‹ La sorcellerie en Béarn et dans le Pays BasqueChapitre 7 sur 15 · L HERBE DE LA VIERGE · texte numérisé non relu

L HERBE DE LA VIERGE

C'est ainsi que les villageois appellent une plante de la famille des crassulacées, connue en botanique sous le nom de scdum ou sempervivum.

Pour beaucoup d'entre eux, elle est d'un précieux usage , le matin de la Saint-Jean, au moment du lever du soleil, ils vont en cueillir plusieurs pieds dans les jardins et dans les vignes ; ils les suspendent ensuite aux planchers de leurs maisons et de leurs granges et disent ceci :

« Herbe, qui t'es arrousade <^ Au casmt et dens la prade, « Biu loungtemps en ma rtiaijsou, « Ta qiC ovMienguey moun perdrm :

« Piiixs après hè-ïii plaa r/iouri,

« Chausi ïiiielhe ne pouyri. »

(Herbe, qui t'es arrosée — Au jardin et dans la prairie, — Vis lonj^tcmps dans ma maison, — l'our que j'obtienne mon pardon; — Ensuite fais-moi bien mourir, — Choisir mieux je ne pourrais.)

Etant suspendue, cette plante se conserve très-longtemps verte, parce qu'elle est grasse, et elle continue à pousser et à fleurir, en relevant peu à peu sa tige.

On s'explique ainsi le motif qui a inspiré les paroles que je viens de rapporter; mais pourquoi y avoir rattaché ces idées de protection miraculeuse ?

Pour que la protection soit reconnue entière, il faut que la plante ne se flétrisse que juste un an après, le jour encore de la Saint-Jean, au moment où elle va être remplacée.

Inutile de fiiire remarquer que les hcrhcs de la Vierge

^ Ci -

qu'on place ainsi dans les habitations demeurent pendant toute l'année une sorte de baromètre moral.

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