ACTE QUATRIÈME. 201 ZORAYA
C'est moi ! . . . c'est moi I
XIMÉNÈS
Et par sa fuite un déserteur et un renégat ?
ZORAYA.
Oui ! oui !... C'est moi ! c'est moi !
XIMÉNÈS
Et ce n'est pas assez, misérable femme ! Il faut que tu t'acharnes encore à sa perte !
ZORAYA.
Moi?
XIMÉNÈS
Que tu le condamnes à mort !
...Sans pitié !
ZORAYA 5 allant à Padilla et se trouvant ainsi entre Xiniénès à sa droite et Padilla à sa gauche, avec Albornos et Ibarra derrière elle.
Ah ! quelle horreur ! . . . Je donnerais ma chair et mon sang pour le sauver !
XIMÉNÈS
Non!... Tu le peux d'un mol!... Et tu t'obstines à ne pas le dire !
ZORAYA.
Un mot?
PADILLA
La vérité !
ZORAYA.
Mais je la dis... je la crie, la vérité !...
XIMÉNÈS, baissant la voix, à son oreille.
Non! — Tu n'avoues pas celle, — la seule! — qui l'innocenterait de tout crime !
PADILLA
Et lui épargnerait tout châtiment.
XIMÉNÈS
La folie !
PADILLA
La folie due à tes sortilèges.
ALBORNOS.
A tes philtres !
XIMÉNÈS
A tes poisons !
silence d'une seconde, pendant lequel Zoraya stupéfaite les regarde. ZOKAYA.
Ah! je comprends!... je comprends! (silence des inquisiteurs.) Vous vouIcz le sauvcr ? Oui ! C'est vrai ! c'est vrai ! Si je lui ai versé la folie dans quelque philtre, il n'avait plus conscience de ses actes ! Il n'est plus coupable ! Il n'est plus mon complice ! Il est ma victime ! C'est cela que vous voulez, n'est-ce pas?... C'est cela?
XIMÉNÈS
Et il échappe à Téchafaud.
Aux galères !
XIMÉNÈS
A la prison !
ZORAYA, vivement.
Il est libre?
XIMÉNÈS et PADILLA.
Oui.
ZORAYA.
Ah! dites-le donc!... Dites-le donc!... Ah! comme ça, oui I comme ça ! J'avouerai bien tout
ce qu'on voudra ! . . . (Mouvement de joie des deux hommes.)
Mais on le mettra en liberté ?
XIMÉNÈS et PADILLA.
Sur-le-champ.