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CHEZ LES SPIRITES

Si notre maléflcié va trouver un spirite, celui-ci ne manquera pas de déclarer que tous les troubles ressentis par le malade sont dus ù l’intervention des esprits. Il s'efforcera ensuite de déterminer si son client est « possédé » ou « obsédé ».

Il y a possession, s’il y, a transformation ou dédoublement de la personnalité : c’est qu’un esprit a essayé de s’emparer du corps du malheureux. Le spirite entre alors en rapport avec cet esprit, qui est censé lui répondre par la bouche du maléflcié; il lui demande qui l’a envoyé occuper ce corps, il lui prodigue de bons conseils : « Tu es désincarné maintenant, tu devrais t’efforcer de te détacher de plus en plus des biens terrestres. Tu devais être très sensuel pendant ta dernière incarnation; c’est pour cela qu’il t’en coûte de t’éloigner de ce malheureux monde. Viens nous voir de temps à autre à nos réunions, nous te consolerons et t’instruirons. Mais laisse ce frère reposer en paix. Allons, va-t-en. »

Comme le spirite est presque toujours doublé d’un magnétiseur, il fait suivre ses injonctions d’une série de passes destinées à délivrer le possédé.

Il y a obsession, lorsque le malade a conservé sa personnalité, mais se plaint d’entendre des voix, de ressentir des contacts divers, de voir des êtres difformes, de trouver chaque jour toutes sortes d’objets bouleversés chez lui.

Le spirite pose alors plusieurs questions au maléflcié : « Que dit l’esprit, qui cause tous ces troubles? N’a-t-il pas déclaré être l’âme d’un parent ou d'un malheureux qui demande des prières et des consolations?» — «Non, l’esprit n’a rien dit. » — « Il faudrait l'interroger; d’ailleurs, nous pourrons peut-être savoir dès maintenant à quoi nous en tenir. »

Il demande des renseignements aux esprits avec lesquels

il a l’habitude de converser; l’esprit répond, soit par l'intermédiaire de coups frappés par un guéridon, soit par « l’écriture directe », tracée inconsciemment par un médium, soit enfin parla bouche d’un sujet hypnotique.

Le spirite peut aussi, après avoir récité la prière d’Allan Kardec, évoquer l’espritqui tourmente le maléficié. Si celui-ci veut bien répondre à l’invitation qu’on lui fait, on le prie de dire qui il est et ce qu’il désire. Est-ce une âme à la recherche de prières on lui fait bon accueil et on lui promet satisfaction. Est-ce un méchant esprit, qui consent à diriger, pour faire le mal, le « périsprii » d’un mauvais médium (ou sorcier) contre le maléficié, on lui fait des reproches et des remontrances; on lui donne dé bons conseils; puis, comme tout doit se passer d'une façon analogue dans le monde invisible et dans le monde invisible, on prie un des autres « amis de l’espace », « plus avancé dans la voie de la perfection », de servirde guide à ce malheureux espritetde lui indiquer le bon chemin.

Mais peut-être le méchant esprit refusera-t-il de répondre à l’invitation de l’invocateur. Le spirite se rendra alors, comme cela s’est fait, cette année, pour la « maison hantée d’Agen », sur le lieu où l’esprit se manifeste. Il pourra entrer en relation avec l’esprit, lui demander ce qu’il désire et lui donner de bonnes admonestations. Il pourra aussi, avec le secours d’un médium voyant, savoir où l’esprit puise le périsri^qu’il emploie pour produire les apparitions et les troubles dont se plaint le maléficié : l’esprit peut, en effet, se servir soit du fluide du possédé lui-même, soit du fluide d’un médium inconscient, soit enfin du fluide d’un médium conscient, agissant volontairement, c’est-à-dire d’un sorcier.

Le spirite fera des prières, repoussera les mauvais esprits, en évoquera de bons et luttera contre le mauvais fluide, au moyen de son propre fluide.

Les spirites sont obligés, assez fréquemment, d’avoir recours à ces sortes d’exorcismes : c’est qu’en effet rien n’est plus propre qu’un prétendu commerce quotidien avec

« les amis de l’espace », pour prédisposer ù l’auto-suggestion à la suggestion et aux hallucinations de toutes sortes des individus qui sont déjè très souvent névrosés. Ils obtiennent quelquefois de très beaux résultats, mais parfois aussi ils ne tout qu’aggraver l’état du malade : à force d’entendre parler autour de lui de bons et de mauvais esprits, le possédé ou l’obsédé peut quelquefois (nous en avons vu des cas) en arrivera s’imaginer qu’il se livre, soit en lui-même, soit autour de lui, de véritables batailles entre les champions du bien et les champions du mal.

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