corps odique, et vraisemblablement du corps mental, siège de l’intelligence, pour diriger le fantôme dans cette opération. Car celui-ci a besoin d’être attentivement guidé durant cette dangereuse expérience.

On verra plus loin, en effet, lorsque je poserai des exemples, que le fantôme qui entre en collision avec un homme déterminé est généralement blessé (1). Cela tient pi*obablement à ce que, habitué au point de vue des mouvements matériels à se laisser guider par le corps physique qui est, lui, surtout intéressé à éviter les chocs, il ne sait pas toujours, lorsqu’il est isolé, adapter ses mouvements au milieu oùilagit. H. Durvilleabienobservé le fait, quand il dit quelque part (2) qu’il est rare qu’un fantôme de vivant puisse passer' par une porte sans s’y heurter (ce qui fait crier le sujet) ; il préfère en pareil cas passer par la muraille, ce qui, au premier abord, a l’air d’un contre-sens, mais se comprend parfaitement à la réflexion ; le fantôme, averti de l’obstacle, se fluidifie vraisemblablement de façon à pouvoir interpénétrer la matière, tandis qu’il ne prend pas cette précaution pour franchir une porte ouverte.

En résumé, à part l’intérêt théorique que présente le fait en lui-même, il importe peu de savoir quels éléments de l’être humain sont dissociés en pareil cas. L’essentiel, dans l’étude qui nous occupe, est de constater que cette dissociation est dans la logique des 'choses, qu’elle est })ossible, et que de simples sorciers de village, grossiers, rudes et incultes, ont cependant la notion de cette

(1) La nature de ces blessures sera expliquée plus loin, ainsi (pie leur mode de répercussion sur le corps physique.

(2) Loc. cit.

possibilité et sont en possession — par tradition ou autrement — de moyens à leur portée, suffisants en certains cas pour mettre en œuvre le dynamisme supérieur à l’aide duquel on peut laisser le corps physique à un endroit et projeter vers un autre le corps astral qui n’est visible que dans certains cas assez rares, — et que guide l’Esprit, libéré lui aussi, par ces procédés, de tout lien purement physique.

Le schéma de l’opération, résumé en quelques mots, est celui-ci : — l’Esprit conscient de l’homme désire produire tel ou tel effet matériel ; par les opérations dont j’ai parlé, l’homme dégage son corps astral du corps physique et l’envoie à l’endroit voulu où, par un mécanisme assez simple, basé sur la façon dont les énergies semi-matérielles du corps astral peuvent actionner des forces matérielles comme elles actionnent normalement les forces corporelles, l’Esprit dirige vers le but proposé les dynamismes dont dispose son corps astral.

Telle possibilité pourra sembler invraisemblable à plus d’un ; il me suffira de dire que chacun de nous se trouve une ou deux fois par jour — et ce chiffre n’est pas écrit vaguement, mais répond à une réalité précise — dans les conditions voulues pour opérer ce dégagement ; j’ajouterai qu’il n’est peut-être personne à qui il ne soit arrivé, sous des influences diverses et dans les conditions précitées, de faire une sortie inconsciente en 'astral ; beaucoup, parmi ceux qui ont été l’objet de ce phénomène, ont cru à un dérangement cérébral momentané, et ne s’en sont pas vantés ; d’autres y ont vu un accès passager de fièvre avec délire, une forte hallucination, ou toute autre cause d’apparence normale ; aucun d’eux, à part ceux qui savent^ n’a pensé que, à son insu, il avait fait en ceci l’essai de la mort.

Quant aux sorties conscientes^ elles nécessitent certains préparatifs et un entraînement particulier ; mais comme elles sont loin d’être exemptes de danger — et d’un

danger mortel si rexpéi’iinentateur ne peut réintégrer son corps physique — on m’excusera de ne pas entrer dans le détail de procédés, dont la description complète, d’ailleurs, sortirait du cadre de cette étude.

Je me bornerai à donner plus loin, quelques indications qui suffiront pour montrer la grande possibilité du phénomène réalisé consciemment. Cette question du dédoublement de l’être humain vivant est, malgré l’auréole merveilleuse qui l’entoure, infiniment plus simple, surtout dans la pratique, qu’on ne saurait l’imaginer. Nombre de rêves en sont le résultat, et je suis intimement convaincu qu’en principe chacun peut se dissocier ; il s’agit simplement de vouloir et de savoir persévérer — quand je dis vouloir., je ne parle pas de velléité^ mais de VOLONTÉ, de voulitodynamie énergique, car telle est la base de ce phénomène comme de tout autre phénomène hyperphysique.

La rareté relative des faits connus de dissociation tient à trois causes ;

a) La plupart du temps elle est inconsciente, et l’opérateur agissant à son insu, en état de sommeil ou d’abattement, ne s’en rend pas compte.

h) Le sujet réceptif doit, tant que la faculté de l’opérateur est rudimentaire ou peu développée, être voyant, ou au moins doué de cette hypéresthésie spéciale qu’on appelle la sensitivité et avoir conscience de son organisation pour se rendre compte de ce qu’il éprouve.

c) Dans la majorité des cas, le sujet réceptif attribue le phénomène au rêve ou à l’hallucination et, pour ce motif même, se garde bien d’en parler à l’opérateur qui, lui-même, quand il est par hasard mis au courant, ne voit là, par suite de son inconscience initiale, qu’un fait curieux, une simple coïncidence au plus.

Il en va autrement quand l’opérateur est conscient et que le sujet réceptif lui-même conscient et possède la sensitivité voulue. J’ai donné plus haut deux exem-

plesde^or^/e^en astral (cas Paget, cas de M. H.), j’en aurai d’autres à nientionner, mais, sans sortir du cercle de mes relations, je pourrais citer plusieurs personnes qui possèdent la faculté dé se dédoubler : je n’en mentionnerai qu’un cas qui montrera la genèse de cette faculté.

Il y a quelque vingt ou vingt-cinq ans, un ami intime, que - — sur son désir de garder l’anonyme tant que sa faculté spéciale n’aura pas reçu d’amples développements — j’appellerai X..., voulut essayer des sorties en Astral. Dans ce but, il s’astreignit à un entraînement spécial dont l’effet devait être de mettre en parfait équilibre l’aigle, la gazelle et le bœuf (l’esprit, le corps astral et le corps physique) qui constituent, si je puis m’exprimer ainsi, l’attelage de l’être humain vivant. Cette tentative lui donna des résultats sérieux ; mais, épouvanté à la pensée que, pour réintégrer son corps physique il était, à chaque expérience, à la merci d’un accident toujours possible, il abandonna ces dangereux essais sans plus vouloir s’en occuper. Il est certain, néanmoins, pour moi, qu’il dut faire par la suite de nombreuses sorties^mais à son insu et près de personnes inaptes à percevoir sa présence, ce qui explique qu’il n’en fut pas averti.

Quoi qu’il en soit, il ne s’en occupait plus, ne se doutant même pas que telle possibilité fût demeurée chez lui à l’état latent, lorsque, au courant du dernier hiver, une jeune femme qu’il connaît et qui est un sujet médiumnique, doué par suite d’une grande sensitivité lui dit un jouf : \ ous me faites d’étranges visites !

Et elle expliqua : Quelques nuits avant, X... — ou plutôt son double, son fantôme ^ était venu chez elle, et^ durant son sommeil l’avait appelée. Comme elle ne s’éveillait pas assez vite à son gré, il lui avait tiré les cheveux. La douleur l’avait mise sur son séant, et elle avait vu X... près d’elle et riant silencieusement. Elle avait aussit(^ éveillé son mari, mais à ce moment le fantôme disparut.

A ce récit, X..., d’abord incrédule, argua de la possibilité d’un songe ou d’une hallucination, niais, devant les affirmations très nettes du sujet percipient, il pensa que l’affaire valait la peine d’être éclaircie, et il annonça qu’il ferait effort pour aller trouver le suje.t certaines des nuits suivantes qu’il ne désigna pas, en vue du contrôle.

Or, il arriva ceci que, plusieurs fois, par la suite, cette jeune femme fit savoir à X... qu’elle l’avait revu dans les mêmes conditions, tantôt lui parlant et tantôt n’en ayant que la vision, et toujours les dates indiquées correspondaient exactement à celles où X... avait mis sa volonté en jeu pour produire le phénomène ; mais les succès étaient divers : le fantôme était plus ou moins visible, plus ou moins vivant, et même une tentative sur deux en moyenne n’aboutissait qu’à un résultat complètement négatif.

D’autre part et en vue d’obtenir la preuve matérielle de son dédoublement, X... avait*voulu utiliser le phénomène — bien connu des occultistes et dont je parle ailleurs — de la répercussion des blessures du corps astral au corps physique. Dans ce but, il avait prié le sujet percipient de garder à sa portée une forte aiguille et d’en égratigner, d’en blesser le fantôme à la première occasion, autant que possible aux bras.

A ce propos, je transcris un passage d’une lettre postérieure qui m’a été communiquée : « Cette nuit, de mercredi à jeudi, je me suis réveillée oppressée, et monsieur X... était près de moi. J’étais souffrante et je me suis demandé sur le moment si j’étais bien éveillée ; comme cela persistait, je me suis levée et j’ai pris une épingle puis je suis allée à ma veilleuse... Monsieur X... paraissait navré et très triste. [L’opérateur ne se souvient d’aucun motif de tristesse qui ait pu l’affliger]. J’ai voulu le piquer, mais impossible de rapproj;;her ! J’allais à lui : il se sauvait à l’autre bout de la chaml)re, et tout

le temps ain.si pendant quatre inimités. J1 était 1 heure 25. Monsieur X... semblait avoir peur de mon épingle. J’étais vexée de ne pouvoir l’atteindre: aussitôt que j’étais près de lui, aussitôt il était ailleurs ! Tout à coup je me retourne et j’aperçois S... [une Entité de l’Astral qui visite souvent ce sujet médilimnique] qui riait — de la mine de Monsieur X..., je pense. Et comme il venait vers Monsieur X..., celui-ci a disparu très vivement. ..)>

Il est à remarquer que X..., qui, après son entraînement, gardait le souvenir de ce qu’il avait fait pendant ses sorties^ ne se rappelle plus, maintenant, ce qui lui arrive au cours de ses dédoublements ; cela tient sans doute au mode opératoire qui n’est plus le même, mais c’est là une difficulté accessoire — la dernière à surmonter en pareil cas — qu’il compte vaincre par la poursuite de ses expériences, car une Entité du Mystère lui a dit à ce propos : « Vous ne savez pas tout ce que, avec de la persévérance, vous pourriez obtenir dans cette voie ! »

Enfin, un détail est à observer : c’est que ses faits et gestes de la journée qui précède le dédoublement influent sur celui-ci. Dans le cas précité où X... s’est montré « navré et très triste )> il me paraît certain que, bien que ne se le rappelant pas, X... devait avoir eu des soucis avant de se dissocier. D’autre part, quelque temps après il apparut à ce même sujet dansant, sautant, faisant des folies, de façon à le faire rire : or cette « sortie » avait eu lieu le soir d’une journée passée en famille, où X... s’était beaucoup amusé, après avoir fait honneur à un iléjeuner arrosé de crus fins.

Quoi qu’il en soit, voulant contrôler ses sorties en Astral à l’aide d’un autre sujet, X... s’adressa à une tierce personne qui a certaines qualités de ooyance^ et lui demanda de ne pas s’effrayer si, à quelque nuit, elle le voyait devant elle. La encore la proportion des réussites fut de une, en moyenne, sur deux tentatives.

La première fois que le phénomène se réalisa chez cet autre sujet, celui-ci très troublé — on le serait à moins — d’être ainsi réveillé par son étrange visiteur, ne trouva que ceci à lui dire : « C’est vous, M. X.. ? Asseyez-vous donc !» — Et le fantôme s’assit.

Une autre fois, comme le sujet percipient ne s’éveillait pas assez vite malgré ses appels répétés, le fantôme lui saisit le bras droit, et, le lui secouant vigoureusement, le força à sortir de son sommeil. Alors il lui parla de choses qui les intéressaient tous deux, puis il s’évanouit au milieu d’une fumée assez épaisse.

Tous ces détails, naturellement, sont donnés par le sujet réceptif, puisque X... ne garde aucun souvenir de ses dédoublements. Mais, en présence de ses réussites partielles — très encourageantes — il va poursuivre ses tentatives et essayer de développer, suivant un pro gramme établi scientifiquement, l’étrange faculté que chacun de nous possède, j’en suis convaincu, à l’état latent, mais qui, pour lui, s’est révélée dans des conditions particulièrement favorables à la réussite.

Car toute faculté psychique peut être développée aussi bien et au même titre que toute faculté morale ou physique, et il y aura peut-être quelque curiosité pour le lecteur à trouver ici l’indication des stades successifs de développement en ce qui concerne, pour l’être humain, la faculté d’extériorer son propre fantôme :

a) La première condition, la condition primordiale est de dynamiser sa propre volonté de façon à en faire une force. Ce n’est pas ici le lieu d’indiquer les procédés que l’on trouvera dans les ouvrages spéciaux.

b) Le soir, avant de s’endormir, vouloir énergiquement s’extériorer et envoyer son double vers un sujet percipient (préalablement prévenu) sensitif et voyant. La volonté ainsi mise en œuvre doit être énergique, ferme et calme, mais sans aucune violence — qui se répercuterait

sur le soinnieil subséquent et lui doiiiierait une agitation inévitablement suivie d’échec quant à l’expérience tentée.

c) Se développer ensuite. dans les mêmes conditions avec le même sujet ou avec d’autres, pourvu qu’ils soient sensitifs et voyants.

d) Quand on est maître de ses sorties, appliquer sa volonté à accomplir tel ou tel acte chez le sujet percipient.

e) S’etîorcer de garder, après la réintégration du corps physique, le souvenir de ce qu’on a fait durant l’état de dédoublement. — Cette condition est peut-être la plus diflîcile à remplir, .et l’on n’en est maître qu’à force de pratique.

/) Enfin, et seulement quand ouest sûr de soi par une longue expérience avec son sujet habituel, on peut aller vers d’autres sujets réceptifs ordinaires, c’est-à-dire n’étant ni voyants ni sensitifs.

Après cet exposé très clair des conditions de l’expérience, il convient d’avertir les étourdis, les imprudents et en général quiconque ayant velléité de transformer cette œuvre en œuvre de nuisance que de telles tentatives peuvent donner lieu à des mésaventures inattendues et désagréables — j’en citerai une plus loin, dont a été victime ce même X... — et plus encore à de grands dangers, à la mort même, dans certains cas ; car si la sortie en Astral est relativement aisée, il est loin d’en être toujours de même de la réintégration du corps physique, lequel, pendant l’absence du légitime propriétaire, peut être accaparé par des larves ; il faut donc que, pendant cette absence, il soit défendu par des Etres de bonté, par des Entités protectrices du Mystère, et ces Etres de bonté ne le défendront que si l’opérateur a su se les concilier de longue date en pratiquant lui-même la bonté. C’est ce qui explique que la grande majorité des sorciers ayant recours pour leurs maléfices à la sortie en Astral, finissent misérablement dans la folie : — une

larve s’est emparée de leur corps dont elle vit, et empêche leur esprit d’y rentrer.

Et ce n’est là qu’un des dangers de rex])érience : — De même que les exercices gymnastiques exposent à des accidents pour développer les forces corporelles, de même que le surmenage de la pensée peut occasionner la fièvre cérébrale, de même l’acquisition et le développement de toute faculté psychique ou hyperphysique donnent lieu à, des risques d’un ordre particulier et d’autant plus redoutables que, neuf fois sur dix, l’imprudent qui s’y expose n’a rien étudié du monde astral et ignore parfaitement les dangers du terrain sur lequel il s’est aventuré.

Maintenant que les audacieux sont avertis, je continue.

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