ACTE CINQUIÈME. m
Ah! Dieu, oui! — Et tu auras mille ducats demain !
TORILLO
Marché conclu, seigneur.
Il va pour remonter.
ENRIQUE, l'arrêtant, du geste.
Mais qui me prouvera que tu as tenu ta promesse?
TORILLO
C'est que la patiente ne poussera pas un cri quand je mettrai le feu au bûcher; car il ne tiendra qu'à elle d'être morte à ce momentlà!
ENRIQUE
Si elle ne pousse pas un cri, pas un gémissement, je double la somme.
TORILLO
C'est fait, seigneur.
Il salue et remonte. Enrique va pour entrer à l'église. Sons de cloches. Le glas. Mouvement des assistants qui remontent vers la rue du fond, au-devant du cortège. On entend au loin les rumeurs de la foule précédant la condamnée.
ENRIQUE, les yeux tournés vers la rue haute.
C'est vous, Oliveira!... Dona Joana?
OLIVEIRA
Toujours de même. (Rumeurs lointaines plus rappro-
hées.) Voilà cette malheureuse.
ENRIQUE
Oui! la voilà! — Ah! Oliveira, qui pourrait croire, si elle ne l'avouait elle-même, que cette créature exquise est une détestable magicienne?
OLIVEIRA, à mi-voix.
Oh! ses aveux ! (Enrique, surpris, se retourne et le regarde. Oliveira baissant la voix.) DoU EuriqUC, VOUS êtCS Ull
homme à qui l'on peut se fier. A la nuit close, j'aurais quitté Tolède, où j'ai tout à craindre, pour trop de franchise, à propos de cette pauvre