ACTE DEUXIÈME
ENRIQUE
Personne 1 (ll va poser au fond sur un escabeau son manteau, son chapeau et son épée.) Je ne suis pas venu par le pont; mais par un sentier à mi-côte, après avoir* traversé la rivière en bateau.
ZORAYA5 assise sur les coussins.
En plein jour! Quelle imprudence! Au lieu <le venir cette nuit, où je t'attendais si anxieuse.
ENRIQUE
Ail! je le pensais bien... Mais, quand je t'ai quittée avant-hier au petit jour, j'ai vu à la tête du pont un personnage dont rien à cette heure ne justifiait la présence. J'ai passé vivement, couvrant ma figure de mon manteau et, comme il me suivait de loin, j'ai regagné mon logis par des ruelles, où il a perdu ma piste...
ZORAYA.
11 te suivait?... Tu en es sûr ?
ENRIQUE
Trèssûr. — C'est p our le dérouter que je me suis résigné à ne pas venir la nuit suivante ni la der-
nière, et que, ce matin, j'ai traversé la rivière dans une barque, au-dessous du Mirador.
ZOIIAYA.
Oui! (Debout.) Oli! c'est clair à présent. C'est bien toi qu'on guettait cette nuit.